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Homélie du 6 octobre 2022

L’évangile de ce jour est un appel pressant à entrer dans une grande confiance vis-à-vis de Dieu. Certains craignent de déranger Dieu. Jésus leur dit : demandez, vous obtiendrez (Lc 11,9). D’autres hésitent à importuner leur Seigneur. Jésus leur enseigne : cherchez, vous trouverez, frappez, la porte vous sera ouverte. (id.)

N’hésitons jamais, oui, jamais, à frapper à la porte du cœur de Dieu. Ce n’est pas à un Dieu lointain, hautain et occupé que nous nous adressons, mais à un Père qui est infiniment proche de nous puisque c’est en lui que nous avons la vie, le mouvement et l’être (Ac 17,28).

Il y a un ritualisme, un légalisme qui finalement finissent par mettre Dieu à distance, et cela par ignorance, par peur sinon par calcul. Non, Dieu se réjouit de nos demandes, il se plaît à accueillir notre simplicité à son égard. C’est « la voie de la confiance pure et amoureuse » que la petite Thérèse nous enseigne si bien.

Dans une de ses dernières lettres écrite (à l’abbé Bellière) elle a ces mots : Je voudrais que vous soyez simples avec le Bon Dieu (Lt 261). Elle explique cela à Céline, sa sœur : Notre Bien-aimé n’a pas besoin de nos belles pensées, de nos œuvres éclatantes. S’il veut des pensées sublimes, n’a-t-il pas ses anges, ses légions d’esprits célestes dont la science surpasse infiniment celle des plus grands génies de notre triste terre. Ce ne sont pas l’esprit et les talents que Jésus est venu chercher ici-bas. Il ne s’est fait la fleur des champs qu’afin de nous montrer combien il chérit la simplicité. (LT 141)

Le Seigneur, en ce jour, nous invite à nous débarrasser de toutes nos complications, nos belles manières, nos calculs dans notre relation avec lui. De toutes nos complications, de tous les échafaudages dont nous avons hérité où que nous avons bâtis pour nous protéger. Il n’y a pas besoin de nous protéger contre Dieu, de garder une distance craintive. Respecter et honorer Dieu, c’est respecter et honorer sa proximité, sa tendresse, sa miséricorde. C’est s’offrir à son amour, c’est se laisser aimer. Nous sommes déjà pardonnés… Et cet amour fou de Dieu nous pousse à nous convertir à l’amour. Notre dette d’amour est immense, nous qui avons tant reçu et encore si peu donné. Mais cette dette, le Père l’a annulé. Il nous a remis notre dette et Jésus nous invite en ce jour à accueillir ce don de miséricorde pour entrer dans la joie de la filiation divine. Père, remets-nous notre dette (Lc 11,4). Le Père veut notre sainteté. Le Père veut nous donner chaque jour ce qui nous fait croître dans l’amour, mais il se plaît à ce que nous le lui demandions afin que nous découvrions par expérience sa bonté, sa bonté infinie pour nous. Si nous qui sommes mauvais savons donner de bonnes choses à nos enfants, combien plus le Père du Ciel donnera-t-il à ses enfants que nous sommes de bonnes choses ; combien plus donnera-t-il ce qu’il y a de plus beau, de plus grand, de meilleur : l’Esprit Saint.

Entrons comme Marie dans cette amitié avec Dieu, dans cette confiance filiale, et nous exulterons de joie, en découvrant une liberté dont nous n’aurons pas idée.


Abbé Philippe Link