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Homélie du 16 mai 2022

« Celui qui a reçu mes commandements et y reste fidèle, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. »

En écoutant ses paroles de Jésus, on pourrait croire que l’amour du Père et du Fils se présenterait un peu comme une récompense à celui que nous leur manifestons. En fait, croire que dans notre relation au Père et au Fils l’initiative de l’amour nous reviendrait serait se méprendre. Ce n’est pas notre fidélité qui provoque Dieu à nous aimer mais c’est bien lui qui nous aime le premier.

Pour bien comprendre les propos de Jésus dans l’évangile de ce jour, nous devons nous rappeler ceux que nous avons entendus la semaine dernière et qui se trouvent quelques versets plus loin dans l’évangile de saint Jean : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour.

Si vous êtes fidèles à mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé fidèlement les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. » (Jn 15, 9-10)

Jésus remontait ainsi à l’origine, à l’amour dont le Père l’a aimé et qui fonde le sien pour chacun des hommes. Le Père le premier nous a aimé. Il nous l’a manifesté en nous donnant son Fils unique pour que nous ayons la vie et la vie éternelle. Dès lors, tout croyant, en devenant par la foi un avec le Fils, entre dans un dialogue d’amour avec le Père. Il aime le Père et le Fils et cet amour appelle en retour le davantage du leur : « Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui ».

Porté, par et dans cet amour, le disciple s’exerce alors au commandement suprême : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». Mais ce commandement est avant tout une parole, parole du Père au Fils et parole du Fils à ceux qui ont choisi de marcher à sa suite, parole de vie que nous sommes appelés à garder au plus profond de notre cœur et à mettre en pratique car en elle se trouve la clé du Royaume, le secret de la vie éternelle.

Jésus opère ici un déplacement. Il passe de l’extériorité d’un commandement à l’intériorité d’une parole qui peut dès lors rejoindre les croyants de tous les âges.

C’est grâce à l’Esprit Saint que ces derniers pourront en pénétrer toute la signification et en goûter le fruit de vie : « l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit ».

Cette mention de l’Esprit Saint, nous rappelle que les quarante jours qui, à Pâques, nous séparaient de l’Ascension et de Pentecôte, sont déjà bien avancés. D’une certaine manière, en ce temps que Jésus nous accorde pour nous enseigner sur le mystère de sa résurrection, il nous tranquilise si certains points nous semblent encore obscurs. Il nous promet de nous envoyer la lumière de l’Esprit Saint et nous invite à tourner déjà notre prière et nos appels vers celui-ci.

Viens Esprit-Saint, nous t’attendons.

Viens nous donner de garder la parole d’Amour du Père et du Fils.

Viens nous conduire en elle jusqu’à la vérité toute entière.


Abbé Philippe Link