500 ans de la réforme : Les défis de l’oecuménisme

500 ans de la Réforme, 50 ans de Vatican II, Strasbourg marque ces anniversaires par une journée oecuménique exceptionnelle le 6 décembre. Mgr Grallet explique le sens de cette journée.

500ans-vatican-reformeA l’occasion du double anniversaire des 500 ans de la Réforme et des 50 ans du Concile Vatican II, Mgr Jean-Pierre Grallet, archevêque de Strasbourg, s’associe au Président de l’Union des Eglises protestantes d’Alsace et de Lorraine, Christian Albecker, pour inviter à une journée œcuménique exceptionnelle de commémoration le mardi 6 décembre 2016

Cette journée sera honorée de la présence du Cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, et de Mgr Georges Pontier, président de la Conférence des évêques de France.

Trois temps forts :

  • à 16h00 : à l’UEPAL, quai Saint-Thomas, remise du prix théologique œcuménique du Conseil des Eglises chrétiennes en France
  • à 17h30 : en l’église protestante Saint-Thomas à Strasbourg: prière œcuménique « du conflit à la communion, ensemble dans l’espérance »
  • à 20h30 : en la cathédrale de Strasbourg : conférence du Cardinal Kurt KOCH, président du Conseil pontifical pour l’Unité des chrétiens, ancien évêque de Bâle (CH) sur le thème «  50 ans après Vatican II, les défis de l’œcuménisme »

Entrée libre

A cette journée participeront notamment :

  • Le Cardinal Kurt Koch, président du Conseil Pontifical pour l’Unité des chrétiens
  • une délégation de la Conférence des évêques de France (CEF), composée de Mgr Vincent Jordy, évêque de Saint-Claude, président du Conseil pour l’Unité des chrétiens et les relations avec le judaïsme, membre du Conseil d’Eglises chrétiennes en France, représentant le président de la CEF, Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille, empêché pour des raisons de santé, et de Mgr Olivier Ribadeau Dumas,  secrétaire général de la CEF
  • le Conseil d’Églises chrétiennes en France (CECEF), présidé par le Métropolite Emmanuel, orthodoxe
  • l’Église protestante unie de France présidée par Laurent Schlumberger
  • François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France

Tous les membres de nos Églises chrétiennes respectives, catholiques et protestants, sont chaleureusement invités à participer aux deux temps forts de cette journée.

Le Cardinal Koch a répondu aux questions de Carrefours d'Alsace

Carrefours d’Alsace : Nous célébrons les 50 ans de Vatican II ? En quoi le concile a joué un rôle capital dans la progression du dialogue entre chrétiens ?

Cardinal Koch : Les deux principales préoccupations qui ont poussé le Pape Jean XXIII à convoquer le Concile Vatican II furent le renouvellement de l’Église catholique et le rétablissement de l’unité des chrétiens. Au cours du Concile, le décret sur l’œcuménisme « Unitatis redintegratio » fut adopté par les Pères du Concile, le 21 Novembre 1964, par 2137 voix contre 11 et promulgué par le Pape Paul VI. Avec le Concile, l’Église catholique a fait siennes les préoccupations qui sont à la base du mouvement œcuménique auquel elle a adhéré de manière officielle et définitive en déclarant que la responsabilité pour le rétablissement de l’unité de l’Église est le stricte devoir de tous les croyants.

CA : Quels sont les avancées mais aussi les freins à l’unité des chrétiens ?

C.K. : Un des fruits les plus importants de l’ouverture à l’œcuménisme est sans aucun doute la fraternité retrouvée entre tous les chrétiens et les communautés chrétiennes sur le fondement du baptême commun. Les nombreuses rencontres, les visites mutuelles et les différents entretiens ont créé un réseau de relations amicales qui forment une base solide pour les dialogues théologiques. Entre temps, l’Église catholique a engagé des dialogues avec presque toutes les Églises chrétiennes et Communautés ecclésiales, dialogues qu’elle poursuit actuellement. Malgré tous ces résultats positifs, nous ne pouvons nier que le vrai but du mouvement œcuménique, à savoir le rétablissement de l’unité visible de l’Église, n’a pas encore été atteint et prendra plus de temps qu’on ne l’imaginait, il y a cinquante ans.

CA : Où en sommes-nous actuellement ?

C.K. : Les divers dialogues œcuméniques suivent chacun un programme différent, si bien que chaque dialogue devrait être évalué individuellement. Le défi commun qui se pose à nous aujourd’hui est qu’au fil du temps, l’objectif œcuménique est devenu de plus en plus flou et que nous sommes loin d’être d’accord sur ce qu’il faut entendre exactement quand nous parlons de reconquête de l’unité des chrétiens. À l’heure actuelle, une réflexion commune sur le but de notre pèlerinage œcuménique est donc une nécessité urgente.

CA : Comment percevez-vous l’Alsace dans sa vitalité oecuménique ?

C.K. : Mon expérience avec l’Alsace, en particulier quand j’étais évêque de Bâle,  a toujours été celle d’un œcuménisme vivant et ouvert. Depuis Mgr Léon Arthur Elchinger, les archevêques de Strasbourg se sont toujours engagés en faveur de l’œcuménisme qu’ils ont promu dans la vie de l’Église. Je suis également reconnaissant à l’Institut de recherche œcuménique fondé par la Fédération luthérienne mondiale ainsi qu’à son directeur Theodor Dieter, avec lesquels le Conseil Pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens entretient de bonnes relations de collaboration. L’Institut ayant son siège à Strasbourg, j’apprends régulièrement que d’encourageantes initiatives œcuméniques ont lieu en Alsace.

CA : Que représente pour vous les 500 ans de la Réforme ?

C.K. : 2017 étant la première commémoration du début de la Réforme qui se tiendra en ce siècle et, qui plus est, en cette ère œcuménique, elle ne pouvait être célébrée qu’ensemble. En effet, la Réforme ne concerne pas seulement les protestants mais aussi les catholiques. Pour moi, la commémoration de la Réforme représente une bonne occasion de réfléchir à la situation œcuménique actuelle et d’oser faire des avancées courageuses dans l’avenir. La commémoration constituera alors une opportunité pour l’œcuménisme – si ce n’en est pas la fin – et, au contraire, sera un nouveau départ pour l’engagement œcuménique en faveur de la pleine communion entre les Églises nées de la Réforme et l’Église catholique.

Message du P. Emmanuel Gougaud, Directeur du Service national pour l’Unité des Chrétiens

En 2017, catholiques et protestants commémoreront ensemble les cinq cents ans de la Réforme et les orthodoxes s’y associeront aussi activement. Le 31 octobre dernier, à Lund, le pape François rencontrait les responsables de la Fédération luthérienne mondiale pour initier cette commémoration. Unissant prière de repentance, écoute de la Parole de Dieu, engagement concret au service des pauvres, ils sont passés du conflit à la communion, ensemble dans l’espérance. À cette occasion, Mgr Jean-Pierre Grallet, archevêque de Strasbourg, en communion avec l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine et le Conseil des Églises chrétiennes en France, invite à une rencontre œcuménique exceptionnelle le mardi 6 décembre. Cette journée sera honorée de la présence du Cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, du Pasteur François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France, de Mgr Vincent Jordy, évêque de Saint-Claude, président du Conseil pour l’unité des chrétiens de la Conférence des évêques de France, de Mgr Emmanuel, président de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France. Cet évènement comporte trois temps forts.

À 16h00 au quai Saint-Thomas, le Prix 2016 du Conseil d’Églises chrétiennes en France est remis à un étudiant en théologie pour son travail universitaire de recherche œcuménique. À 17h30 dans l’église Saint-Thomas (11 rue Martin Luther), une prière œcuménique est célébrée dans l’esprit de Lund. À 20h30, en la cathédrale Notre-Dame, le cardinal Koch donne une conférence « Cinquante ans après Vatican II, où en est l’œcuménisme ? »

Comme catholiques, nous partageons la joie de nos frères chrétiens, orthodoxes russes et protestants. L’œcuménisme s’enracine dans le désir de se rapprocher davantage du Christ. Ces deux évènements y contribuent. Ils ne peuvent donc que nous aider à nous rapprocher les uns des autres.