Préparer mes obsèques religieuses

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« Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra » Évangile selon saint Jean, 11,25

Depuis la nuit des temps, l’humanité a ressenti la mort comme un acte de la vie. Toutes les civilisations ont gardé à cœur d’honorer les leurs à travers des rites de funérailles [1]. Les grandes traditions religieuses, telles le judaïsme, le christianisme, l’islam, l’hindouisme, le bouddhisme et tant d’autres… manifestent par bien des écrits et rituels la nécessité d’honorer la mémoire de leurs défunts.

L’Église catholique est héritière de la foi juive. Elle est témoin de la vie, de la mort et de la résurrection de Jésus, Fils de Dieu et Fils de l’homme fait chair en Marie de Nazareth [2]. Aussi prend-elle soin au travers des obsèques religieuses de témoigner combien la personne défunte, plongée par le baptême dans le mystère de la mort du Christ [3], est appelée à passer avec lui dans la vie en plénitude avec Dieu.

Le rituel des funérailles aide la famille, les amis et la communauté chrétienne à vivre ce passage de la mort à la vie [4]. Rassemblés avec ceux qui sont dans la peine (signe de notre solidarité humaine) et dans l’église (signe de la présence de Dieu avec nous), nous y accueillons la Parole d’espérance des Écritures Saintes. Paroles d’espérance qui renouvellent et revigorent notre foi. Ensemble, nous prions Dieu pour implorer sa miséricorde à l’égard du défunt et pour nous-mêmes. Nous lui demandons aussi force et courage pour tous nos frères et sœurs qui sont dans le deuil. Ensemble, nous rendons grâce pour l’amour que Dieu a manifesté dans la vie du défunt. La bénédiction du cercueil avec l’eau du baptême [5] et son encensement [6] viennent manifester, en dernier adieu, notre désir de le confier au Seigneur dans l’espérance de nous revoir.

La célébration des obsèques religieuses ne saurait être le point final. Elle est un maillon crucial d’une chaîne qui a commencé par l’accueil et l’écoute de ceux qui sont endeuillés. Elle s’est poursuivie par la préparation en Église de la célébration elle-même et par sa mise en œuvre. Elle appelle des lendemains d’accompagnement humain et spirituel[7]. C’est dire, dès lors, combien nos communautés chrétiennes sont appelées à relever, avec compétence, les défis d’un accompagnement du deuil de celles et ceux qui sont en attente d’être épaulés.

Sœur Estelle Wolf

Bibliographie :

  • Christian BIOT, La cérémonie des obsèques, éditions de l’Atelier
  • Préparer et célébrer les funérailles, éditions de l’Atelier
  • Célébrer l’ADIEU , Hors – série de Signes d’Aujourd’hui
  • Quand survient la mort, numéro spécial de Croire aujourd’hui

 

[1] Déclaration NOSTRA AETATE, Vatican II
[2] Cf. Le catéchisme de l’Église Catholique
[3] Galates 3, 27: « Vous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu le Christ »
[4] Nouveau Rituel des funérailles, page 10, § 13
[5] Idem, § 120
[6] Idem, § 119
[7] Camille Stemper, Le Chemin vers l’autre, Mulhouse, ed. Salvator, 1994