Je donne à l'église
nos paroisses
Horaires de messes
GoMesse

Message œcuménique de Pâques

Le spectre de la pandémie qui nous a bouleversés pendant deux ans n’est pas vraiment éloigné que, pour la première fois depuis des décennies – et donc pour la première fois de la vie pour la majorité d’entre nous –  la fête de Pâques va être célébrée sur des bruits de chars et de bottes : la guerre est en Ukraine, la guerre est à nos portes, la guerre est en Europe ! Qui sait quelles images de ruines, d’exodes ou de charniers seront diffusées à l’heure où les Chrétiens chanteront que le Christ est ressuscité, faisant tomber à plat nos Alleluias ?

La guerre et les armes ne sont pas absentes, bien au contraire, du récit de la Passion et de la Résurrection de Jésus. Rappelons-nous d’abord qu’il a vécu dans un petit pays marqué par l’occupation par des soldats ennemis, les uns probablement très brutaux, les autres pacifiques et respectueux, comme tel centurion dont on disait : « Il est ami de notre peuple : c’est lui qui nous a construit la synagogue » (Luc 7, 5). Les soldats ne sont pas tous des destructeurs, loin s’en faut.

Un autre centurion dirige le groupe de soldats qui, sur ordre de Pilate, escorte Jésus jusqu’au lieu de son supplice et le crucifie entre deux condamnés de droit commun. Celui-là, marqué par l’attitude de douceur et de pardon de Jésus sur la croix, va jusqu’à dire : « Sûrement, cet homme était juste ».

Enfin, aux dires de l’évangéliste saint Matthieu, des gardes armés sont postés devant le tombeau de Jésus pour éviter que ses disciples ne dérobent son corps et ne le proclament vivant. Mais ces derniers n’empêcheront ni Jésus de ressusciter, ni les femmes d’accéder à son tombeau puis de repartir annoncer la nouvelle : « Il est ressuscité des morts ». Les armes des soldats n’ont eu aucun pouvoir : ni contre la puissance de Dieu, ni contre la compassion des femmes, ni contre la foi des disciples…et elles ne sont pas plus efficaces contre notre espérance en la Vie plus forte que la mort.

Les armes parlent avec force, mais elles n’auront pas le dernier mot : voilà dans quel esprit nous allons célébrer Pâques.

  • Christian ALBECKER, président de l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine
  • Monseigneur Luc RAVEL, archevêque de Strasbourg

Télécharger en version PDF