A propos des mesures de reprise progressive des cultes

Les annonces du Président et celles du Premier ministre concernant la reprise des cultes me laissent pantois, déconcerté et profondément déçu. La jauge de 30 personnes n’est pas une mesure sensée mais une précaution vexatoire. Bien que n’ayant fait que l’École Polytechnique (X77) je pensais savoir faire une règle de trois et appliquer une présence proportionnelle à nos immenses églises. J’apprends qu’il n’en est rien.

L’habitude gouvernementale semble désormais bien prise de ne jamais tenir compte des propositions émanant de l’épiscopat français, propositions pourtant prudentes, intégrant l’extrême gravité de la crise dans laquelle nous sommes et en phase avec la détresse des personnes et des entreprises.

La tradition de l’Église catholique reste de poursuivre inlassablement le dialogue avec le gouvernement tout en manifestant son profond désaccord par tous les moyens légaux et politiques. J’attends personnellement une rencontre entre nos représentants et le Premier ministre pour le faire le point sur une liberté de culte au bord de la rupture.

Je ferai moi-même recours auprès du Conseil d’État contre des mesures que j’estime disproportionnées.

Par ailleurs, la patience des catholiques ne signifie pas l’inaction. J’appelle les catholiques d’Alsace à ce que la faim de la messe les conduise à ceux qui ont faim : les pauvres, en quête de pain, jusqu’au Vrai Pauvre, le Christ assoiffé de notre amour.

Non pas la mauvaise humeur mais l’amour joyeux né de notre foi nous portera inlassablement à répondre par le bien aux inconsistances administratives.

Monseigneur Luc Ravel, Archevêque de Strasbourg