L’église Saint Nicolas de Stotzheim

Historique

CPBarr église StotzheimStotzheim a connu, comme l’ensemble des villages environnants, le grand fléau du 17ème siècle qui sévissait en Europe, la guerre de Trente Ans de 1618 à 1648.

L’année 1622 fut particulièrement cruelle pour le village ; il a été ravagé par les troupes de Mansfeld, maisons et églises détruites, incendiées.  Trois belles cloches ont été emportées.

Quatre années plus tard, en 1626, l’église fut partiellement reconstruite, mais déjà elle semblait trop petite pour accueillir les 750 habitants de l’époque. Des conflits éclatèrent quant à l’agrandissement, à la démolition ou à la construction d’un nouvel édifice. Finalement, après bien des tractations avec le vicaire épiscopal et le Grand Chœur de la cathédrale de Strasbourg, il a été décidé d’une nouvelle construction. Et voici qu’apparaissent de nouveaux conflits.

En 1626, comme l’église s’avère à nouveau trop petite pour accueillir l’ensemble des paroissiens. À tour de rôle, la moitié de la population pouvait se rendre aux offices religieux. Querelles et tensions réapparaissent et le bâtiment n’est toujours pas terminé ; nous sommes en 1760. Il est question d’une éventuelle reconstruction de l’ensemble. La décision du vicaire épiscopal est claire et irrévocable. Le chœur doit être construit par le décimateur et la nef par la communauté ! Mais il reste le clocher. C’est alors que la commune demande une consultation juridique auprès d’avocats du conseil souverain d’ Alsace, afin de connaître les droits et les devoirs ;apparemment sans suite.

CPBarr église Stotzheim st NicolasPendant tout ce temps où l’église ne semblait pas avoir été terminée, les fidèles se rassemblaient en la chapelle Saint Symphorien, située au Bas-Village. Elle est mentionnée en 1666 et en 1758. Cette chapelle fut vendue en 1804 pour être transformée en maison d’habitation. Une plaque commémorative posée à l’emplacement des anciennes demeures PFLEGER-MARTZ, rue du Bas Village, en perpétue le souvenir.

La première pierre pour la reconstruction d’une nouvelle église fut posée le 11 mars 1765, à l’initiative du curé Ignace ECK (1760-1803). La construction avance, mais les soucis et le manque d’argent se font sentir.

En 1773, de gros problèmes surgissent une fois de plus : le chœur présente des fissures, voire des grosses fentes. Il fallait agir vite et la décision fut prise de faire payer les paroissiens. L’enthousiasme fut tellement grand qu’on réalisa en même temps le maître autel et les travaux de peinture. La fin des travaux se situe en 1779.

Entre 1793 et 1796, une décision nationale intervient pour fermer l’église. Consternation des paroissiens car il n’y avait plus de culte. Au cours de cette période, des ornements, des objets religieux et des statues disparaissent. En 1799, on note un vol important par effraction.

Entre 1800 et 1870, le nombre des habitants augmente et l’église devient de nouveau trop petite. Nouvelles agitations. Les uns voulaient agrandir, aux autres, elle semblait assez grande. Malheureusement la guerre de 1870 en a décidé autrement. C’est le cimetière qui devenait trop petit.

Pendant toutes ces années, sous l’impulsion du curé BISCH (1828-1875), d’importants travaux d’intérieur ont été réalisés, comme le blanchiment des murs à la craie, et une nouvelle couche de plâtre au plafond. Au cours de cette même période, la paroisse a acquis les chemins de croix et de magnifiques tableaux sur toile qui ont disparu lors de la rénovation de l’église en 1958.

Les derniers travaux de restauration extérieure de l’église datent de 1983-1984 ; et ceux de la restauration intérieure de 1999.

Le contenu

L’église St Nicolas fut donc reconstruite en 1765 et son mobilier renouvelé.

Le maître autel classé monument historique en 1972 est d’une beauté exceptionnelle. C’est le charpentier SCARWATT du village qui a réalisé les quatre colonnes qui portent la couronne, celle-ci provient, d’après des renseignements, de l’Abbaye d’Ebersmunster.

Le tableau de St Nicolas et les trois enfants, datant de 1773, est signé par Jacob ERHART de Sélestat ;il a été restauré en 1987 par les ateliers GENEVESIO de Paris. Vous pouvez contempler la majestueuse sculpture de St Nicolas située à droite dans le choeur.

CPBarr église Stotzheim tabernacleLe tabernacle, datant du 18ème siècle, provient de l’église de Lachapelle-sous-Chaux (Territoire de Belfort). Après une restauration complète en 1987, il s’inscrit très bien dans l’ensemble du style baroque de notre église. Il en est de même pour le tombeau d’autel, datant sensiblement de la même époque, qui provient de Pontarlier. (Doubs)

La restauration de cet ensemble a été effectuée par l’entreprise J.J. MEYER de Koenigshoffen, restituant ses couleurs d’origine au faux marbre des colonnes du baldaquin.

Les lambris du chœur, avec les beaux panneaux peints, sont les premières œuvres de Martin FEURERSTEIN réalisés en 1875. Ce dernier habitait Barr. Chaque jour il venait à vélo pour peindre ses œuvres (1865-1931).

Du côté droit, on trouve la vie du Christ :

  • La nativité
  • Jésus parmi les docteurs.
  • Le Baptême du Christ
  • Le Christ au Sacré-Cœur
  • La multiplication des pains
  • Le Christ remet les clefs à St Pierre
  • La résurrection

Du côté gauche, on trouve la vie de la Vierge :

  • La Vierge remet le scapulaire à St Simon
  • La Vierge remet le rosaire à St Dominique
  • L’Assomption
  • La Vierge au Sacré-Cœur
  • La Visitation
  • L’Annonciation
  • L’Immaculée Conception

La restauration de cet ensemble, classé monument historique en 1992, a été effectuée en 1999 (en ce qui concernen les panneaux peints) par l’entreprise Noëlle JEANNETTE et la boiserie par Bernard MEYER menuiserie de Koenigshoffen.

CPBarr église Stotzheim ste AnneLe plafond du chœur a également été restauré en 1999. On y découvre au milieu un tableau représentant le baptême de Jésus, effectué par Heinrich KAYSER en 1895, entouré de symboles des quatre évangélistes : St Marc, St Jean, St Matthieu et St Luc.

Les autels latéraux ont été classés monuments historiques en 1988.

Sur l’autel situé du côté gauche, on aperçoit en haut Ste Anne qui apprend à lire à Marie. Le tableau central montre la vierge et l’enfant Jésus écrasant le serpent sous ses pieds.

CPBarr église Stotzheim fonds baptismauxSur l’autel situé à droite, on aperçoit en haut Ste Barbe détenant le calice. Le tableau central est dédié à Ste Catherine, munie d’une couronne et le sabre sous ses pieds.

De part et d’autre des autels latéraux, on aperçoit deux médaillons muraux découverts lors de la dernière restauration de 1999, décors qui datent vraisemblablement du début du 19ème siècle (environ 1830). Travaux sur toile effectués par Claude BERNHART. Du côté gauche, on trouve la Vierge, et à droite le Sacré-Cœur.

Les fonds baptismaux, situés devant l’autel latéral côté droit, datent de 1666.

La nef

La boiserie du plafond a été réalisée par le menuisier du village, Arthur FETZER en 1905 (avant cette date il était plâtré). Une rénovation de cette boiserie, en 1999, a permis de l’éclaircir et de lui donner plus d’éclat.

Le médaillon du milieu datant de la même époque fut réalisé par Caroline SORG. Il représente l’adoration des Mages. Ce magnifique tableau incorporé dans le lambrissage en bois a été financé par la famille J.P.RUHLMANN de Stotzheim. Entouré de quatre médaillons, peints par le même artiste, on reconnaît à droite St Ambroise et St Jérôme et à gauche St Grégoire et St Augustin.

La chaire, avec sa couronne dorée était décorée de magnifiques sculptures en polychrome avant sa restauration de 1958. Celle-ci n’est plus utilisée depuis le décès du curé Joseph MULLER (1947-1965).

Sur les murs latéraux, on trouve des médaillons peints sur toile, entourés de volutes, lesquelles furent retrouvées sous les peintures lors de la restauration en 1985 ; les volutes sont restaurées à l’original.

Du côté droit, en partant de devant, on peut voir d’abord un personnage non identifié puis Ste Thérèse d’Avila, Ste Marguerite et Ste Cécile.

De même, sur les murs latéraux, on trouve des statues en bois sculpté, en bois polychrome d’origine, repeintes en 1959, datant du 19ème siècle, dont l’auteur est vraisemblablement Martin FEUERSTEIN, du côté droit sont situés le Christ au Sacré-Cœur, St Cyprien et St Joseph.

Du côté gauche, on trouve la Vierge à l’enfant et St Savin (les deux statues, St Cyprien et St Savin, situées avant 1958 dans le chœur de l’église, peintes en polychrome, représentaient d’après les paroissiens St Jean et St Paul, les deuxièmes patrons de la paroisse.)

Au fond de l’église, à gauche, se trouve l’œuvre unique, le tombeau du Christ, conservé en polychrome, datant du 19ème siècle, situé jadis, avant 1958, au bas de l’autel principal.

Sous la tribune, on trouve un ensemble de statues en plâtre, qui sont St Antoine de Padoue, St François d’Assise, Ste Thérèse et Ste Jeanne d’Arc.

Sur la tribune se trouvent deux autres statues en plâtre qui sont Jean-Marie Vianney et St Louis de Gonzague.

N’oublions pas Ste Cécile, la patronne de l’Alsace, située devant l’autel latéral à gauche.

À remarquer, du côté droit au fond de l’église, une magnifique icône de Notre Dame du Bon Secours, achetée en 1876 par la paroisse, nouvellement restaurée en 1999 par l’atelier de dorure J.J. MEYER, restauration prise en charge par la paroisse d’Ortenberg, jumelée avec celle de Stotzheim depuis le 25 juillet 1965.

Rappelons que l’église possédait six confessionnaux et qu’il n’en reste plus que quatre, qui, aujourd’hui ne sont plus utilisés.

Jadis, se trouvait en plein milieu de la nef, un beau lustre, dont on ne trouve plus de trace après les travaux de 1958.

Les vitraux

Lors de la récente rénovation de 1999, on a découvert sous les anciennes couches de peinture à la chaux, du côté gauche du chœur à l’emplacement de l’actuelle croix en bois, des décors du 18ème siècle, représentant une imitation de vitraux hexagonaux avec un sertissage de plomb. Ce qui laisse supposer que tous les vitraux d’origine avaient cette forme, remplacés au fur et à mesure par les vitraux actuels, financés en grande partie par les dons des paroissiens autour de l’année 1877. Les travaux ont été effectués par l’entreprise PETIT-GERARD de Strasbourg sous la direction du curé Ludwig Gabriel GLÖCKLER (1875-1911). Ce dernier a construit une très belle chapelle au cimetière en 1899, destinée à l’inhumation des curés de la paroisse.

L’orgue

Si l’orgue fait partie de la liturgie Chrétienne depuis des siècles, nous ne savons pas s’il existait un orgue dans l’église de Stotzheim avant 1765.

En 1880, la commune acheta un orgue de Sélestat et demanda au facteur Michel STIEHR de le remettre en état. Cet orgue, dont ne subsiste que le buffet, provenait sans doute du couvent des Franciscains de Sélestat où Jean-André SILBERMANN l’avait placé en 1751. Les trois tourelles ont perdu leur couronnement sculpté et le soubassement a été transformé (sans doute en raison de la hauteur). L’instrument dans lequel fut installée une machine pneumatique en 1904 par RINCKENBACH, a été transformé en 1949 par SCHWENKEL.

Le buffet en bois de chêne, classé monument historique, a été restauré en 1996 en partie par des bénévoles concernant la boiserie et pour les dorures par J.J. MEYER de Koenigshoffen. C’est un magnifique ensemble, qui comprend un instrument de grande qualité, dont le suivi est réalisé par Alfred KERN, facteur d’orgue.

Les cloches

 En un siècle (1821-1925), il y a eu dix bénédictions de cloches. On est passé de deux à quatre. Deux ont été enlevées en 1917 et remplacées cinq ans plus tard. La situation est la suivante :

  • La cloche Ste Marie                1865
  • La cloche St Nicolas               1922
  • La cloche Ste Jeanne d’Arc    1922
  • La cloche Sacré-Cœur            1925

Se rajoute la nouvelle cloche St Barthélémy, offerte à la paroisse de Stotzheim, par les époux René et Juliette WEISGERBER , ancien maire de Stotzheim, qui ont également offert une nouvelle cloche du nom de St Nicolas à la paroisse et commune jumelée d’Ortenberg.

Quelques vues de l’extérieur de l’église

 CPBarr église Stotzheim extérieur 2CPBarr église Stotzheim extérieur