L’église catholique St Martin de Barr
Un peu d’histoire

En 1545, la ville de Barr passa à la réforme. L’église Saint Martin devint lieu de culte protestant. En 1685, Louis XIV imposa de concéder l’usage du choeur au petit nombre de Catholiques de la ville. Ceci s’appelle le »Simultanéum ». Cette cohabitation ne fut pas toujours bien vécue, car les Catholiques devinrent une minorité de plus en plus importante au cours des décennies. En 1826, ils obtinrent leur propre église. Elle fut installée dans l’ancien manège d’une caserne désaffectée en bordure ouest de la vieille ville.
Saint Martin, titulaire séculaire de l’église ancienne et patron de la ville, lui fut donné comme titulaire. Par bonheur, le bâtiment était orienté comme devrait l’être toute église, c’est à dire, le choeur tourné vers le soleil levant, symbole du Christ Ressuscité. L’édifice ne revêt aucun caractère artistique particulier. Deux rangées de colonnes qui sont en fait des troncs d’arbres lui donnent un aspect un peu basilical.
Les tableaux

Le bas du chœur est décoré d’une série de tableaux en camaïeu. Des recherches sont actuellement faites pour en retrouver l’artiste. Il semblerait que ce soit un peintre alsacien connu par le curé Nicolas Eck qui fut le premier curé de cette nouvelle église.
Les trois panneaux centraux représentent trois sacrifices de l’Ancien Testament, annonciateurs du Sacrifice du Christ et de l’Eucharistie :
Abel offre son agneau, avant de devenir lui-même victime innocente.
- Le grand prêtre Melchisédech bénit Abraham victorieux, en offrant du pain et du vin.
- Abraham est prêt à donner son fils unique, mais le sacrifice humain est récusé par Dieu.
Sur les côtés, les tableaux sont consacrés à l’enfance du Christ :
- À gauche, l’Annonciation, la Visitation à Elisabeth, la Nativité.
- À droite, l’adoration des mages, la Présentation au temple et Jésus, à 12 ans, retrouvé au temple.
Il est remarquable, particulièrement à la nativité, que Jésus est le point lumineux de la composition.
Ces panneaux sont flanqués par les quatre évangélistes avec leur symbole, Matthieu (l’ange) et Marc (le lion), à gauche; Luc (le taureau) et Jean (l’aigle) à droite.
Dans l’angle à droite, on voit les objets de culte de l’Ancienne Alliance: l’Arche d’Alliance avec les chérubins et les barres, les vases sacrés, des cymbales et une lampe.
À gauche, il y a les objets du culte nouveau: calice et ciboire, missel, encensoir, cierge, étole, mitre, crosse et la croix.
Un chemin de croix orne les murs latéraux de la nef, peut-être une reproduction du peintre Martin Feuerstein.
Le mobilier

Il est surmonté par la lampe du sanctuaire, allumée jour et nuit, signe de la présence réelle du Christ-Eucharistie. Ici, au chœur de la maison de Dieu, le croyant vient donner au Christ, l’hommage de sa foi.
À l’entrée du chœur, l’autel est décoré par le motif eucharistique des pains multipliés et celui du poisson, symbole antique du Christ. En effet, en grec, poisson se dit « ICHTUS » mot dont les lettres sont les initiales du titre grec complet du Christ et qui se traduit : Jésus Christ, fils de Dieu, Sauveur.
Le statuaire
Dans le chœur, se trouve la statue en bronze doré du Sacré Coeur et celle polychrome, de Saint Joseph.



Une belle icône de Notre Dame du Perpétuel Secours a retrouvé une place dans la chapelle de semaine.

Dans l’entrée, sous le clocher, se trouve la statue de Saint Antoine de Padoue, un des saints populaires auprès des fidèles.
Les vitraux
Les vitraux sont consacrés à des saints choisis à cause de leur popularité régionale ou nationale ou pour le patronyme du donateur. Ils ont été réalisés en 1927 par le maître verrier Bartholomé deTurckheim.
Iconographie des vitraux :
| à gauche | à droite | |
| 1 | Sainte Marguerite moniale (+1690) |
Sainte Richarde impératrice (+896) |
| 2 | Sainte Mathilde reine (+968) |
Saint Florent évêque de Strasbourg (+590) |
| 3 | Sainte Anne mère de Marie |
Sainte Famille de Nazareth |
| 4 | Sainte Agnès martyre (+305) |
Saint Antoine franciscain (+1231) |
| 5 | Sainte Jeanne d’Arc Vierge (+1431) |
Notre Dame de Lourdes apparue en 1858 |
| 6 | Sainte Elisabeth de Thuringe (+1231) |
Saint Louis roi de France (+1270) |
| 7 | Sainte Madeleine disciple pénitente |
Saint Arbogast évêque de Strasbourg (+550) |
| 8 | Sainte Cécile martyre (+235?) |
Saint Martin évêque (+397) |
L’orgue – l’association des amis de l’orgue de Barr
En 1826, Xavery Mockers installe un orgue dans l’église de Barr fraîchement achevée. Cet instrument aujourd’hui encore délaissé, est néanmoins classé Monument Historique pour l’intérêt rare qu’il représente. Peu nombreux sont ceux d’entre nous qui l’ont entendu jouer.
Le Conseil de Fabrique s’est donné pour mission de faire revivre cet orgue. Ceci se fera par l’intermédiaire d’une association, dont les statuts vont très prochainement être légalement déposés.
L’association est légalement constituée depuis début décembre 2022 ! Vous pouvez tous nous aider :
- En devenant membre actif, la cotisation pour une année glissante s’élève à 10 euros. Ces membres seront sollicités lors d’évènements et de petites interventions.
- Et/ou en devenant membre bienfaiteur pour un don d’un montant laissé à votre discrétion
Cotisations et dons peuvent être adressés au presbytère, 2 rue de l’Ecole, (boîte aux lettres), ou mis sous enveloppe dans le panier de la quête. Dans tous les cas, merci de préciser vos coordonnées, afin que nous puissions vous joindre, en vue d’une prochaine assemblée générale.
Adresse mail de l’association : orgue.barr@gmail.com
Statuts de l’association : 2022 11 12 Statuts Orgue Barr BTh V4
De l’orgue Mockers de 1826, dont on a parlé dans le bulletin d’octobre, il ne reste principalement que le buffet d’origine ; l’orgue a été reconstruit à neuf en 1932. Composé de 23 jeux contre 16 à l’origine, c’est l’un des derniers orgues neufs construits par le molsheimois Franz Xavier Kriess, ce qui en fait aujourd’hui un instrument rare et digne d’intérêt. Les orgues encore similaires dans la région, se comptent sur les doigts de la main. L’association des amis de l’orgue de l’église catholique Saint Martin de Barr, forte de tous les soutiens dont elle pourra bénéficier, se donne comme mission de refaire jouer cet instrument qui a échappé aux restaurations standardisées des soixante dernières années. Suite dans le prochain bulletin sur la constitution de l’association.
Les cloches
Dans le beffroi, trois cloches rythment les heures et appellent les fidèles au culte et à la prière de l’Angelus:
| Grande cloche | Do | 1950 kg | Ste Marie | Fondue par Fr. Roussel à Metz en 1869 |
| Moyenne cloche | Mi | 1180 kg | St Joseph | Fondues par l’entreprise Caussard de Colmar en 1925 |
| Petite cloche | Sol | 700kg | St Martin |
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La chapelle Sainte Anne près de Barr

Les historiens, et à leur suite, les rédacteurs de guides touristiques, ont glané ce qu’on sait de ce sanctuaire :
Il date certainement de la fin du Moyen Âge, époque à laquelle se développe la dévotion à Ste Anne, mère de la Ste Vierge. La chapelle fut délaissée après l’adoption de la réforme à Barr en 1543. En 1580, la ville de Strasbourg, propriétaire de la Seigneurie de Barr depuis 1556, y trouve encore des ustensiles liturgiques: chandeliers, burettes en étain, deux missels, une cloche (d’après un plan de 1603, le clocheton était en flèche, ein Dachreiter). Ce matériel d’église fut sans doute vendu comme celui de l’église St Martin de Barr. Les décomptes de cette vente se trouvent actuellement aux archives de la ville de Strasbourg.
La maison attenante fut réparée et servit encore en 1610 de résidence au garde forestier de la ville de Strasbourg.
L’appellation populaire de la ruine est : S’Tannekirchel; altération de l’expression (Sank)t Annakirche, tout comme le village de Tannenkirch = (Sank)t Annakirch.
Notre chapelle Ste Anne, encore mentionnée en 1663, est un témoin de la dévotion, fort répandue à l’époque, à Ste Anne. (prières, images, confréries, chapelles).
On comptait en France 36 ermitages Ste Anne, dont 23 dans le Nord-Est. C’est dans les pays rhénans que cette dévotion trouva ses plus ardents propagandistes: Trithemius, Abbé de Sponheim près de Kreuznach, l’humaniste Erasme, l’écrivain strasbourgeois Sébastien Brant et bien d’autres. Tout près de Barr, Nicolas Salicet, abbé de l’abbaye cistercienne de Baumgarten près de Reischsfeld mort en 1494 composa un hymne à Ste Anne:
Anna, pia mater, ave cujus nomen est suave, Anna sonat gratian, …
L’ordre religieux le plus appliqué à propager le culte de Ste Anne était celui des Franciscains. Or à Barr, existait le couvent franciscain St Ulrich (Klostergarten). Il est vraisemblable qu’il est à l’origine de l’Ermitage -Chapelle Ste Anne.
En 1781, l’historien Silbermann signalait encore à proximité de la chapelle dans un sentier à l’Est, une croix datée de 1504 et portant la sculpture du groupe Ste Anne, Marie et Jésus enfant, ce qu’on appelait « Anna Seldbritt », la famille de Jésus. Un bas-relief en bois sculpté d’un pareil groupe se trouve encore à l’église protestante St Pierre le Vieux à Strasbourg. On a voulu reconnaître dans ces groupes, d’inspiration byzantine et répandus dans toute la chrétienté aux 15ème et 16ème siècles, une déformation superstitieuse de la trinité divine. À tort: C’était une forme, aujourd’hui dépassée, de la piété populaire envers les saints personnages de l’histoire du salut.
Vous ne pourrez plus constater ce qu’était cette croix de Ste Anne car même le socle de la croix, encore en place en 1904, a disparu et orne sans doute à l’heure actuelle quelque pelouse fleurie de géraniums.
texte écrit en 1966 par Mr l’aumônier André Stehle.
Article de Jean-Pierre Rutsch sur la chapelle sainte Anne : article chapelle sainte-Anne
Abel offre son agneau, avant de devenir lui-même victime innocente.


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