Eglise Saint Arbogast

Du Saint Siège à Saint Pierre

CPBarr église saint-Pierre façade

L’origine du village et de sa chapelle primitive, le nom de St-Pierre et le choix du patron St-Arbogast ne sont pas vraiment connus.

Une charte datée de 1295 fait mention pour la première fois de la chapelle de St-Pierre « au haut-Stotzheim » (d’où le nom primitif de « Obernstotzen »). Le village aurait donc, à cette époque, fait partie de Stotzheim. La chapelle dépendait du couvent d’Ittenwiller, relevant lui-même directement du St siège à Rome. L’origine sans doute, du futur St Pierre.

La chapelle trop petite

L’église actuelle a été construite en 1852 à la place de la chapelle trop petite et menaçant de tomber en ruines. Le village comptait alors 500 habitants. Signe d’une époque, la moitié des paroissiens suivait les offices depuis le parvis extérieur! Le Conseil Municipal avait bien émis dès 1827, le souhait de construire un nouvel édifice, mais faute de ressources suffisantes, le projet fut sans cesse remis. Premier geste concret: l’organisation d’une collecte en 1835.

Nécessité impérieuse et urgence

Le 7 avril 1850, le Conseil de Fabrique reconnaît  » la nécessité impérieuse et l’urgence de procéder immédiatement à la reconstruction de l’église de cette commune ». Les raisons :

  • la vétusté et l’insalubrité du bâtiment humide de la chapelle.
  • l’exiguïté de celle-ci. La population ayant plus que triplé et la moitié des fidèles assistaient à l’office dehors.

Il affecte aussitôt une somme de 800F à la construction, un montant que lui doit la commune par ailleurs. L’avant-projet est aussitôt adopté. Les travaux furent confiés à l’architecte MINCK de Rosheim pour un montant de 21 841.38F. Malgré quelques économies, la commune mit en vente la moitié des terres qu’elle possédait sur Eichhoffen au lieu-dit »Heydi ». Aux 12 600 F réunis s’ajoutèrent des subventions de l’Etat (2 000 F), de la Région (200 F), l’ancienne église estimée 1 000 F. Les dons des habitants permirent d’arriver au total des dépenses de 22 000 Francs or.

Sous la protection de Saint Arbogast

Le 5 octobre 1851, Le curé Georges Ruhlmann posa et bénit la pierre angulaire en l’honneur de la Très Sainte Trinité, sous l’invocation de la Bienheureuse Vierge Marie.

La consécration de l’édifice placé sous la protection de St Arbogast intervint dès le 28 novembre 1852, en présence de Mgr André ROESS, évêque de Strasbourg, assisté de l’ensemble des curés du secteur.

En 1859 une grande croix offerte par une paroissienne fut érigée devant l’église. Elle fut par la suite déplacée pour céder la place au nouveau clocher. Elle est aujourd’hui intégrée au monument aux morts.

CPBarr église saint-Pierre clocherLe clocher

Le nouveau clocher construit et terminé en 1902 remplaçait un clocheton incorporé à la charpente de l’église. Sous l’effort et le poids des cloches, celui-ci menaçait de s’effondrer. La dépense fut couverte par le Conseil Municipal sous l’impulsion du maire de l’époque jugeant ce remplacement inéluctable.

Te Deum d’action de grâce

La première guerre mondiale ne passa pas inaperçue. En 1917, les autorités allemandes confisquèrent la grande cloche de 233 kg ainsi que 30 kg de tuyaux d’orgue pour couler des obus. Seule une petite cloche échappa à leur convoitise. Aussitôt l’amnistie signée, le Conseil de Fabrique décida le remplacement de la cloche confisquée. Elle fut bénie le 18 novembre 1923 par l’Archiprêtre GRANDADAM de la cathédrale de Strasbourg.

Le conflit de 1939-45 laissa également des traces. Le 29 novembre 1944, des obus endommagèrent gravement le clocher et firent voler en éclat les vitraux. Cela n’empêcha pas les libérateurs américains d’entonner avec les paroissiens un vibrant Te Deum d’action de grâce dès le 2 décembre. Le 8 décembre, les Français prirent la relève et aidèrent Emile Kieffer, menuisier du village, à poser des fenêtres provisoires. La grande cloche déposée préventivement retrouva rapidement sa place. Les réparations s’achevèrent en 1946.

Le centenaire

Le centenaire de l’église fut célébré avec faste le 19 octobre 1952. L’occasion aussi de bénir les nouveaux vitraux offerts pas de généreux paroissiens. En 1964, trois nouvelles cloches bénies par Mgr WEBER, évêque de Strasbourg, achevèrent de mettre le clocher au diapason. Depuis, le Conseil de Fabrique et la Commune n’ont cessé d’investir dans la bonne conservation de l’édifice: toiture, ravalement extérieur avec aménagement des abords, peinture intérieure furent les opérations les plus lourdes. Au total, près de 200 000 € financés par la générosité des paroissiens et les contributions des différentes collectivités.

Les cloches

En juillet 1917, les autorités allemandes confisquèrent la grande cloche pesant 233kg (Il ne restait alors plus qu’une petite cloche) ainsi que 30kg de tuyaux d’orgue destinés à la fabrication d’obus.

Dès mai 1919, le Conseil de fabrique décide d’acquérir une nouvelle cloche en remplacement de celle saisie par les Allemands. L’inauguration de la cloche eut lieu le 18 novembre 1923 au cours d’une cérémonie présidée par Mr GRANDADAM, Archiprêtre de la Cathédrale de Strasbourg.

octobre 1963 : La grande cloche a été refondue et une 3ème  de 400 kg fut offerte. La charpente en bois a dû être remplacée par une structure en fer pour accueillir une 4ème cloche offerte ultérieurement.

Elles ont été baptisées : Jacques pour la plus grande, Pierre Marie-Joseph la moyenne et Jean-Marie Thérèse la petite.

L’autel

Juin 1969 : une demande fut adressée à l’Evêché pour une autorisation de pose d’un autel provisoire en pierre artificielle. Elle a été accordée pour 5 ans.

L’autel sera détruit et remplacé en 1994 par l’autel actuel en marbre par la Société l’Avenir de Saint-Pierre.

Les autels latéraux furent aussi gratifiés de pièces de marbre par la Société Algra d’Eichhoffen.

Restaurer l’orgueCPBarr église saint-Pierre orgue

Prochaine opération d’envergure: la restauration de l’orgue. Acquis en 1852, auprès de l’église mixte de Barr pour 2000 F, l’instrument conserve un buffet du 18ème siècle construit par le célèbre Jean-André SILBERMANN. Une référence! Restauré une première fois en 1961 par Alfred KERN, le temps est venu de repasser par les mains expertes d’un facteur d’orgues. L’opération s’annonce délicate et conséquente sur le plan financier. Une fois de plus, paroissiens, sympathisants, et collectivités seront appelés à se mobiliser. L’enjeu est de taille: conserver et transmettre aux générations futures non seulement un instrument de valeur mais aussi un témoin majeur de notre histoire. L’orgue à travers ses majestueuses sonorités a accompagné bien des cérémonies, bien des joies et des peines des familles de Saint-Pierre.

CPBarr église saint-Pierre tableauLe tableau du chœur

Il représente dans sa partie basse le moulin vers Stotzheim. Malgré de nombreuses recherches, nous ne connaissons ni sa date d’installation ni son ou ses donateurs. Il a été intégralement restauré en 1994.

CPBarr église saint-Pierre statueLes statues

En 1988, la statue de St Arbogast a été volée. Vol commis sans effraction. Le Conseil de Fabrique décide alors de fermer l’Eglise en dehors des offices.

La statue représentant St-Antoine le Grand avec le cochon a été restaurée en 1994 par un artiste peintre, Peter Kelwinck. D’anciens paroissiens rapportent que pendant la période de la peste du cochon elle fut l’objet d’un pèlerinage sur St-Pierre. Son socle a été taillé et offert par Pierre Lavigne.

On raconte que la statue de St-Antoine l’Hermite a échappé de peu à un massacre :

Un paysan de Stotzheim voyant ses cochons dépérir, se résolut à faire appel à St-Antoine connu pour son amour des créatures du Bon Dieu. Il déposa donc dans le tronc, une offrande pour obtenir la guérison de ses animaux. Malheureusement, au bout de quelques jours, il ne constata aucun mieux, leur état s’aggravant même. Il revint auprès de St-Antoine, remit une nouvelle offrande dans le tronc, mais cette fois-ci il menaça notre saint qu’en cas de non guérison de ses porcs avant quelques jours, il lui fracassera le crâne. Le sacristain ayant entendu ces paroles menaçantes, prévint le curé qui s’empressa de substituer la statue habituellement exposée dans une niche de la nef à la petite statue habituellement exposée lors de la procession de la fête Dieu.

Les cochons de notre brave paysan continuant à crever, il revint avec une masse pour mettre ses menaces à exécution. Quand il vit la petite statue, tout étonné, il s’écria : « Mais où ton père se cache-t-il ? » Il n’osa pas toucher à la statuette et repartit en jurant qu’il ne donnera plus un sou à ce saint-là. »

Location des places dans les bancs

1951: fut fait une mention d’une location des places dans les bancs

1980: abandon de cette pratique

Le chauffage

Août 1960 : Le chauffage électrique est installé en remplacement d’un poêle à bois dont la cheminée fut détruite en 2000.

Vente de Charité

1980: mention d’une vente de charité à reproduire annuellement pour les besoins de l’Eglise. Elle est animée par le Comité de l’Ouvroir à la salle de la Mairie.

1988: 1ère fête sous la forme de repas en commun à la salle socio culturelle

Registre des délibérations du Conseil de Fabrique: La première mention date du 13 juillet 1833.

Les grands travaux récents

1981: Début d’un chantier extérieur et intérieur de l’Eglise et ses abords en commençant par la charpente et la couverture, collecte et évacuation des eaux pluviales pour assainir les murs – coût estimé à F 418.000.-

1983: Une porte de secours sur le côté droit esi installée et les deux ventaux de l’entrée principale sont remplacés, travaux exécutés par l’entreprise Breba de Saint-Pierre

1991: Vente du terrain « la Pfarmatt » à la commune de St-Pierre, autorisation accordée par le Préfet et l’Archevêque de Strasbourg

Le puits désaffecté dans le jardin du curé avait déjà été cédé à la commune qui l’a installé au croisement rue Principale/rue de l’Eglise en 1980. Mise aux normes du paratonnerre.

1994: Peinture intérieure : durant les travaux de peinture un jeune peintre est tombé de l’échafaudage et s’en est tiré sans aucun dommage.

1995: Réaménagement par la commune du presbytère. Création de 2 logements, 2 salles de réunion et un bureau du curé. Le logement au 1er étage est loué à titre précaire en cas d’affectation d’un nouveau curé sur la paroisse le curé en fonction habitant aux Missions Africaines. Pour les besoins du diocèse, M. le curé a mis à disposition son bureau à Mme Oster, coopératrice paroissiale en mission évangélique du diocèse de Barr. Un contrat fut élaboré.

CPBarr église saint-Pierre rampe1999: La tempête fit s’envoler une partie de tuiles et un vitrail s’est trouvé en mauvaise posture.

2010   l’Eglise s’embellit par la mise en place d’une rampe d’escalier en fer forgé permettant une sécurité aux personnes, réalisée par la ferronnerie d’art Muller de Scherwiller Une partie du sol de la tribune et nef fut remplacée afin d’atténuer les bruits du vieux parquet.

2013   Mise en place par la commune d’une rampe d’accès « handicapés ».

Durant les vingt dernières années la commune a totalement refait les alentours de l’Eglise et installé l’illumination.

Les curés

Ils ont été très nombreux à officier à Saint-Pierre. Les derniers étant des pères des Missions Africaines.

Le Père Joseph Fuchs fut le dernier à avoir habité au presbytère. Il a été installé en novembre 1984

Le dernier en poste était le Père Roger Moritz depuis le 26 septembre 1993. Il a pris sa retraite en 2011. Une messe d’action de grâce fut célébrée en l’Eglise de Stotzheim, paroisse qu’il administrait également.

L’église et son clocher caractérisent nos villages.

Témoin de l’histoire, ce patrimoine commun a toujours été au cœur d’une coopération active entre le Conseil de Fabrique et le Conseil Municipal. Il a également suscité de nombreux engagements bénévoles et le soutien de généreux donateurs. Le bon état des lieux est le fruit de cette unité d’action. Puisse-t-elle encore durer longtemps!

  Extraits des registres de délibérations du Conseil de Fabrique

                                                           Mise à jour en janvier 2015