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« 24 ans d’Art Contemporain dans les églises ! »

Du 31 mai au 15 octobre 2022

de Wissembourg à Feldbach
(plus Strasbourg et Kehl) 17 paroisses

Laurence Levardlaurence.levard@diocese-alsace.fr – 06 86 45 47 52

Le Chemin d’art sacré, une initiative du diocèse de Strasbourg

Initiative du père Charles Singer, le Chemin d’art sacré est né d’une intuition formidable : réaliser des expositions d’art contemporain dans certaines églises remarquables d’Alsace, du Haut et du Bas -Rhin avec des artistes qui créent pour le lieu.

Ces artistes sont accompagnés dans leur projet par la personne, responsable du Chemin d’art sacré, hier Bertrand Schlund, aujourd’hui Laurence Levard. Deux années sont souvent nécessaires à cette préparation. Il s’agit d’un cheminement spirituel et artistique qui est proposé au visiteur par l’artiste avec un thème donné comme fil conducteur, appuyé par une citation biblique.

Depuis plus de 23 ans, près de 100 000 touristes suivent cette kyrielle d’expositions avec intérêt, qu’ils soient alsaciens, touristes français ou étrangers, notamment des allemands qui s’enthousiasment pour ce parcours. Rares sont les festivals d’art sacré en France, Paris, Senlis, Lyon, Autun et Reims en organisent régulièrement. Le Chemin d’art sacré est par conséquent une chance pour l’Alsace.

La 24ème édition

L’été 2022, de début juin à mi-octobre, le Chemin d’art sacré innove encore cette année en élargissant son circuit et en passant de quatorze à dix-sept églises. Ces trois églises supplémentaires sont celle de Sainte-Marie à Mulhouse, et celles de Saint-Pierre-le-Jeune à Strasbourg et de Saint-Jean-Nepomuk à Kehl. S’y rajoutent exceptionnellement dans le cadre d’un projet franco-allemand oecuménique, porté de part et d’autre du Rhin, avec pour thème commun, le « paradis perdu », les deux églises protestantes de Saint-Pierre le Jeune à Strasbourg et celle de la Paix à Kehl. Murbach et Lautenbach sont fermées pour travaux !

Télécharger la brochure

De Wissembourg à Feldbach, le Chemin d’art sacré déroule une 24ème édition riche et variée, avec 23 artistes. Peintures, sculptures, gravures, photographies, bannières en témoignent et réjouiront les uns et les autres en vous invitant à la découverte de leurs univers …

Catherine Chantilly

Édito

C’est sous la plume de Dostoïevski, plus précisément dans son roman, L’Idiot, et dans la bouche de son personnage principal, le prince Mychkine, que l’on trouve cette formule fameuse et surprenante. La beauté sauvera le monde ! Comment trouver la Beauté et la sauvegarder pour sauver un monde meurtri ?

Vaste entreprise… Déjà Baudelaire indiquait que « chacun se blesse au contact de la Beauté et qu’elle trône dans l’azur comme un sphinx incompris ». Fragile, éphémère, singulière, fascinante, extérieure, intérieure est la Beauté. Mais elle est également image du sacré, l’un des attributs de Dieu.  » Tard, je vous ai aimé Beauté si ancienne et si nouvelle ; tard, je vous ai aimée. C’est que vous étiez au-dedans de moi et, moi, j’étais en dehors de moi » écrivait St Augustin

« Parler d’art, c’est parler de Beauté. Comme la nature est en fait le langage divin du beau, la nature en est, d’intention manifeste le langage humain », écrivait le cardinal Mercier [1]. De Wissembourg à Feldbach, en passant par Strasbourg et Kehl, les artistes du 24ème Chemin d’art sacré nous en montrent de beaux témoignages. Un projet oecuménique et franco-allemand a lieu à Strasbourg et à Kehl cette année avec comme thème commun, celui du « paradis perdu ».

Ne sommes-nous pas encore nostalgiques d’une sorte de « paradis perdu » et d’une harmonie détruite par la faute de l’homme ? Il nous paraît bien loin cet Eden tant l’homme a abimé la nature et oublié qu’il devait la respecter en tant que co-créateur à l’image de Dieu.

Dante décrit le paradis comme suspendu dans les airs. Milton, poète anglais a écrit au XVIIIème siècle un long poème intitulé « paradis perdu » où il dépeint la vie d’avant et d’après la chute. « Dans nos sociétés sécularisées, indique Anne-Marie Saunal, psychanalyste, paradis et enfer continuent d’habiter le psychisme de nos contemporains. » « Le paradis apparaît comme le souvenir inconscient d’une expérience paradisiaque in utero ou bien la réponse à un désir d’une communion avec Dieu, miséricordieux », ajoute Benoît de Sagazan .

Le paradis, nous dit Pierre Miquel est le type même de l’utopie, (…). Chercher à le réaliser sur terre soutient le dynamisme de l’existence mais ne peut-être qu’une illusion si (…), on ne met pas son espérance dans un paradis réel mais inimaginable : le lieu de Dieu.

« L’art a un double but : mettre le vrai en lumière et le beau en valeur. (…) La matière propre des arts, c’est le sensible, (…) et surtout le fait humain. (…) Les Beaux-arts en un mot vivent de la réalité [2] » Fruits d’une expérience intérieure et intime loin du brouhaha et de l’agitation du monde, l’art comme l’idée du paradis incitent à nous émerveiller, à cultiver notre regard, notre foi, notre altérité et notre âme. Tel « le papillon, silencieux, fragile et vigoureux, qui n’est le prédateur de personne et est le symbole du souffle vital »,[3]. Mais le monde sauvera-t-il la beauté ?

Laurence Levard, responsable du Chemin d’art sacré


1. Revue néoscolastique de philosophie, Louvain, février 1908 p 12
2. Idem pp18-19-20
3. Gravé par Sylvie Bethmont, artiste exposant à St Pierre le jeune catholique

Le 24e « Chemin d’art Sacré en Alsace », initiative de l’Église catholique en Alsace, est organisé par l’Archevêché de Strasbourg. Il est soutenu par les communautés paroissiales et les municipalités qui accueillent les différentes expositions.

Expositions ouvertes au public tous les jours
du 31 mai au 15 octobre de 9 h à 18 h – Entrée Libre (sauf Molsheim).

Manifestations placées sous le patronage de Mgr Luc RAVEL, Archevêque de Strasbourg.