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L’église Notre-Dame de l’Assomption de Rouffach

L’église Notre Dame de l’Assomption de Rouffach, un joyau de pierres et de verre…

Du haut de ses 68 mètres, le clocher octogonal de notre belle église est visible de loin et attire nombre de visiteurs, curieux de comprendre pourquoi un édifice d’une telle taille trône au cœur d’une ville somme toute assez modeste.

Pour le comprendre, il faut se plonger dans l’histoire de notre cité et remonter au début du Moyen-Age ; en 662 si l’on en croit la charte conservée aux Archives Départementales de Colmar, au VIè siècle plus exactement.

A cette époque,  l’Alsace fait partie de l’Austrasie, avec toutes les provinces rhénanes des Francs.

Les évêques sont alors des relais exclusifs du pouvoir royal dans les cités. Vers 550-570, un certain Arbogast, originaire d’Aquitaine, est intronisé évêque de Strasbourg par le roi d’Austrasie, soucieux d’asseoir le pouvoir franc dans la région et de développer la christianisation  de l’actuelle Alsace.

On attribue à cet évêque la guérison miraculeuse de Siegebert, fils du roi  Dagobert II, mortellement blessé par un sanglier lors d’une chasse dans la forêt d’Ebersmunster. C’est pour remercier Arbogast que Dagobert lui aurait fait don de Rouffach et des territoires environnants, comme l’atteste la charte de 662. « Aurait » car, en réalité, les deux personnages n’ont pu se rencontrer : Arbogast vécut au VIè siècle, tandis que   Dagobert II régna au VIIè siècle ! Il s’agit d’une belle légende.

En revanche, il est exact que Dagobert II admirait l’œuvre de christianisation et l’aura locale d’Arbogast, et qu’il versa de l’argent au monastère de Surbourg (fondé par Arbogast !) Exact également, que le prince –évêque de Strasbourg fit de Rouffach la capitale de ses possessions dans l’actuel Haut-Rhin : le Haut Mundat.

En tant que capitale, Rouffach se devait d’avoir une église majestueuse !

L’édifice actuel comporte des éléments du XIè siècle, et a été remanié jusqu’au XIXè siècle. Outre ses dimensions importantes (une nef de 64 mètres de long et 17,5 mètres de hauteur, un transept de 25 mètres, une flèche de 68 mètres, un clocher de 56 mètres), il illustre aussi bien l’art roman, que gothique et néo-gothique.

Un véritable livre d’histoire (s) et d’architecture ! Un condensé d’influences bâloises (puisque Rouffach relève de l’évêché de Bâle pour les questions spirituelles !), strasbourgeoises, bourguignonnes et même parisiennes !

Visiteurs de passage, n’hésitez pas à y faire une halte, et si je n’avais le temps de vous y faire découvrir qu’une chose, ce serait la grande rose !

Cette merveille est placée sur le massif occidental, commencé au début du XIVè siècle. C’est l’époque du célèbre maître-d’œuvre Wölflin de Rouffach, qui s’inspire pour cette construction de la façade principale de la cathédrale de Strasbourg.

Présentée en retrait, comme dans un écrin, cette rosace a pour modèle celle du croisillon Sud de Notre-Dame de Paris (qui présente 12 lancettes entourant un médaillon central représentant le Christ en majesté), laquelle a également été copiée à Sens. De fait, Wölflin travailla au chantier de Sens ; s’inspirant de sa grande rose, il créa celle de Strasbourg  et celle de Rouffach!

Dans la symbolique romane, les rosaces représentent les fleurs du Paradis, semblables à des roses aux pétales de verre multicolores.

Dans un carré de pierre sculptée, dont les angles inférieurs sont ajourés (alors qu’à Strasbourg, ils sont aveugles), l’artiste insère une grande rose, ronde, symbole du ciel et de la perfection divine. En son centre, on peut admirer le Christ en gloire avec son auréole cruciforme. Jésus, l’Alpha et l’Oméga ; Jésus, commencement et fin de toute chose. Jésus au cœur de la Création, au centre des préoccupations chrétiennes.

Autour de Lui, chaque pétale coloré met l’autre en valeur dans un tourbillon de couleurs. Car la verrière de Rouffach est très colorée et fait la fierté des Rouffachois : imaginez, elle présente 20 lancettes (ou pétales) alors que celle de Strasbourg n’en compte que 16 !

Venez l’admirer lorsque le soleil se met à décliner et à l’embraser : des touches colorées se révèleront alors sur les murs de la nef… Un spectacle de toute beauté ! Une merveille de verre, sertie de pierres ! Une découverte incroyable ; inoubliable !

Marie-Anne Brun,

Equipe pastorale du tourisme, Communauté de paroisses de Rouffach