Homélie pour la fête de l’Annonciation

Réflexion revue et corrigée pour la fête de l’Annonciation du Seigneur à la Vierge Marie en ce temps de pandémie 2020. (par le P. Dominique Kress)

Chers Amis, la fête de l’Annonciation de Jésus à la Vierge Marie par l’Ange Gabriel nous invite à réfléchir sur ce jour béni proposé par la Liturgie de l’Eglise.

Annonciation d’une bonne nouvelle ? Oui, mais aujourd’hui, J’aimerais tellement vous annoncer que le virus est vaincu et que tout va bien à nouveau ! J’aimerais tellement vous annoncer que nous sommes sortis de ce temps d’incertitudes et d’angoisses…

Mais dans la foi je vous Annonce que nous sommes toujours en prières et que nous sommes devant le Bon Dieu et crions : « Seigneur, viens à notre aide… »

Je vous soumets alors une autre annonce, une autre réflexion. En lisant l’Evangile de ce jour, à votre avis, est-il permis de se poser cette question : que faisait Marie ? Notre Maman du Ciel, que faisait-elle lorsqu’elle reçut l’annonce de l’ange ? L’évangile ne précise rien. Regardez pourtant, les grands peintres du Moyen Age et de la Renaissance ont aimé représenter Marie tenant le livre des Écritures ouvert dans sa main. Oui, Serait-ce trop exact pour être la vraie ? Peut-être, tout simplement, Marie était confiné ? En train de faire le ménage, de repasser les habits de Joseph ? ou de préparer le repas ; ou bien, de coudre sa robe de noces : parce que le jour de son mariage avec Joseph approchait. Et pourtant je crois que Philippe de Champaigne (1664) et les autres peintres certainement aussi, ont eu une intuition très juste et très profonde. Pourquoi ? Parce que, avant d’être mère, Marie est jeune fille. Vierge et Mère (comme l’exprime la prière du « Ave Maria » et le Concile Vatican II), la virginité est signe de pleine disponibilité à Dieu, pure écoute et accueil sans réserve.

Marie, notre petite fille de Nazareth, a d’abord accueilli la Parole de Dieu dans son cœur, avant d’être appelée à concevoir la Parole, le Verbe, dans sa chair. (Prologue de St Jean) Regardons par exemple Saint Augustin. Il a exprimé cela dans une de ces admirables phrases dont il avait le secret (Sermon 215, 4), « concevant le Christ dans son âme avant de le concevoir dans son sein ».

Aucune personne n’a jamais été, comme Marie, pleine de grâce ; cette innocence d’accueil du cœur et cette pure obéissance à l’égard de Dieu. C’est pourquoi, lorsque l’ange Gabriel lui annonce le message bouleversant, Marie peut se faire toute disponibilité : « Que tout se passe pour moi selon ta Parole. » Le Fiat de Marie qui nous fait devenir « Enfant de Dieu ». Ainsi, la Vierge devient féconde, Marie la Femme, devient enceinte de la Parole, du Verbe, et elle peut l’enfanter comme son propre fils et comme le Fils unique du Père.

Marie est sainte et grande de par sa maternité divine. Mais, je pense que la grandeur de Marie est dans ce « oui », cette « adhésion » de toute sa liberté, de tout son être, à la Parole de Dieu ; la grandeur est dans la transpiration de liberté et d’amour, dans ce « oui » que Marie répond à Gabriel, le messager.

C’est à ce moment-là seulement, que Dieu redevient créateur, il conçoit dans le sein de Marie, l’Emmanuel. Il va s’incarner dans le sein et porter un fruit merveilleux, Jésus, notre Seigneur !

Marie, Notre Dame, a été la Mère de Dieu dans sa chair à un moment donné de l’histoire des Hommes : c’est là son rôle unique dans l’histoire de notre Foi.

Maintenant chers Amis, à notre tour. Durant ce temps difficile, nous les enfants de Dieu de par notre Baptême, nous sommes tous appelés à accueillir et à enfanter le Verbe dans notre existence pour l’annoncer au monde. Rappelons-nous cette parole de Jésus : « Quiconque fait la volonté de Dieu, voilà mon frère, ma sœur, ma mère. » (Mc 3, 35) Puisse la Vierge Marie nous obtenir la grâce d’enfantement dans ce monde qui a tant besoin d’Amour. Bonne route dans votre vie de Foi. Amen !

©Aelf, abbaye ND Tamié, œuvre «Annonciation » de Philippe de Champaigne 1664, et diverses sources….