KT : Prendre le temps de relire ce que nous avons vécu pendant ces derniers mois

Relire pour donner du sens

Relire, c’est permettre de regarder une expérience de la vie quotidienne, de prendre de la hauteur, de la distance.

C’est aussi la confier au Seigneur, et plus encore, regarder les traces du Seigneur dans ce moment de vie.

Tout le long des évangiles, Jésus a vécu la relecture et on le voit déchiffrer la volonté de son Père dans le monde et au coeur de sa vie quotidienne : dans les rencontres qu’il fait, avec les disciples, les malades, les petits, les exclus, les pharisiens… et aussi dans les événements quels qu’ils soient.

On le voit souvent prendre de la distance et se mettre en prière. Ensuite, il initie cette pédagogie de la relecture pour ses disciples. Il les invite à s’asseoir, à se mettre à l’écart et à aller au-delà, pour revenir à la source, celle qui lui est donnée par le Père.

Nous aussi, il nous faut prendre de la distance. Prendre le temps de nous asseoir pour faire le point, pour faire mémoire. Évoquer quelque chose du passé, heureux ou malheureux, pour en trouver le sens.
La relecture personnelle, ou avec d’autres, aide à donner du sens et une direction.

Mais attention, la relecture n’est pas une démarche nostalgique ou introspective. Il ne s’agit pas de se juger. Ce n’est pas une manière de regarder ce qui nous empêche d’avancer. Au contraire… Il s’agit de prendre conscience de ce qui se passe en soi, de pouvoir nommer ses sentiments, ses pensées qui nous habitent, ce que cela produit en nous et aussi ce que nous en faisons et pourquoi.

Ces deux mois confinés nous ont atteints, pour certains dans notre propre corps ; pour d’autres dans la maladie, voire la mort de personnes proches ; pour tous, par des changements dans nos habitudes de vie, de travail.

Notre manière de faire la catéchèse a été stoppée nette. Il a fallu organiser les choses autrement, communiquer autrement, inventer ou laisser tout jusqu’à des jours meilleurs.

Pour beaucoup, cela fait maintenant près de trois mois que les équipes de catéchistes, comme les équipes catéchèse, ne se sont plus retrouvées.

Nous vous proposons de faire un premier bilan, quelques temps après le début du déconfinement, pour relire ce qui a été vécu et le placer sous le regard de Dieu.

Préparation

Allumer une bougie, ouvrir une Bible et se mettre devant une icône ou une croix.

Prendre 2 à 3 minutes pour me recentrer, pour respirer profondément. J’adopte une position confortable.

Prendre conscience de ce que j’éprouve dans l’instant. S’il m’est difficile d’être calme, si je me sens frustré(e) ou stressé(e), je le reconnais.

Dieu est présent dans tous les aspects de ma vie, pas seulement aux heures où la sérénité m’est facile !

Prendre le temps de la prière

Faire un beau signe de croix qui prend son temps.

Se placer sous le regard de l’Esprit en chantant « Ô Esprit de feu » :

Refrain :
Ô Esprit de feu, toi notre Seigneur,
Viens sois le maître en nos coeurs,
Viens Esprit de Dieu.

1. Viens, Esprit de Sainteté,
Viens, Esprit de vérité !
Viens, Esprit de charité,
Viens, nous recréer !
2. Viens, Esprit consolateur,
Viens, toi qui connais nos peurs !
Viens, apaise notre coeur,
Toi, le Défenseur !
3. Viens, et brille dans la nuit,
Viens, réchauffe et purifie !
Viens, feu qui nous es promis,
Transforme nos vies !

Introduction

Un soir, Nicodème, un pharisien, vient trouver Jésus. Il doute, il hésite, il a besoin de lui poser des questions. Il ne sait plus trop où il en est.

Mais il risque une première ‘confession de foi’ : « Rabbi, nous le savons, c’est de la part de Dieu que tu es venu comme un maître qui enseigne, car personne ne peut accomplir les signes que toi, tu accomplis, si Dieu n’est pas avec lui. »

Comme Nicodème, nous aussi nous avons des questions à poser à Jésus. Ce virus, cette épidémie, cette pandémie, ces milliers de morts, le confinement, les conséquences économiques, la privation des célébrations nous ont fait perdre nos repères ; comment voir clair, … ?

Jésus invite Nicodème à laisser l’Esprit travailler en lui. Il l’invite à renaître, à renaître de cet Esprit qui peut créer des choses nouvelles quand on pense que les choses sont terminées, quand on ne voit plus d’avenir ou d’issue ….

Lecture de la Parole de Dieu – Jean 3, 1-8

Il y avait un homme, un pharisien nommé Nicodème ; c’était un notable parmi les Juifs.

Il vint trouver Jésus pendant la nuit. Il lui dit : « Rabbi, nous le savons, c’est de la part de Dieu que tu es venu comme un maître qui enseigne, car personne ne peut accomplir les signes que toi, tu accomplis, si Dieu n’est pas avec lui. »

Jésus lui répondit : « Amen, amen, je te le dis : à moins de naître d’en haut, on ne peut voir le royaume de Dieu. »

Nicodème lui répliqua : « Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il entrer une deuxième fois dans le sein de sa mère et renaître ? »

Jésus répondit : « Amen, amen, je te le dis : personne, à moins de naître de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu.

Ce qui est né de la chair est chair ; ce qui est né de l’Esprit est esprit.

Ne sois pas étonné si je t’ai dit : il vous faut naître d’en haut.

Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit. »

Méditation

Je peux garder un moment de silence et laisser telle ou telle parole entrer dans mon coeur.

Je laisse particulièrement résonner la parole de Jésus : « Le vent souffle où il veut, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit ».

Je peux demander au Seigneur de me rendre disponible pour accueillir son Esprit et laisser naître en moi ce qu’il me proposera en cette période si différente.

Je garde un petit moment de silence.

Je peux confier ce temps de bilan à Marie en priant « Je vous salue Marie ».

Le temps de la réflexion personnelle

Naître… Renaître… Les dernières semaines que nous venons de vivre nous ont très certainement amenés à reconsidérer ce qui faisait notre quotidien, ce qui était important alors, ou ce que nous avons peut-être négligé..

“Renaître”… Après ce temps de confinement, nous ne sommes très certainement plus exactement les mêmes. L’hiver du mois de janvier a laissé place au printemps ensoleillé où l’on sème.

Prions l’Esprit Saint afin qu’il soit le moteur de tout ce que nous entreprendrons dans les prochains jours, les prochaines semaines ou les prochains mois! Oui, la vie est plus forte que la mort! Alléluia!

  • Quand je me regarde vivre et réfléchir aujourd’hui, quels sont les changements factuels que je ressens par rapport à hier ?
  • Dans mon quotidien : Est-ce que les choses n’ont pas ou peu bougé pour moi, ou au contraire ont-elles beaucoup changé ?
  • Dans ma vie personnelle et familiale. Selon les situations le questionnement sera évidemment différent. Ce qui est intéressant ici, c’est de repérer si et comment les changements imposés m’amènent à voir autrement mes activités (sports, loisirs, pratiques culturelles, bénévolats,…), mes relations (famille, amis, …), à réviser leur importance dans ma vie.
  • Dans mon regard sur les questions de société. Mes opinions sur différents sujets (santé, économie, environnement, politique, social, …) ont-elles bougé ? En quels sens ?
  • Est-ce que ma façon de penser à ma mission de catéchiste s’est (un peu, beaucoup) modifiée ?
  • Y a-t-il eu une place pour la créativité ? Si oui, laquelle ? Qu’est-ce qui a fonctionné ? Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ou moins bien ?
  • Comment j’envisage la suite ? Quelles seraient mes propositions ?
  • Nicodème est invité à renaître, à devenir un homme nouveau. Comment est-ce que je comprends cette invitation de Jésus ? Comment résonne-t-elle pour moi, en moi ?
  • Comme chrétien, comment est-ce que je comprends et je vis ce processus de « naissance » quasi quotidienne, sans cesse à nouveau présentée ?
  • Alors que les célébrations communautaires reprennent en la solennité de la Pentecôte, qu’est-ce que je demande au Saint-Esprit pour moi, pour l’Eglise, pour l’activité catéchétique ?

Temps d’échange

Nous pouvons lire ensemble et méditer ce texte tiré de l’homélie du Pape François pour la Vigile Pascale (11 avril 2020)

« Soeur, frère, même si dans ton coeur tu as enseveli l’espérance, ne te rends pas : Dieu est plus grand. L’obscurité et la mort n’ont pas le dernier mot. Confiance, avec Dieu rien n’est perdu. (…)

Avec toi, Seigneur, nous serons éprouvés mais non ébranlés. Et, quelle que soit la tristesse qui habite en nous, nous sentirons devoir espérer, parce qu’avec toi la croix débouche sur la résurrection, parce que tu es avec nous dans l’obscurité de nos nuits : tu es certitude dans nos incertitudes, Parole dans nos silences, et rien ne pourra jamais nous voler l’amour que tu nourris pour nous. (…)

Le Seigneur nous précède, il nous précède toujours. Il est beau de savoir qu’il marche devant nous, qu’il a visité notre vie et notre mort pour nous précéder en Galilée, c’est-à-dire dans le lieu qui pour lui et pour ses disciples rappelait la vie quotidienne, la famille, le travail. (…)

Jésus envoie là, il demande de repartir de là. (…)

Qu’il est beau d’être des chrétiens qui consolent, qui portent les poids des autres, qui encouragent : annonciateurs de vie en temps de mort ! En chaque Galilée, en chaque région de cette humanité à laquelle nous appartenons et qui nous appartient, parce que nous sommes tous frères et soeurs, portons le chant de la vie ! ».

L’espérance, la confiance et la puissance de la vie sont au coeur de l’homélie de cette Vigile Pascale. Il ne s’agit pas d’optimisme, mais des fondamentaux de la foi qui structurent le croyant.

Ce sont des notions vivantes, des dons qui viennent de Dieu. Le coeur de la mission du catéchiste réside dans le témoignage de ce don de la confiance, de la vie, de l’espérance chrétienne qui ouvrent à la communion avec Dieu et avec les autres.

Le catéchiste est aussi un accompagnateur sur ce chemin de vie et de foi. En annonçant le Christ ressuscité, il met toute vie en avant, avec cette Présence qui nous devance toujours. Le catéchiste est porteur de vie, de confiance et d’espérance !

Nous pouvons échanger ensemble sur ce que ces paroles font résonner en moi dans la situation présente :

  • Nourrissent-elles ma foi ? Sont-elles une source de réconfort, si j’en éprouve le besoin ? Si oui, comment, lesquelles ?
  • Me donnent-elles à réfléchir sur certains aménagements que je pourrais envisager dans mes choix, mon mode de vie ?
  • M’incitent-elles à porter un regard plus confiant sur les nombreuses inconnues de la sortie de la crise, à repenser le rôle de l’Église dans notre monde ? Et en particulier la mission de catéchiste ?

Pour illustrer cette espérance de Pâques, nous pouvons regarder la vidéo d’un choeur virtuel filmé pendant le confinement « In resurrectione tua »

Temps de prière

Prendre un chant, par exemple : JE VEUX CHANTER TON AMOUR, SEIGNEUR

Refrain : Je veux chanter ton amour, Seigneur,
Chaque instant de ma vie.
Danser pour toi en chantant ma joie
Et glorifier ton Nom.

1. Ton amour pour nous
Est plus fort que tout
Et tu veux nous donner la vie,
Nous embraser par ton Esprit.
Gloire à toi !

2. Oui, tu es mon Dieu,
Tu es mon Seigneur.
Toi seul es mon libérateur,
Le rocher sur qui je m´appuie.
Gloire à toi !

3. Car tu es fidèle,
Tu es toujours là,
Tout près de tous ceux qui te cherchent,
Tu réponds à ceux qui t´appellent.
Gloire à toi !

4. Voici que tu viens
Au milieu de nous,
Demeurer au coeur de nos vies
Pour nous mener droit vers le Père.
Gloire à toi !

Chacun peut confier une intention de prière.

Tournons-nous vers Notre Père en disant : « Notre Père ».

Traçons sur nous le signe de croix.

Et maintenant….

Le Pape François a annoncé une année Laudato Si du 24 mai 2020 au 24 mai 2021.

Cette année commence à la sortie du confinement, marquée par tout ce qui aura été vécu en raison de la pandémie.

Puisque nous sommes invités à « renaître », nous proposons, quand cela sera possible et où cela sera possible, de planter un arbre.

Son arbre. L’arbre de l’après confinement. L’arbre qui représente tant de chose. Un peu à la manière du peuple de l’Ancienne Alliance qui aimait laisser des lieux et des objets à caractère mémoriaux (pierres, autels, …).

Il s’agit d’enraciner quelque chose pour laisser ensuite le temps à la nature de faire son travail. Il s’agit de participer à l’effort spirituel auquel le Pape invite, celui d’une écologie intégrale au service de l’homme tout entier en communion et en rapport ajusté avec la nature.

Il s’agit de laisser une trace pour les générations suivantes.

On peut la faire soi-même, ou en équipe de catéchistes, en groupe constitué, …