André Dangel, Diacre permanent est décédé le 24 juin 2019

En septembre 2018 nous avons pleuré le décès de Monique Dangel, et célébré sa messe d’A-Dieu à l’église Saint Martin de Sierentz. Qui aurait pensé alors que nous nous retrouverions, pas même un an plus tard, dans cette même église, pour confier à la miséricorde de Dieu son époux tellement aimé, le papa exemplaire de six enfants, et le diacre permanent depuis 37 ans ? Neuf mois lui ont été donnés pour se préparer à la grande rencontre avec notre Seigneur et aux retrouvailles avec sa chère épouse.

Certes, il était malade, gravement malade. Une dialyse trois fois par semaine et le diabète, qui lui a coûté l’amputation de la jambe droite, ont affaibli son corps. Mais que la mort le rattraperait si rapidement a été une surprise pour toute sa famille, ses frères dans le diaconat permanent et ses frères et sœurs dans la Communauté de paroisses de Sierentz. Il s’est endormi paisiblement dans la nuit de dimanche à lundi, visiblement sans souffrance. Malgré ses maladies graves, il n’a jamais cessé de louer le Seigneur et de chanter tous les soirs le Magnificat. Il avait toujours son bréviaire à portée de la main, en accomplissant avec fidélité sa mission de diacre pour la prière, et il priait dans une conviction indéfectible en l’amour de Dieu.

André était un homme de paroles qui, comme secrétaire de mairie, connaissait tous les décrets et tous les règlements.

Il était un enseignant, et plus tard un directeur d’école compétent, qui préparait ses élèves aux réalités de la vie.

Et il était un homme des chiffres, un trésorier fidèle de la Caisse de solidarité des diacres.

Mais André était surtout un croyant. Pendant toute sa vie il s’est laissé émerveiller par le fait que Dieu se révèle aux hommes et se laisse trouver dans les grands événements et dans les détails les plus minimes de la vie de tous les jours. Un Dieu qui se laisse trouver dans l’amour entre un homme et une femme, dans la vie d’une famille unie, dans l’amour d’un enfant accueilli à bras ouverts, dans un geste de charité sans limites. Un Dieu qui se laisse trouver aussi dans la beauté de la liturgie. André aimait tant les grandes célébrations, l’odeur de l’encens et les ornements festifs. Il était heureux de mettre l’étole brodée par Monique à l’occasion de son ordination. Il était attentif à chaque petit geste qui forme avec tous les autres l’ensemble d’une prière communautaire éclatante de joie et d’espérance, qui est l’avant-goût du ciel nouveau et de la terre nouvelle, la Jérusalem céleste.  Il a su découvrir les signes de la présence de Dieu parmi nous. Il les a cherchés avec son cœur, avec ses yeux, avec son intelligence.  Avec une grande disponibilité et avec l’audace de risquer quelque chose. Le Concile Vatican II et l’ouverture du ministère aux hommes mariés dans le diaconat permanent étaient pour lui un signe de la force de l’Esprit Saint. Il faisait partie des premiers hommes (les tout premiers ont été ordonnés en 1981, André en 1982) qui ont accepté après une longue préparation d’être ordonnés sans savoir exactement vers où Dieu les mènerait, et cela malgré des obstacles, des résistances, des angoisses. Actuellement il y a à peu près 100 diacres rien que dans le diocèse de Strasbourg.

Souvent la foi en Dieu est secouée fortement quand la maladie, la souffrance et la mort pénètrent dans la vie. André a pu supporter la maladie et la mort de son épouse, sa propre maladie, la perte de sa mobilité et de son indépendance, avec une confiance sans faille. Il a tout accepté, parce que toutes ces pertes et ces coups durs n’ont jamais affaibli son désir de rencontrer à la fin Celui qui est notre Dieu et qui nous a promis d’essuyer toutes nos larmes.

« A celui qui a soif, moi je donnerai l’eau de la source de vie, gratuitement. (…) Je serai son Dieu, et lui sera mon fils. » (Apocalypse de St Jean, chapitre 21, versets 6b-7),

Hubert Wischnewski,