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L’église Saint Pie X

Après la Seconde Guerre mondiale, la ville de Thann, comme l’ensemble de l’Europe, connaît une augmentation de la population importante, le tout dans une période de prospérité économique que l’on appelle les Trente Glorieuses.

Ainsi, la ville s’agrandit et de nouveaux quartiers voient le jour, éloignés du centre-ville historique. C’est alors que sous l’impulsion du curé-doyen Robert Barth que le Conseil de Fabrique de la paroisse Saint-Thiébaut décide d’ériger une église dans le secteur du Blosen. Elle est placée sous le patronage du pape Saint Pie X (né Giuseppe Melchiorre Sarto), qui a régné de 1903 à 1914.

Le premier coup de pioche du chantier a été officiellement donné le 15 août 1958, jour de l’Assomption. L’édifice est consacré par l’évêque de Strasbourg, Mgr Jean-Julien Weber, le 3 septembre 1961.

De l’extérieur, l’église Saint Pie X est du style contemporain typique des églises érigées lors de la seconde moitié du XXe siècle. Le clocher est un campanile séparé du reste du bâtiment. Dans sa modernité, l’intérieur est simple et épuré. On trouve des bas-reliefs du sculpteur-modeleur cracovien Jean Lambert-Rucki (1888-1967) représentant la Vierge Marie et Saint Pie X.

Les vitraux de la nef ont été réalisés d’après des cartons du peintre-aquarelliste alsacien René Kuder (1882-1962). Ils illustrent les 14 stations du Chemin de Croix. Il y a également un grand vitrail abstrait.

Encore aujourd’hui, les paroissiens se retrouvent régulièrement dans cette église pour les célébrations, mais aussi pour diverses rencontres, conférences ou concerts.

La Collégiale Saint Thiébaut

La Collégiale Saint Thiébaut de Thann est une ancienne collégiale aujourd’hui église paroissiale.
Elle est considérée comme une œuvre majeure de l’art gothique rhénan. Sa construction s’étalant sur plusieurs siècles est un témoin de l’évolution de cette architecture : primitif, rayonnant puis flamboyant, avec quelques touches de la Renaissance.
Les Thannois se plaisent à dire en parlant de leur clocher : « Strasbourg a le plus haut, Fribourg le plus gros, Thann le plus beau ! »

La légende fondatrice de Thann date sa fondation au 1er juillet 1161. Son château est mentionné pour la première fois en 1234 et Castrum Tanne obtient le statut de ville en 1290.
Une église est mentionnée, dédiée à Saint Ubaldo Baldassini, traduit localement en Theobald puis Thiébaut.
L’édifice abrite alors la relique d’un de ses doigts qui, amené d’Italie, se serait miraculeusement arrêté à Thann si l’on se fie à la légende.

Cette église est d’abord un petit édifice qui se limite aux actuelles nef sud et Chapelle Saint Thiébaut.
Elle est peu à peu agrandie au cours du Moyen-Âge, particulièrement sous le règne de la comtesse Jeanne de Ferrette au XIVe siècle ; on y ajoute la nef centrale, le chœur et la Chapelle de la Croix.
Le grand portail, côté ouest, unique au monde par son triple tympan, est achevé vers 1400.
La consécration du chœur a lieu en 1432, peu de temps avant que le Collège des Chanoines de Saint-Amarin ne s’installe à Thann. La ville est alors un centre important de pèlerinage, grâce à Saint Thiébaut et à sa position sur la route allemande de Compostelle. En l’an 1442, l’église devient ainsi collégiale.
En 1492, la nef nord est terminée puis en 1495, les voutes de la nef centrale.

Le clocher, construit au XIVe siècle, est d’abord de base carrée. En 1506, l’architecte bâlois Rémy Faesch y ajoute une magnifique flèche qu’il achève en dix ans.
Au XVIIe siècle, un projet d’agrandissement du grand portail est avorté en raison de la Guerre de Trente ans et d’une épidémie de peste. De 1629 à 1631, un don fut fait par une noble locale pour construire la chapelle de la Sainte Vierge au sud de la nef, qui malgré l’époque propice au baroque respecte l’architecture gothique du lieu. En 1648, Thann devient une ville française, après de nombreux combats sanglants et de nombreux pillages perpétrés par les belligérants de la guerre, y compris les Suédois !

Lors de la Révolution, les chanoines sont chassés et la Collégiale devient un temple de la raison, avant de devenir église paroissiale.
Elle souffre alors de beaucoup de dégâts : les fresques sont recouvertes de chaux et peu d’entre elles nous sont parvenues, les tombes sont pillées et vidées, et les statues pour certaines sont démantelées. Il faut attendre jusqu’en 1914 pour qu’un sculpteur local, nommé Karl Hils, puisse en reconstruire certaines.

Quand l’Alsace devient allemande en 1871, le nouvel empire s’intéressa de près aux édifices médiévaux.
Ainsi, de 1887 à 1895, on ajouta les pinacles aux contreforts et les toits en tuiles colorées, ainsi qu’un décor de pinacles au-dessus du grand portail qui a cependant été démantelé en 1980. Les travaux sont supervisés par l’architecte Charles Winkler, parfois surnommé le « Viollet-le-Duc alsacien. »

Pendant la Première Guerre mondiale, Thann est la première ville alsacienne reprise par les Français, dès 1914. La ville se situe près de la ligne de front, notamment du Hartmannswillerkopf. Un obus pulvérise l’orgue et la rosace, tandis que le portail ouest est protégé par des barricades de bois renforcées de coton. Pendant la Seconde Guerre mondiale, c’est un mur de briques qui le protège. Lors des deux conflits, les vitraux sont démontés et cachés à l’abri des combats. Encore aujourd’hui, les murs extérieurs de l’édifice porte divers stigmates nous remémorant ces batailles, tels que des impacts de balles.

Outre l’architecture gothique, à l’intérieur de la collégiale, on notera les vitraux du choeur (XVe siècle) et les stalles, la Vierge des Vignerons (1510), la statue assise de Saint Thiébaut ainsi que l’orgue Rinckenbach-Aubertin-Gaillard, aux 55 jeux et 3836 tuyaux, qui est l’un des plus grands d’Alsace…

Ouverture tous les jours 8h30-18h (en hiver jusqu’à 17h30).

L’ancienne église Saint Blaise

La première église de Leimbach est mentionnée en 1302 lorsqu’il est incorporé au couvent de l’Œlenberg. Son style roman et diverses découverts archéologiques laissent toutefois supposer d’une plus grande ancienneté, d’autant plus que le village est mentionné pour la première fois en 1182. L’origine de l’édifice remonte ainsi au XIIe siècle.

En 1472, d’importantes restaurations ont lieu après un pillage commis par des troupes suisses. L’église subit à nouveau des dommages lors de la terrible Guerre de Trente Ans et la nef a vraisemblablement été reconstruite en 1731. En 1626, l’Abbaye de l’Œlenberg passe aux mains des Jésuites, dont l’église fait partie des possessions. En 1774, après la dissolution de l’ordre, c’est l’Université de Fribourg qui en devient propriétaire et y supervise la reconstruction du chœur et de la tour.

En 1917, Leimbach se situe à proximité de la ligne de combats du Front des Vosges. Ainsi, le village subit de douloureux bombardements qui détruisent la majorité de l’église et provoquent un incendie consumant le mobilier et les ex-voto.  Aujourd’hui, ces ruines se tiennent en mémoire de cette sombre période subie par l’Alsace comme par l’ensemble du monde, et elles abritent l’actuel cimetière.

L’église paroissiale Saint Blaise

En 1920, il est décidé d’implanter l’église plus au centre du village. Également placée sous le patronage de Saint Blaise, elle est consacrée le 14 août 1927. Trois statues provenant de l’ancienne église, dont une de Saint Blaise et une Vierge à l’Enfant du XVe siècle, sont conservées dans la nouvelle.

Tous les ans, le premier dimanche de février, la paroisse fête son saint patron. Lors de la cérémonie religieuse, les fidèles boivent du vin bénit dans la relique de Saint Blaise ; il s’agit de sa boîte crânienne recouverte de métal doré, placée dans un reliquaire en-dessous de son buste en bois polychrome et doré.

Chapelle Notre-Dame auf der Heiden

Le lieu-dit auf der Heiden est cité dès 1477 et abritait probablement déjà une chapelle. Celle-ci est mentionnée en 1666 et figure au XVIIIe siècle sur la Carte de Cassini.

L’édifice, de plan rectangulaire, est agrandi en 1840 et rénové vingt ans plus tard. Ancienne chapelle de pèlerinage, qui a aussi servi un temps d’abri au garde-champêtre, c’est un édifice de grande simplicité dans lequel fidèles et pèlerins prennent encore le temps de prier et se recueillir.

L’église paroissiale Saint Jean Gualbert

Le village de Rammersmatt remonte au Moyen-Âge, d’abord dépendant de la Seigneurie de Thann et de la Mairie de Roderen. Le prieuré Saint-Morand d’Altkirch y possédait des terres. Abandonné lors de la Guerre de Trente Ans, Rammersmatt se relève et redevient un village de montagne vivant de l’élevage.

L’église dédiée à Saint Jean Gualbert (Giovanni Gualberto) est mentionnée dès 1256 lors de son incorporation au couvent d’Œlenberg par l’évêque de Bâle, Berthold de Ferrette. Malgré son apparence de récente facture, puisque restaurée et remaniée plusieurs fois dont en 1483, 1758-1759 et 1861, elle a conservé son plan médiéval ainsi que quelques parties d’époque telles que la tour-chœur.

Chapelle Notre-Dame du Bon Secours

Chapelle de pèlerinage, elle a été construite en 1856 et dédiée dans un premier temps à Notre-Dame-du-Chêne. Reconstruite en 1932, elle est détruite lors de la Seconde Guerre mondiale puis reconstruite une troisième fois après la Libération.

Elle abritait autrefois un tableau peint par Greth en 1932, qui représentait Catherine Kos (1768-1837), une native du village morte en odeur de sainteté et dont la remarquable tombe se situe à Reiningue. Ce tableau, restauré en 1958, est désormais conservé dans l’église paroissiale.

Encore aujourd’hui, elle reste une étape incontournable pour les personnes de passage dans la montagne qui veulent prendre le temps de prier et se recueillir.

L’église paroissiale Saint Laurent

Le village de Roderen est mentionné sous le nom d’Hohenrodern en 1090, dans une charte de l’Abbaye de Woffenheim. Il est possible que la paroisse soit encore plus ancienne, puisque le culte de Saint Laurent martyr était déjà largement répandu en Alsace.

Autrefois, l’église se trouvait au niveau de l’actuel cimetière. Elle est mentionnée en 1120 et évolue à travers le Moyen-Âge et l’époque moderne à travers reconstructions et restaurations au gré du temps. En 1858, elle est jugée trop exigüe et vétuste et est donc démolie afin de construire une église plus grande et plus proche du centre du village. Il n’en reste aucune trace si ce n’est de vagues indices au sol, une représentation sur un cadastre, et l’ossuaire datant du XVe siècle, puisque le cimetière s’est étendu sur l’emplacement de l’ancienne église.

La nouvelle église est de style néo-gothique et est achevée en 1859, les travaux étant supervisés par l’architecte Dominique Posat. En 1905, le sculpteur Karl Hils, employé à la Collégiale de Thann, réalise les trois tympans du portail ouest.

Chapelle Maria auf dem Rain

Chapelle construite en 1716 pour abriter une statue de la Vierge, elle est dédiée à Notre-Dame de Lorette. En 1746, elle reçoit l’autorisation qu’on y célèbre la messe et devient une chapelle de pèlerinage et elle abrite un ermitage à la fin du siècle.

Dévastée pendant la Révolution, elle est restaurée en 1843, puis démolie en 1935 pour être reconstruite d’après un projet de Charles Logel de Cernay.

Encore aujourd’hui, il est coutume de faire sonner les cloches à l’entrée de la chapelle pour signaler son passage !

L’église paroissiale Saint Dominique

« Notre église est le plus beau vaisseau qu’il y ait dans toute la campagne à plus de six lieux à la ronde » disait-on déjà après la Guerre de Trente Ans.

C’est sous le nom de Dan que Vieux-Thann est cité pour la première fois dans une donation faite en 991 par l’évêque de Strasbourg, Widerold, à l’abbaye d’Eschau. Certains avancent même l’idée d’un avant-poste romain au lieu-dit du Drachenfels, vu qu’une route longeait déjà la Thur. Cela en fait la plus vieille commune de notre communauté de paroisses !

Dans un premier temps, comme la plupart des églises fondées par l’évêque de Strasbourg, l’église était dédiée à Vierge et, par son attestation au Xe siècle, est l’une des l’églises les plus anciennes de la vallée de la Thur. Elle est restée l’église-mère de « Thann le Château » jusqu’en 1389, alors que cette ville voisine a peu à peu supplanté Vieux-Thann en terme d’importance, d’où le fait que le nom de Thann soit passé à la ville voisine, fondée au début du XIIIe siècle. Le lieu de pèlerinage a aussi été supplanté par le pèlerinage de saint Thiébaut au XIV° siècle. En effet, on venait à Vieux-Thann pour prier la Vierge Marie : on venait puiser courage dans les adversités chaque fois que tout semblait se briser, trouver auprès d’elle l’audace de repartir, reconstruire et de se relever. Elle est restée le lieu de rassemblement de la Confrérie des ménétriers de Haute-Alsace et de celle des tisserands de Thann.

En 1289, l’église est devenue l’église d’une communauté de béguines de Gundolsheim qui ont adopté la règle de saint Augustin en 1479 avant d’entrer dans l’ordre des dominicaines en 1534. Elles restent sur le site jusqu’à la Révolution Française. Des traces du couvent peuvent être observées sur d’anciens cadastres, mais aujourd’hui il n’en reste plus rien à part quelques pierres tombales. Détruite par les anglais en 1376, l’église est reconstruite en 1444, puis incendiée l’année suivante par des Armagnacs. Les travaux de reconstruction sont terminés en 1455.

Rémy Faesch, architecte de la collégiale de Thann, est aussi chargé de l’église de Vieux-Thann. Il a entrepris d’autres travaux au début du XVIe siècle, apportant une importante touche gothique à l’église jusqu’alors romane. C’est aussi à cette période qu’est achevé le Saint-Sépulcre, qui servit jusqu’à récemment de tabernacle le jour du Vendredi Saint ! Rémy Faesch fit également plâtrer le calendrier liturgique daté de 1320 et peint en face de l’accès au clocher ; une imposante fresque qui a été partiellement redécouverte en 1991, une large partie de l’œuvre ayant disparu avec le temps. Le jubé est déplacé au XVIIIe siècle, ses arcades étant conservées sous la tribune d’orgue. Enfin, l’église est profondément transformée au XVIIIe siècle par l’architecte Jean-Baptiste Chassain dont on connaît le projet daté de 1769. L’église est alors « baroquisée » et deux nouveaux autels sont ajoutés. Les fenêtres sont également remaniées, les traces des anciennes étant encore visibles. C’est en 1823 que l’église est consacrée à Saint Dominique, en mémoire du couvent disparu. Pratiquement rasée lors de la Première Guerre mondiale, un plafond moderne succède à l’ancien.

L’église est ouverte tous les jours du printemps à l’automne, et les dimanches en hiver.

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