Le village

Des fonds de cabanes sur pilotis trouvés dans le vallon de la Souffel attestent une occupation très ancienne du site. Les Gaulois ont aussi laissé les traces de leur passage et seraient même à l’origine du nom de la localité. En effet, le préfixe Dings viendrait du mot celte Dunum qui signifie butte, hauteur sacrée, ce qui correspond à la topographie.

En l’an 357 de notre ère, les Romains sont sortis vainqueurs d’une célèbre bataille qui s’est déroulée près des arches de l’aqueduc qui traversait la proche vallée de la Musau. L’armée romaine de Julien l’Apostat a repoussé les Alamans au-delà du Rhin. Par ailleurs, la configuration du ban rappelle encore la centuriation romaine.

A l’époque mérovingienne, alors que le village est connu sous la dénomination de Tunchinasheim, un important mur de soutènement a été construit au bas de l’église. Des vases ont été trouvés dans des sarcophages.

En 1271, la ferme dîmière de Dingsheim appartenait au chapitre des chanoines de Saint-Pierre-le-Jeune de Strasbourg qui collectait la dîme, c’est-à-dire le dixième des récoltes. Pour sa part, en 1279, l’abbaye bénédictine de Schwarzach en Pays de Bade y possédait des terres labourables, comme aussi, plus tard, les couvents Ste-Marguerite et Ste Catherine de Strasbourg.

Durant les années 1618 et 1648, les combats de la Guerre de Trente Ans ont ravagé le village et décimé la population, au point que les autorités seigneuriales ont dû faire appel à l’immigration.
Beaucoup de ces nouveaux habitants sont venus de Bavière. Les villageois ont ainsi reçu et gardé jusqu’à nos jours le sobriquet de Bayere, c’est-à-dire les Bavarois.

Au XIXe siècle, des moyens de communication modernes ont touché Dingsheim. Entre 1824 et 1852 une station du télégraphe optique Chappe a fonctionné à l’ouest du village, assurant ainsi le lien entre le relais de la cathédrale de Strasbourg et celui installé au sommet du mont Kochersberg. Ce système a permis de réaliser des liaisons aériennes, rapides pour l’époque, entre Strasbourg et Paris. Un autre grand projet a vu le jour à partir de 1886 : la construction d’une ligne de tramway entre Strasbourg et Truchersheim. Les élus ont opté par la construction d’une station à l’ouest de la localité. Un restaurant en rase campagne rappelle le bon temps du « Drüderscher Tram ».

En matière d’urbanisme, Dingsheim est connu pour avoir autorisé, entre 1968 et 1972, la réalisation du premier lotissement dans le Kochersberg. Appelée le Parc, cette opération a marqué le début de l’urbanisation d’une région traditionnellement agricole. Se référant aux grands travaux de Le Corbusier, l’architecte a créé    quatre types de maisons, dont 41 couvertes d’un toit en terrasse et 42 construites autour d’un patio central, l’ensemble devant donner de plain-pied sur une vaste pelouse. Néanmoins, contrairement au désir de l’architecte, les occupants ont séparé leurs propriétés par des clôtures et des haies. Le domaine a été pourvu de réseaux collectifs enterrés pour l’alimentation en fioul, ainsi que pour les raccordements électriques, téléphoniques et de télévision. Par cette opération immobilière, la population de Dingsheim a triplé en quelques années.

La  paroisse

Dès 1271, les chanoines de Saint-Pierre-le-Jeune de Strasbourg percevaient une redevance pour célébrer la messe matinale … für die Frühmesse… à Dingsheim. Plus tard, c’est l’archiprêtre de la paroisse Saint-Laurent de la cathédrale qui a assuré le service.

A partir du Moyen Age et jusqu’en 1789, la paroisse et la communauté villageoise ont fait partie du Bailliage épiscopal du Kochersberg dont le seigneur temporel n’était autre que le prince-évêque de Strasbourg en résidence à Saverne. Du fait de cette appartenance, Dingsheim n’a pas été touchée par la Réforme protestante.

Durant la Révolution française de 1789, notamment lors des persécutions religieuses, le curé Munschina a mené une forte résistance contre les idées nouvelles. Pour éviter son arrestation, et éventuellement sa déportation voire son exécution, il s’est résolu à partir en exil et se réfugia de l’autre côté du Rhin, où s’était aussi replié le cardinal de Rohan, prince-évêque de Strasbourg. Par-delà la frontière, le curé Munschina a continué de soutenir la foi et le courage de ses paroissiens.

Pour visiter le site de la commune de DINGSHEIM

L’église saint Kilian et la chapelle saint Quirin

Compte tenu des données historiques citées plus haut, la première église a été construite au début des années 1200. Un incendie a détruit celle qui existait en 1830. La reconstruction s’est faite par étapes et agrandissements successifs. La tour et la nef ont été reconstruites dans le style néo-classique de l’époque. Le chœur a été rajouté en 1857.

Depuis, au-dessus du maître-autel, un grand tableau représente saint Kilian livré à ses bourreaux ; c’est le saint patron de ce lieu. Dans l’église se trouvent une cuve baptismale datée de 1631 et une statue de la Vierge du XVIIIe siècle que les fidèles portaient jadis lors de la procession du 15 août.

Saint Kilien ou Kilian est le saint patron de l’église au moins depuis 1509. Il était probablement d’origine irlandaise et serait aller dans les années 600, avec onze compagnons, en Thuringe. Ces migrations évangélisatrices venues d’Irlande étaient fréquentes à cette époque. Devenu évêque de  Wurzbourg, il a converti  le  duc  de  Thuringe qui a accepté de rompre l’union illégitime qu’il avait  contractée avec sa belle-soeur. Mais celle-ci, furieuse, a fait massacrer Kilien et deux de ses compagnons. C’était en 689. Cinquante ans plus tard, lorsque saint Boniface entreprendra l’évangélisation de cette partie de la Germanie, les traces de l’évangélisation de saint Kilien seront encore vivantes. Saint Kilian se fête le 8 juillet.

Non loin du village, au lieu-dit Haldenberg, à la jonction des terres de Dingsheim et de Griesheim, se dresse un beau calvaire, blotti dans un écrin de verdure. Les villageois l’appellent le Waldbruderkreuz, une dénomination qui contient toute son histoire : Wald pour forêt, endroit boisé ; Bruder pour frère, religieux, ermite ; Kreuz pour crucifix, calvaire.

Ce monument rappelle un ancien petit pèlerinage, né ici vers 1690 et disparu dans la tourmente révolutionnaire de 1789. Dans la petite chapelle, on vénérait saint Quirin,protecteur du bétail et des troupeaux. Mais on prenait aussi soin d’y placer une image de la Vierge Marie. La chapelle existait encore à Noël 1794, car, lors de la messe de minuit célébrée clandestinement par l’abbé Thomas, une nombreuse assistance se pressait dans et autour du lieu de culte. A la fin de l’office nocturne, une troupe de gendarmes est arrivée au galop, car un traître avait alerté les autorités. Pleins de courage, les hommes de Dingsheim se sont battus contre les forces de l’ordre avec des bâtons et des fléaux.
En 1844, les époux Valentin Braun et Colette Saettler ont faire ériger le calvaire actuel, en souvenir de l’ancien ermitage.

Le village

Situé sur une hauteur, Dossenheim-Kochersberg (à distinguer de Dossenheim-sur-Zinsel) est accessible par trois petites routes sinueuses qui empruntent le tracé d’anciens chemins ruraux. L’occupation du site est très ancienne. Une station romaine a été découverte au lieu-dit Auf dem Waschweg, le chemin du lavoir.

Selon des archives de 1154 attestées par l’évêque de Strasbourg, l’abbaye bénédictine de Schwarzach en Pays de Bade possède alors à Dozenheim une ferme dîmière et une église appelée basilica.

A partir de 1512, faisant partie du bailliage du Kochersberg, la communauté villageoise est devenue un fief du prince-évêque de Strasbourg en résidence à Saverne.

Du fait de cette appartenance, Dossenheim n’a pas été touchée en 1530 par la Réforme protestante et a même accédé au rang de paroisse-mère dont dépendaient alors quelques villages des environs, comme le montre une belle pierre tombale de 1629, fixée contre le mur de l’église et dédiée à la mémoire de Jean Schwartz, recteur de Dossenheim, Wiwersheim, Quatzenheim, Offenheim et Kleinfrankenheim.

Il était assisté de vicaires appelés primissaires (Frühmesser) car ils célébraient la première messe du jour.

Dossenheim ne pas été épargné par les vicissitudes de l’Histoire. De passage dans la région en 1569, les troupes du duc d’Aumale ont incendié le village.

A leur tour, également de passage en 1588, les soldats du roi de Navarre ont détruit une des grandes fermes. Enfin, durant les années 1621 et 1622, les plus dures de la Guerre de Trente Ans en Alsace, les troupes suédoises n’ont laisser subsister que six fermes.

Durant les années de la Grande Révolution de 1789 ; le petit village a subi des moments douloureux comme les perquisitions militaires et les luttes religieuses.

En août 1791, le prêtre franciscain Eugène Schneider, originaire d’Allemagne et fervent partisan des idées révolutionnaires françaises, a été nommé curé constitutionnel de Dossenheim.

Devant l’hostilité des paroissiens, il a dû fuir au bout de quelques jours. Défroqué, il a été promu Accusateur public pour le Bas-Rhin.

Despote sanguinaire, il promènera la guillotine dans le Kochersberg et fera tomber quelques têtes de braves paysans restés fidèles à leurs convictions.

Déchu de ses fonctions, il sera guillotiné à son tour à Paris en 1794.

Dans le même temps, l’ancien curé de Dossenheim, Pierre Rosier, originaire de Luvigny dans les Vosges, resté fidèle à la religion catholique, vivait caché chez le laboureur Jacques Fix.

Après le retour de la paix religieuse, il est resté curé de Dossenheim jusqu’à sa mort en 1820.

Lien vers la Communauté de Communes du Kochersberg

L’église saints Pierre et Paul

Il ne reste pas de vestiges de l’église primitive, construite de toute évidence dans les années 1200 comme celles des villages voisins. On sait qu’elle était d’abord dédiée à saint Pierre, puis, à partir de 1758, aux saints Pierre et Paul. L’actuelle église a été construite en 1781.

Compte tenu de ses dimensions, le mobilier provient sans doute d’un autre lieu de culte. Le clocher est fixé sur la charpente de la net et recouvert d’ardoises. A son sommet se trouvent une croix et une girouette représentant un coq. Le chef de la basse-cour est censé saluer le soleil à son lever, mais rappelle aussi que, selon les Ecritures, saint Pierre a renié le Christ … trois fois avant le chant du coq.

Non loin de l’église, une demeure bourgeoise, de plan rectangulaire et d’élévation symétrique, est l’exemple type des presbytères construits au XVIIIe siècle.

Ici a vécu l’abbé Eck, curé de Dossenheim de 1896 à 1936, appelé le Roi des abeilles, président des apiculteurs du Bas-Rhin et secrétaire général de la Fédération nationale des Sociétés apicoles de France.

FURDENHEIM

Les informations qui suivent sont extraites du livre « Le Patrimoine des communes du Bas-Rhin » (Editions Flohic)

La première mention de FURDENHEIM remonte à la fin du IXe siècle, quand Charles-le-Gros confirme à l’abbaye de Honau la possession de terres à cet endroit. Le village appartient ensuite à diverses familles de la noblesse directe d’Empire, dont les nobles de Furdenheim.

La Réforme est introduite à FURDENHEIM en 1573.

Pendant le siècle précédant la Révolution, le village appartient conjointement aux nobles de Reisseissen, dont un membre est Ammeister, principal magistrat de Strasbourg, de 1678 à 1707, et aux nobles d’Oberkirch.

L’église de  FURDENHEIM

La base du clocher de l’église est d’époque romane, son rez-de-chaussée est couvert d’une voûte d’ogives.

A l’intérieur  est inscrite l’épitaphe de François Reisseissen (1631-1710), qui  fut à six reprises Ammeister, principal magistrat de Strasbourg, et eut, à ce titre, l’honneur  d’accueillir Louis XIV et le dauphin.

La nef actuelle est une salle plafonnée prolongée par un chœur polygonal.

L’orgue, dont les facteurs sont Ferdinand et Xavier Stiehr, de  SELTZ, date de 1823. L’instrument a été  modifié, mais le buffet en chêne date de l’époque de sa fabrication.

Entre 1962 et 1969,  l’église est dotée de vitraux créés par le maître verrier Bischoff.

HANDSCHUHEIM

Les informations ci-dessous sont extraites de l’ouvrage intitulé « ITTENHEIM-HANDSCHUHEIM,  deux clochers, une âme », publié en novembre 1986, par les éditions COPRUR à STRASBOURG

Le village de HANDSCHUHEIM  est mentionné  pour la première fois au temps de Charlemagne, dans un texte de 788, sous la dénomination de HANTSCOHASHAIM.

Dans un écrit de 803, il est mentionné que l’abbaye de Fulda possédait des biens à HANSCHOASHEIM.

En 1120, le village portait le nom de HANSEVESHEIM, l’abbaye de Marmoutier possédait des terres à HANSEVESHEIM.

en 1147 celui de HANSCHUUESHEIM,   En 1147, le couvent de Sindelsberg détenait des propriétés à OUTENHEIM et à HANSCHUUESHEIM.

Finalement HANDSCHUHHEIM devient HANDSCHUHEIM, avec un seul H  en 1921.
Au Moyen-Âge,  les terres des bans d’ITTENHEIM et de HANDSCHUHEIM   sont devenues une possession de la famille noble des BEGER de GEISPOLSHEIM. Les armoiries de Jacques BEGER de BLEYBERG sont devenues les armes du villages de HANDSCHUHEIM.

En 1507, Jacques BEGER de BLEYBERG, au nom de sa pupille, fille de Melchior BEGER de GEISPOLSHEIM, vend les deux villages d’ ITTENHEIM et de HANDSCHUHEIM à la ville de STRASBOURG. ITTENHEIM  et HANDSCHUHEIM ont relevé de la Seigneurie de STRASBOURG jusqu’en 1789.

1530 :  la ville de Strasbourg est devenue protestante. En application du principe cujus regio, ejus religio, les habitants d’ ITTENHEIM et de HANDSCHUHHEIM, villages qui étaient depuis 1507  propriété de la ville de STRASBOURG,  deviennent protestants.

Avant  la  Réforme, saint Georges  était  le  patron  de  la  paroisse.

1740 :  l’église de HANDSCHUHHEIM est entièrement reconstruite.

1847 :  la tribune est agrandie.

1925 :  la paroisse acquiert de nouvelles orgues, construites par Stier et Mockers de SELTZ.

HURTIGHEIM

Les informations qui suivent sont extraites du livre « Le Patrimoine des communes du Bas-Rhin » (Editions Flohic)

 L’origine du nom d’HURTIGHEIM provient peut-être du mot allemand Hirt, gardien d  troupeau, berger, et du  suffixe germanique Heim, demeure.

La  bande  dentelée  et  les deux  étoiles  à  huit  branches,  de couleur  or  qui  figurent  sur  le  blason, semblent inspirées des armoiries de la famille von Bulach.

Hurtigheim est situé sur le tracé rectiligne de la voie consulaire romaine qui relie, au début de notre ère, Argentoratum (Strasbourg) à Tres Taberenae (Saverne).

En 357, l’armée de l’empereur Julien l’Apostat emprunte cette voie avant de livrer bataille contre les Alamans sur les champs de la Musau. L’occupation  mérovingienne est attestée par plusieurs tombes.

En  778, le village est mentionné sous le nom de HURENHEIM, qui se  transforme  en HIRTENCHEIM. Sous  l’Ancien  Régime, le village appartient en indivision aux comtes de Hanau-Lichtenberg, à la famille  noble des Zorn (von Bulach et von Plobsheim) et à l’évêque de  Strasbourg.

1541 : en dépit de l’opposition du grand chapitre de la cathédrale, les Zorn introduisent la Réforme. Le premier pasteur luthérien, Christoffel, habitait Strasbourg et prodiguait des soins aux malades de l’hôpial. On l’appelait le « Blatterartz »  (médecin  de la petite vérole).

1660 :  HURTIGHEIM partage avec STUTZHEIM le ban d’un village disparu appelé BEROLSHEIM, dont ne subsiste qu’un lieu-dit : Bertzenfeld.

Au  cours du XIXe siècle se sont développées  de  grandes  fermes consacrées à la  culture des céréales, du  houblon et accessoirement des légumes vendus sur les marchés de Strasbourg.

L’église actuelle remplace une chapelle Saint-Michel qui figure sur un sceau de 1288. Le clocher remonte au  Moyen-Âge, mais ses niveaux supérieurs ont été remaniés. La nef néo-classique, qui date de 1864, est  séparée du clocher.

Longtemps, l’église de HURTIGHEIM a été un lieu de pèlerinage, qui a même survécu à l’introduction de la  Réforme protestante. Les paroissiens et les pèlerins des villages environnants viennent jusque vers 1866 (325 ans après l’introduction de la Réforme) offrir des poules noires vivantes, de l’argent, des œufs et des oignons et demander l’intercession de saint Valentin en cas d’épilepsie ou de convulsion des enfants.

Une statuette en bois représente saint Valentin.

Dans l’ancien cimetière qui entoure l’église, sont conservées des stèles caractéristiques des monuments funéraires protestants des XVIIIe et XIXe siècles, tant par leur forme (colonnes, stèles), que par leur décor symbolique (mains jointes, anges, arbres de vie et de mort, roses, soleil, pavot, triangle de la Trinité  avec l’œil de Dieu).

La  porte  du  cimetière  a  gardé  son  encadrement  en  grès  de 1717.

ITTENHEIM

Les informations ci-dessous sont extraites de l’ouvrage intitulé « ITTENHEIM-HANDSCHUHEIM,  deux clochers, une âme », publié en novembre 1986, par les éditions COPRUR à STRASBOURG

En 357 après Jésus-Christ,  la bataille du Kochersberg :

en 355, l’empereur romain Constance, fils et successeur de l’empereur Constantin le Grand, qui a donné la liberté  et la paix à l’Eglise après deux siècles de sanglantes persécutions, nomme Julien, dit Julien l’Apostat, César, c’est-à-dire gouverneur de la Gaule,  pour combattre les Germains Alamans.

357 : une armée d’Alamans, sous le commandement de Chnodomar, se rassemble sur le Rhin, face à Argentorate (Strasbourg). Ils franchissent le fleuve. César Julien, qui était à l’affût à Tres Tabernae (Saverne), s’élance avec son armée. Après sept heures de marches sous la chaleur accablante, l’armée de César Julien,  composée de 13 000 hommes,  Romains, Gaulois, Bataves et  Belges, atteint les dernières collines du Kochersberg avant Strasbourg. A la hauteur de l’ancienne décharge municipale d’Ittenheim, située à quelques centaines de mètres à l’ouest du carrefour de la Musau  (croisement de la RN 4 et de la D 228), les Alamans, pourtant supérieurs en nombre, sont mis en déroute, après une rude bataille au cours de laquelle 7 000 hommes sont tués.

Au Moyen Âge :

742 : le village d’ITTENHEIM est cité pour la première fois, sous le nom d’ EUDINHAINE, dans le manuscrit  ‘’Traditiones Wizenburgenses’’, car le monastère de Wissembourg possédait des terres à Ittenheim dès 742.

Mais, à cette époque, le village d’Ittenheim appartenait à l’abbaye bénédictine de HONAU (en face de la Wantzenau) fondée au début du VIIIème siècle  par des moines irlandais sur une île du Rhin.

De cette époque, il reste la trace de l’existence d’une ancienne chapelle, aujourd’hui disparue, qui était située à l’est du village, à l’endroit appelé ‘’Uf d’r Kapell’’, situé à l’extrémité est de l’actuelle ‘’rue de la chapelle’’, au nord de l’actuel cimetière.

884 : le nom d’EUDINHAINE  se transforme en HIUDINHEIM

En 1039, on trouve dans un acte notarié :  ‘’un particulier d’ IUTENHEIM fait don de ses terres à la fondation Saint-Pierre-le-Jeune’’ à Strasbourg.

1104 : l’abbaye de HONAU, propriétaire du ban d’IUTENHEIM, est transformée en un chapitre de chanoines.  L’abbé du monastère est remplacé par un prévôt.

Une cuve baptismale romane datée de ce début du XIIe siècle a été découverte dans le cimetière qui occupait jadis les côtés Nord et Sud de l’église actuelle. Cette cuve baptismale a été donnée par la commune d’Ittenheim au musée de l’œuvre Notre-Dame à Strasbourg, où elle a été transportée le 8 septembre 1924.

XIIe siècle : Les soubassements des murs extérieurs et la partie basse du chœur de l’église actuelle sont de style roman. Le chœur conserve une custode ou armoire eucharistique de l’époque médiévale (en allemand Sakramentshäuschen), encastrée dans le mur côté gauche [du Nord]. Cette niche servait à conserver les hosties consacrées.

Ce n’est qu’après le Concile de Trente (1545-1563) que, dans les églises catholiques, le tabernacle a été placé sur le maître-autel, afin de développer, auprès des fidèles, l’adoration du Saint-Sacrement.

Ces vestiges nous rappellent que,  depuis  le Moyen-Âge, l’église d’Ittenheim est un lieu de culte chrétien, catholique, c’est-à-dire, puisque ‘’catholique’’ veut dire ‘’universel’’, appelé à rassembler de façon universelle tous les êtres humains.

En 1147, le village se dénommait  OUTENHEIM

En 1270, le village prend le nom d’ UTENHEIM.

On ne sait quand ce nom s’est transformé en ITTENHEIM

1290 : suite aux crues du Rhin, les chanoines quittent HONAU  pour s’installer sur une autre île, près de RHINAU.  Un siècle plus tard, les chanoines se sont établis dans l’église de Saint-Pierre-le-Vieux, à STRASBOURG.Puis, les terres des bans d’ITTENHEIM et de HANDSCHUHEIM sont devenues une possession de la famille noble des BEGER de GEISPOLSHEIM.

A la fin du Moyen-Âge sont construits la partie élevée du chœur et le clocher, de style gothique.

Au XIVème siècle, la patronne de l’église d’Ittenheim était sainte Brigitte.

Plus tard, le sanctuaire change  de  patron, ce qui est fréquent en Alsace, et est placé sous la protection  de  saint Gall, disciple de saint Colomban, fondateur d’un monastère en Suisse  (551-646).

Le  XVIe siècle

En 1507, Jacques BEGER de BLEYBERG, au nom de sa pupille, fille de Melchior BEGER de GEISPOLSHEIM, vend les deux villages d’ ITTENHEIM et de HANDSCHUHEIM à la ville de STRASBOURG.
ITTENHEIM  et HANDSCHUHEIM ont relevé de la seigneurie de STRASBOURG jusqu’en 1789.

1517 :  Martin LUTHER, moine augustin allemand, publie à Wittenberg en Saxe une déclaration en 95 points

1519    Charles Quint devient empereur d’Allemagne

1521 :  la Diète de Worms consomme la rupture entre LUTHER et l’Eglise.

1526 :  la Diète de Spire laisse à chaque prince le choix de sa religion.

1530 :  la Diète d’Augsbourg organise l’empire d’Allemagne  sur le plan religieux, selon le principe  cujus regio,  ejus religio :  la confession qu’adopte le seigneur est celle de ses sujets.

1530 :  la ville de Strasbourg est devenue protestante. En application du principe cujus regio, ejus religio, les habitants d’ ITTENHEIM et de HANDSCHUHHEIM, villages qui étaient depuis 1507 propriété de la ville de STRASBOURG, deviennent protestants.

1642 :  la chaire en bois ciselé et en marqueterie est installée

1737,  la population du village ayant augmenté,  l’église s’avère trop exiguë. La nef est rallongée de la moitié.

1783 : la grande cloche sort de la fonderie Edel de Strasbourg. Elle est décorée du crucifix entouré par sainte-Marie et par l’apôtre Jean. Peut-être les deux petites cloches ont elles été fondues en même temps.

1793 :  la paroisse achète l’orgue, devenu bien national, du couvent sainte Marguerite (actuellement Ecole Nationale d’Administration) de Strasbourg. Cet orgue a été construit en 1703 par André Silbermann.

Au  XXe siècle

1906 : la commune confie l’orgue aux ‘’Gebrüder Link’’ de Giengen an der Brenz, qui placent dans le buffet Silbermann leur Opus 443, ôtent toute la tuyauterie de Silbermann. Il ne reste plus de l’orgue  Silbermann que le buffet, qui a été classé monument historique en 1977.

1907 : le clocher de l’église est rehaussé d’une pointe; la partie avant, qui comprend la porte d’entrée principale, a été rajoutée.

1914 :  les deux petites cloches sont réquisitionnées pour être fondues et transformées en matériel de guerre.

Premier décembre 1929 : inauguration des deux nouvelles cloches et de l’électrification de la sonnerie. La cloche de taille moyenne porte l’inscription : ‘’ Friede sei mein Name ’’ (que la paix soit mon nom). La petite cloche porte l’inscription : « Von der Zeit zur Ewigkeit »’ (du temps présent à l’Eternité).

1962 :  l’intérieur de l’église est rénové.

21 juin 1964 :  inauguration des deux nouveaux vitraux, représentant le premier la résurrection, le second la Vierge Marie mettant Jésus au monde.

Selon l’ouvrage intitulé  » ITTENHEIM-HANDSCHUHEIM, deux clochers, une âme « , publié en novembre 1986, ‘’ le patron actuel d’Ittenheim est saint Gall, disciple de saint Colomban, fondateur d’un monastère en Suisse (551-646) ’’.

QUATZENHEIM

Les informations qui suivent sont extraites du livre « Le Patrimoine des communes du Bas-Rhin » (Editions Flohic)

Le site du village de QUATZENHEIM est  occupé de très longue date, ce qu’atteste la découverte d’un squelette de mammouth, de fonds de cabanes et de tombes néolithiques, d’un trésor de pièces romaines, et, en 1957, de deux tombes mérovingiennes.

La  localité est dénommée  CHATENHEIM  (de  l’anthroponyme  CHATEN), puis en 1215 QWACZENHEIM, et QUACZENHEIM en 1371.

Le  château des nobles de Mullenheim, construit au début du XIVe siècle, est détruit et démantelé en 1674 au cours des combats entre Turenne et les  impériaux.

L’église primitive de QUATZENHEIM, dotée d’un chœur gothique flamboyant du XVe siècle, était l’ancienne  chapelle  du château. Cette  église chrétienne, d’abord catholique, est affectée au culte protestant luthérien en 1539, lors de l’introduction de la Réforme à QUATZENHEIM par les nobles de Landsberg.

Cette église est  détruite  par la foudre  en 1729.  Les  seigneurs d’Oberkirch font alors construire l’édifice actuel, dont le  clocher de bois est recouvert d’ardoises.

Le village possède un cimetière israélite dès la fin  du XVIIIe  siècle. Ce cimetière comporte plus d’une centaine de tombes, aux inscriptions en hébreu. Celle de Moïse Moskeritz, soldat roumain enterré en 1919, est particulièrement ouvragée.

Le village a en effet comporté une communauté israélite suffisante pour justifier la création d’une synagogue en 1777.

Le bâtiment en pierre, situé rue des Seigneurs, a été rénové en 1843, et est resté en service jusqu‘en 1940, date à laquelle il est fermé par les autorités allemandes.

Après la guerre, un oratoire est aménagé dans le bâtiment, qui a échappé à la démolition.

L’oratoire a été fermé en 1980,  la communauté ne comportant plus au moins dix hommes pour pouvoir se réunir.

Un rideau de l’armoire sainte et un rouleau de la Torah sont conservés exposés au musée de MARMOUTIER.

Les tables du décalogue, qui ornaient la porte d’entrée, sont conservées à la Maison du Kochersberg à TRUCHTERSHEIM.

La dernière épicerie juive a cessé son activité en 1988.

La Communauté catholique de l’Ackerland

 (Ittenheim, Handschuheim, Furdenheim,  Quatzenheim,  Hurtigheim)

La Communauté catholique de l’Ackerland rassemble les chrétiens de confession catholique qui vivent dans les cinq villages qui ont composé, de 2000 à 2015, la Communauté de Communes de l’Ackerland. Elle a le statut d’annexe de la paroisse Saints-Pierre-et-Paul de DOSSENHEIM-KOCHERSBERG

En 2019, 5324 personnes vivent dans l’Ackerland :

Ces cinq villages constituent un ensemble sociologique marqué par la nature et par l’histoire :

  • par la nature : les terres de l’Ackerland sont très fertiles. Il est dit qu’elles sont les plus fertiles d’Europe.
  • par l’histoire : comme cela est indiqué  plus bas, en application du principe cujus regio, ejus religio,
    • les habitants de ces villages, gardant la religion chrétienne, deviennent protestants en 1530. Ceci explique que la seule église de chacun de ces villages, initialement chrétienne catholique, est devenue au XVIe siècle une église chrétienne de confession protestante.

Jusque vers les années 1970, il n’y avait pas, ou très peu d’habitants de confession catholique.

A partir des années 1970, l’arrivée des nouveaux habitants, en très grande majorité catholiques, a permis l’expansion démographique de certains de ces villages, et en a profondément modifié la sociologie religieuse. Il peut être sincèrement considéré  que le nombre des personnes de religion chrétienne et de confession catholique qui vivent dans les cinq villages de l’Ackerland est d’environ 1 600.

  • Des chrétiens de confession catholique qui ne disposent en propre d’aucun lieu de culte, ni de lieu de réunion,
  • Des chrétiens qui se sont organisés pour assumer ensemble les missions d’une communauté chrétienne depuis  septembre 2002 sous l’autorité du curé de la Communauté de Paroisses ‘’Les portes du Kochersberg’’.
  • Des chrétiens de confession catholique qui, avec leurs sœurs et frères chrétiens de confession protestante, vivent un œcuménisme au quotidien, expérience de fraternité dans laquelle les différences sont reconnues, respectées, et vécues comme un enrichissement.

C’est dans ce cadre qu’à ITTENHEIM, un ‘’contrat d’hospitalité’’ a été signé en 1990 avec le Conseil Presbytéral. Aux termes de ce contrat, les chrétiens de confession catholique peuvent  utiliser l’église du village pour la célébration des eucharisties dominicales et des sacrements, sous réserve, bien évidemment, d’une coordination en ce qui concerne les horaires d’utilisation,  et de la participation financière aux frais de fonctionnement de l’église pour leur quote-part.

Sur le plan ‘’administratif’’, la Communauté Catholique de l’Ackerland’’ est devenue, depuis le 1er janvier 2004, ‘’annexe’’ de la paroisse de DOSSENHEIM – KOCHERSBERG. Compte-tenu de ce statut,  les dispositions du droit local d’Alsace-Moselle s’appliquent à la Communauté Catholique de l’Ackerland.

Le village

Diverses trouvailles, comme une hache de l’époque néolithique, attestent une occupation du site de Griesheim dès 3 800 ans avant notre ère. Une première mention de la localité apparaît en juin 823 dans un document aux termes duquel le comte Erkingar fait don d’un bien immobilier à l’évêque Bernold de Strasbourg. A partir de 1371, Griesheim est desservi par l’archiprêtre de la paroisse Saint-Laurent de la cathédrale de Strasbourg. Plusieurs institutions religieuses ont possédé des fermes et des terres à Griesheim, notamment, l’Hôpital civil, l’œuvre Notre-Dame (Frauenstift), les couvents Saint-Marc, Saint-Etienne, Saint-Arbogast de Strasbourg et l’importante abbaye de Marbach avec son Meyerhof.

Pour  visiter  le  site  de  la  commune  de  GRIESHEIM

La paroisse

Griesheim n’a obtenu le statut de paroisse autonome qu’en 1824. Auparavant, le village était une filiale de Dingsheim et l’entente n’était pas toujours cordiale. Il semble même que le curé de la paroisse-mère ne montrait pas trop de zèle et de sollicitude pour ses ouailles de l’autre rive de la Souffel. Au point que le maire de Griesheim a décidé, un jour, que les enterrements auraient lieu le dimanche, pour obliger le curé de Dingsheim de venir au moins pour la messe dominicale dans l’église de son village.

Après 1945, sous l’impulsion des curés Leibrich et Truttmann, la paroisse de Griesheim a créé un Foyer de la Jeunesse Catholique Rurale (JAC) où se développaient des actions de formation et de loisirs culturels, notamment le théâtre alsacien et le Jeu de la Passion en allemand. Une nouvelle salle de fêtes a été construite en 1972 dans le prolongement de l’ancien bâtiment en bois.

L’église saint Pancrace

En l’an 1049, le pape alsacien Léon IX a consacré l’église de Griesheim après un séjour à Altorf et au Dompeter. Le souverain pontife aurait lui-même choisi saint Pancrace comme patron du sanctuaire. Ce patronage est certifié en l’an 1454. Jeune chrétien de quatorze ans, Pancrace a subi le martyre à Rome en 304, au même âge et à la même époque que sainte Agnès. Sa mort avait tout autant marqué la communauté chrétienne qui ne tarda pas à lui écrire des « Actes » étonnants. Sa fête est célébrée le 12 mai.

L’église médiévale, comme d’ailleurs tout le village, a été incendiée le 14 mai 1622 par les troupes de Mansfeld, un chef de guerre suédois protestant qui s’était mis au service du Roi de France, chef de l’armée catholique. Curieuse alliance ! C’était au début de la Guerre de Trente ans qui fut aussi une guerre de religion
et qui aboutit, en 1648, au rattachement d’une partie de l’Alsace au Royaume de France.

L’église actuelle a été construite en 1828. Faute de moyens, le clocher n’a été rajouté qu’en 1878  grâce au soutien financier apporté par une famille du village. Le grand tableau qui surmonte le maître-autel représente Pancrace devant l’Empereur romain Dioclétien et a été réalisé en 1855 par l’artiste alsacien Louis Sorg. Sur la tribune du sanctuaire, un merveilleux orgue sorti en 1746 des ateliers de Jean André Silbermann.

Modifié en 1843 par le facteur d’orgues Martin Wetzel, l’instrument a été restauré en 1966 par Alfred Kern de Strasbourg.

Curieusement, l’église se trouve à la périphérie du village, alors que toutes les fermes sont au sud-est.

Un moulin, bâti sur la Souffel et aujourd’hui disparu, était situé, lui aussi, nettement à l’écart des habitations.

Dicton et météorologie. Saint Pancrace fait partie du groupe des trois Saints de glace.  Selon le dicton, Saints Pancrace, Gervais et Boniface apportent souvent la glace ! C’est-à-dire les dernières gelées… souvent désastreuses pour les nouvelles plantations.

Le village

Le toponyme Offenheim apparaît, sous sa forme actuelle, dès l’an 742 dans un document conservé aux archives de Spire en Allemagne. Par cet acte de donation, un seigneur a fait don de terres agricoles situées à Offenheim en faveur de l’abbaye bénédictine de Wissembourg.

Non loin de Offenbourg au Pays de Bade existent encore les fondations d’un monastère appelé au Moyen Âge Monasterium Offoniswilari. Les historiens mettent le préfixe Offen en lien avec le nom d’un moine irlandais, appelé Offo, qui a fondé cette abbaye au temps du roi Dagobert. Ce nom pourrait être à l’origine des toponymes Offenburg, Offendorf, Offenbach, Offenheim près de Worms et Offenheim dans le Kochersberg. Ces deux derniers sont jumelés depuis 1989.

Du Moyen Âge à la Révolution de 1789, la communauté villageoise d’Offenheim faisait partie du Bailliage du Kochersberg dont le seigneur temporal était l’évêque de Strasbourg en résidence à Saverne.

En 1371 un relevé des impôts à payer au pape mentionne un prêtre affecté au service des paroisses d’Offenheim et de Wiwersheim. Un décret épiscopal de 1398 donne à Offenheim le statut de paroisse sous le patronage de saint Arbogast, un des premiers évêques de Strasbourg. A partir de 1615 Offenheim est une paroisse filiale rattachée d’abord à Dossenheim, puis à Behlenheim. Enfin, en 1788, pour répondre à une demande des paroissiens, le cardinal de Rohan, évêque de Strasbourg, décide de rattacher Offenheim à la paroisse de Stutzheim. En 1976 , la commune a aussi fusionnée avec celle de Stutzheim.

Une carte géographique de 1760 montre que le village avait la forme d’un pentagone (figure régulière à cinq côtés), avec le clocher au centre et un calvaire à chaque extrémité en guise de protection.

Pour visiter le site de la commune de STUTZHEIM – OFFENHEIM

La paroisse Catholique de Stutzheim – Offenheim

L’église saint Arbogast

La tour-clocher de l’église d’Offenheim a été construite en briques dans les années 1180 à 1200. A l’origine, le rez-de-chaussée voûté servait de chœur. Dans le mur côté nord, subsiste une niche taillée dans le grès, de style gothique, qui servait d’armoire eucharistique dans laquelle étaient conservées les hosties consacrées. Selon la tradition médiévale, l’édifice était orienté vers l’est, plus spécialement vers le soleil levant à la date de la fête de saint Jean-le-Baptiste (24 juin).

Une petite nef se prolongeait vers l’ouest, à l’emplacement du chœur actuel.

Dans les années 1787-1788, les habitants d’Offenheim ont été confrontés à un grave problème à propos de leur église. Le prévôt, chef du village du village, avec le soutien de ses échevins, a adressé une lettre aux autorités administratives en disant que leur église est hors d’état de pouvoir être réparée, étant d’ailleurs trop petite. La tour au contraire, solidement bâtie, peut être conservée.

Au moment d’entreprendre les travaux de la reconstruction apparaît alors un litige avec les chanoines du chapitre de St-Pierre-le-Vieux à Strasbourg. Selon une longue tradition, ces chanoines percevaient la dîme, c’est-à-dire le dixième des récoltes. Pour cela ils avaient la charge d’entretenir et, les cas échant, de reconstruire la tour et le chœur. Pour la nef, ces travaux incombaient aux habitants du village. Or, comme en 1787 le chœur, situé dans la tour jugée solide, n’était pas en mauvais état, les chanoines estimaient qu’ils n’avaient pas à faire reconstruire un nouveau chœur. Après discussion, ils ont fini par accepter de prendre en charge les frais de construction du chœur, mais ont refusé de payer l’arc de triomphe, c’est-à-dire le cintre et le pignon qui sépare le nouveau chœur de la nouvelle nef.

Pour faire valoir ses droits, le prévôt du village a adressé un recours devant la Chambre Royale des Consultations à Colmar. Après une longue et mûre réflexion, cette juridiction a donné raison aux chanoines de Strasbourg en décidant, le 20 décembre 1788, que le cintre et le pignon devaient être payés par les habitants d’Offenheim.

Après cette décision, le plan et le devis très détaillé ont été établis et soumis à l’avis de l’architecte-expert de la Commission intermédiaire de la Province d’Alsace. Tout en modifiant les plans sur quelques points de détails, cet architecte a approuvé le projet pour des raisons de solidité et de bon goût… et pour donner plus de grâce à cette église.

Le montant du devis s’élevait en définitive à 6.675 livres tournois 13 sols 7 deniers, selon la monnaie française alors en cours. Cette somme équivaut à la valeur d’environ 80 chevaux de labour, une somme considérable pour un village d’une vingtaine de familles. Les habitants d’Offenheim s’engageaient en outre à faire l’excavation des fondations et à assurer le transport de tous les matériaux : pierre de taille, moellons, sable, chaux, plâtre, bois de chêne…

Le bâtiment a été construit dans le style néoclassique alors en vogue. On retrouve ses caractéristiques sur la façade de l’église avec un fronton triangulaire, avec l’œil de Dieu, au-dessus de la porte d’entrée, une ouverture en œil de bœuf dans le pignon et des pilastres en pierre de taille sur les deux côtés.

Pour des raisons pratiques, le nouvel édifice se trouve maintenant orienté dans la direction nord-sud ; de ce fait, le clocher se dresse à côté de l’église comme un campanile italien, classé monument historique depuis 1931.

La nouvelle église a été inaugurée en 1790. Déjà la Révolution grondait à Paris. Le 2 novembre 1789, l’Assemblée Nationale avait mis sous séquestre les biens de l’Eglise catholique de France. Dès décembre 1790, l’Administration des Domaines a commencé la vente aux enchères de ces Biens Nationaux au profit du Trésor public.

Mise en vente, l’église d’Offenheim a été achetée par quatre familles du village qui ont payé le prix sur leurs fonds propres. Un commissaire est venu sur place pour saisir les objets du culte. L’église sera fermée et servira de magasin de fourrages pour les chevaux des soldats de passage dans la commune.

La paix religieuse étant venue, le maire a écrit en 1803 au préfet pour dire que l’église était encore en bon état. Pour les petits travaux de réparation aux vitraux et à la toiture, il a demandé une subvention. Mais, Un peu plus tard, l’église d’Offenheim était pourtant dans un piteux état, de sorte qu’il était même question de la fermer définitivement. Lors de sa réunion du 1er juin 1813, le conseil de fabrique a délibéré en ces termes :

  • l’église d’Offenheim est de première nécessité, car l’église de Stutzheim (il s’agit de l’ancienne église démolie en 1867) est trop petite, et durant l’hiver et le mauvais temps la plupart des habitants ne pourraient profiter des offices religieux ;
  • les quatre habitants d’Offenheim, qui ont racheté cette église durant la révolution sur leurs fonds propres, n’ont pas encore été remboursés par la communauté ;

les paroissiens sont volontaires pour faire face aux frais de réparations actuelles du bâtiment et aux dépenses d’entretien 

  • Le conseil de fabrique s’adressera au ministre des cultes pour obtenir l’autorisation pour que l’église en question reste à la commune d’Offenheim, pour continuer d’y célébrer son service divin comme toujours.

En 1819, le trésorier du conseil de fabrique note qu’aucun compte régulier n’a plus été rendu depuis 1793, chaque particulier a payé ses intérêts (fermages), anniversaires de messe et autres redevances soit entre les mains de M. le curé ou du maître d’école, soit en achetant des objets nécessaires à la célébration du culte. Il était temps de régulariser la trésorerie. Cette fois, le calme était bien revenu.

Les trois autels forment un ensemble homogène de style néoclassique ; ils datent des années 1820. Le retable du maître-autel représente saint Arbogast en habits d’évêque du XVIIIe siècle. Des têtes d’angelots sont un clin d’œil au style baroque. La chaire, qui était dans le style des autels, a été enlevée en 1974 dans le cadre de la réforme liturgique.

Les fonts baptismaux portent la date 1687 ; les inscriptions gravées sur les huit côtés de la cuve mentionnent le nom de Jacob Blisch, alors curé d’Offenheim et de Behlenheim, ainsi que les initiales des noms de certains habitants du village.

L’orgue a été construit en 1846 dans l’atelier du facteur d’orgues Martin Wetzel à Strasbourg. Les tuyaux en étain ont été réquisitionnés en 1917 par les autorités militaires allemandes pour les usines de guerre et remplacés provisoirement par des tuyaux en plomb en 1924. Classé Monument historique en 1985, l’instrument a fait l’objet d’une restauration intégrale en 1995 par le facteur d’orgues Yves Koenig de Sarre-Union. La montre (façade) brille de nouveau dans l’éclat des nouveaux tuyaux en étain.

En 1907, des paroissiens ont offert les vitraux figuratifs représentant respectivement dans le chœur le Christ et de la Vierge Marie et dans la nef St Augustin et Ste Odile.

Sur le parvis de l’église se trouvent deux monuments : un calvaire élevé à la mémoire d’un habitant du village décédé accidentellement en 1795 et le Monument aux morts dédié aux victimes militaires des deux guerres mondiales.

Dans le cimetière qui entoure l’église, une famille a fait placer vers 1855 un Mont des oliviers : quatre statues en grès et grandeur nature évoquent un épisode de l’Evangile, le jeudi saint. Autour du Christ en prière dorment ses disciples Pierre, Jacques et Jean.

Le village

Des fouilles archéologiques menées au lieu-dit Heuberg à Pfulgriesheim ont confirmé l’ancienneté de l’occupation du site. Dès 5 000 ans avant notre ère, des chasseurs-éleveurs se sont établis sur les hauteurs qui dominent le petit cours d’eau. Des poteries rubanées et des ossements d’animaux domestiques, notamment le squelette entier d’un jeune porc, permettent de connaître un peu mieux le mode de vie de ces peuplades venues des bords du Danube.

La terminaison en heim du toponyme révèle une ancienne origine francique de la localité, bien que le nom du village n’apparaisse que tardivement, sous la forme Vulncriegesheim.

A travers le Moyen Âge et jusqu’à la Révolution de 1789, le domaine de la seigneurie avec château, maisons, droits seigneuriaux et habitants était un fief de diverses familles de la noblesse alsacienne sans jamais faire partie du bailliage du Kochersberg. Après la famille d’Andlau, et dans le cadre de partages d’héritages ou sous la pression d’ennuis financiers, la seigneurie de Pfulgriesheim est passé entre les mains de diverses autres familles aristocrates, pour tomber en 1774 dans l’escarcelle d’un riche négociant savoyard, Claude Jaccoud, établi à Strasbourg. Ce patrimoine a été dispersé à partir des années 1820. De la demeure seigneuriale, il ne reste que la grange dîmière.

Pour visiter le site de la  commune de Pfulgrisheim

La paroisse et le simultaneum

Dans un rôle des contributions à payer au pape, daté de l’an 1371, apparaît un Leutpriester à Pfulgriesheim. Il faisait partie de ces prêtres ruraux, aussi appelés plébans (en latin plebanus, homme du peuple) qui vivaient parmi leurs paroissiens,  par opposition au haut clergé et aux moines des couvents.

Au XVIe siècle, Pfulgriesheim connaît un grand changement. Dès 1526, Une branche de la famille d’Andlau introduit dans toutes ses propriétés la nouvelle religion prêchée par le réformateur Martin Luther. C’était la règle en vigueur : Tel prince, telle religion. Pfulgriesheim est ainsi devenu une paroisse protestante filiale de Lampertheim. Par la suite, elle sera desservie par un pasteur.

Après le rattachement de l’Alsace à la France en 1648 et surtout après 1680, le roi Louis XIV a mis tout en œuvre pour extirper la « Religion dite réformée » de son Royaume, spécialement en Alsace où vivait une importante population luthérienne. Comble de vexation, dans les villages protestants, le Schultheiss, chef de la localité, devait être catholique, mais les seigneurs protestants ont su contourner cette obligation en nommant un Stabhalter à la tête du village. A Pfulgriesheim, un nom de ferme rappelle cette ancienne fonction. Dans les villages protestants où vivaient au moins sept familles catholiques, et c’était le cas de Pfulgriseheim, l’église locale a été placée sous le statut particulier du simultaneum, ce qui veut dire qu’elle était affectée aux deux cultes. En fait, les deux cultes catholique et protestant étaient célébrés « successivement » et non « simultanément ». A cet effet, le chœur était affecté aux catholiques et la nef aux protestants. Ce régime instauré en 1685 perdure encore aujourd’hui à Pfulgriesheim. C’est un cas unique dans le Kochersberg.

La petite communauté catholique a été successivement rattachée à Pfettisheim, puis à Griesheim. Aujourd’hui, les deux communautés vivent dans un authentique esprit œcuménique. Pour preuve, l’autel, unique depuis 1973, est formé d’une meule d’un moulin à huile du village.

L’église saint Michel.

Galerie  de photos de l’église saint Michel.

De l’église médiévale ne subsiste que le clocher sous forme de tour massive orientée vers l’est. La nef a été reconstruite en 1758 comme l’atteste la date gravée au-dessus de la porte d’entrée. Lors de sa construction, l’église a été dédiée à saint Michel, l’archange qui terrasse Satan.

Le chœur de l’église conserve un joyau de l’époque médiévale. Il s’agit d’une custode ou armoire eucharistique (Sakramentshäuschen), encastrée dans le mur côté gauche. Dans l’église primitive, cette niche, finement sculptée, servait à conserver les hosties consacrées. Ce n’est qu’après le Concile de Trente (1545-1563) que, dans les églises catholiques, le tabernacle a été placé sur le maître-autel, afin de développer, auprès des fidèles, l’adoration du Saint-Sacrement.

La voûte du chœur est décorée de remarquables peintures murales qui datent du XIVe siècle et qui ont été restaurées en 1981. Les scènes représentant la Crucifixion, la Vierge à l’Enfant, l’Adoration des mages, les douze Apôtres forment un ensemble caractéristique du style gothique.

Du XVIIIe siècle datent aussi deux belles pierres tombales placées dans le chœur et en hommage à des membres de la famille seigneuriale du village.

Fête de saint Michel : 29 septembre ! Dictons ruraux :

Quand le vent est au nord le jour de la Saint-Michel, le mois d’octobre est au sec.
Toutes les pluies perdues, à Saint-Michel rendues.
Bise à la Saint-Michel, octobre sec.
Pluie de Saint-Michel sans orage, d’un hiver clément le présage.
Quand l’hirondelle voit la Saint-Michel, l’hiver ne vient qu’à la Noël.

Le village

Des tribus d’agriculteurs et d’éleveurs, venues de la région danubienne,  ont occupé le site dès la période rubanée (4500 av. J.C.). En 1900, lors des travaux de construction d’une voie de tramway, des traces de leurs cabanes et des poteries décorées de rubans (d’où le nom de la période dite rubanée) ont été mises de même qu’une dalle sculptée et une collection de fers à cheval de l’époque romaine.

Au cours du Moyen Âge, la vocation agricole toute la région s’est confirmée jusqu’à devenir le grenier à blé de Strasbourg. Dès 1154, l’abbaye de Schwarzach en Pays de Bade possédait à Stutzheim une grande ferme et un moulin sur la Souffel, ainsi qu’une chapelle. Jusqu’à la Révolution de 1789, le village était une propriété seigneuriale de la famille noble des Wangen installée à Saverne qui possédaient en plus les deux grandes fermes près de l’église. Pour leur compte, le prévôt (Schultheiss) et son conseil administraient la communauté villageoise. Au temps de la Réforme, les barons de Wangen sont restés catholiques ainsi que tous leurs sujets.

En 1790, le gouvernement révolutionnaire a créé les communes en conservant les limites territoriales des anciennes paroisses. En 1800, Napoléon a confié l’administration communale à un maire assisté d’un conseil municipal.

Par sa situation sur la voie royale Paris-Strasbourg, Stutzheim est devenu en 1682 le siège d’un relais de la Poste aux chevaux. Les diligences et autres voitures de poste s’arrêtaient pour laisser monter ou descendre les voyageurs, mais aussi pour changer d’attelage afin de parcourir une nouvelle étape avec des chevaux frais. Des voyageurs illustres sont passés par Stutzheim comme Marie Leziska, future reine de France, le roi Louis XV et Marie Antoinette l’Autrichienne, future épouse de Louis XVI.

En 1784, le maître de poste était un homme fortuné : son établissement comptait 26 chevaux et poulains. Mais, le trafic a pratiquement cessé vers 1807 avec la construction d’un nouveau relais à Ittenheim,

De nouveaux moyens de transport sont apparus à la fin du XIXe siècle. Stutzheim  a  obtenu  en 1887 une station du tramway de la ligne Strasbourg-Truchtersheim, ainsi qu’une gare aux marchandises, notamment affectée au chargement des betteraves sucrières destinées à la Sucrerie-raffinerie d’Erstein.

Pour visiter le site de la mairie de STUTZHEIM – OFFENHEIM,

La paroisse Catholique de Stutzheim – Offenheim

L’église Saints-Pierre-et-Paul

Saints-Pierre-et-Paul – Apôtres

 

Après la rénovation de 2012

La première église paroissiale a été construite dans les années 1200. Un curé a été affecté à la paroisse de Stutzheim en 1270. Un croquis d’architecte, établi en 1867, donne la silhouette de l’édifice, comparable à celle d’autres églises du Kochersberg, à savoir une tour carrée servant de chœur et prolongée par une petite nef.

En 1723, la réfection de la charpente du clocher est effectuée à l’initiative des chanoines de l’église Saint-Pierre-le-Jeune de Strasbourg. La communauté villageoise a pris l’engagement d’assurer, sans salaire, le transport des pierres et du bois. En 1804, l’Enquête dite de l’An XII, Stutzheim comptait 234 habitants, tous catholiques. L’église du village est alors décrite comme étant petite mais solide.

En 1866, des mesures d’urgence doivent être prises pour l’église de Stutzheim qui apparaît comme en mauvais état et trop petite pour accueillir la population des villages de Stutzheim et d’Offenheim (544 habitants) lors de certaines fêtes solennelles. On peut lire dans le registre du conseil de fabrique que « Certains jours on a même constaté des mouvements fort graves. Le maintien de l’ordre pendant les offices divins devient impossible. L’encombrement des fidèles entassés les uns sur les autres cause souvent des incommodités fort désagréables et nuisibles à la santé du prêtre et des assistants ; il est même déjà arrivé que le manque de places a occasionné des altercations très vives, même des rixes qui ont donné lieu à des poursuites judiciaires ». Déjà huit ans auparavant, le préfet était venu pour voir le mauvais état de l’église et a recommandé au maire André Quirin d’entreprendre une reconstruction en promettant son appui et son secours le plus généreux. Mais depuis, rien n’a été fait, faute de ressources.

Pour remédier à cette situation, le curé Aloyse Buntz a ouvert en 1866, avec l’accord du conseil municipal, une liste de souscription dont le produit s’élevait déjà à la somme de 20 000 francs. En plus, les habitants se sont engagés à faire tous les transports des pierres, bois, chaux, ce qui économisait 5 000 francs. La revente des matériaux de la démolition pourrait rapporter 1 600 francs. On arrivait ainsi à des ressources totales de 26 600 francs. A titre de comparaison, le budget annuel de la commune de Stutzheim s’élevait à 4 000 francs !

Avec l’autorisation de l’évêque et du préfet pour une nouvelle construction, le conseil de fabrique forme, le 23 décembre 1866, une commission composée d’un président (le meunier André Mathis), d’un secrétaire (l’aubergiste Joseph Schlosser), d’un trésorier (le curé Buntz) et de trois conseillers : le maire André Quirin, l’adjoint Jacques Lorentz et l’agriculteur Jean Baptiste Pfister. L’architecte Jéhu de Strasbourg présente un projet avec un porche d’entrée donnant sur la place du village. De ce fait, l’église sera orientée vers l’ouest et non plus vers l’est comme le voulait une tradition ancienne. Le cimetière qui entourait l’église devra être déplacé à la limite du village. Les travaux ont été menés à un rythme soutenu. En moyenne, 6 à 10 maçons et une nombreuse main-d’œuvre bénévole du village étaient à l’œuvre sur le chantier où travaillaient aussi les tailleurs de pierre. Tout se faisait à la force des bras. La croix de la flèche a été fabriquée par Antoine Halbwachs, forgeron du village.

Côté finances, le chantier s’est soldé par excédent de 901 francs, soit 37 014 francs de recettes et 36 131 francs de dépenses. En 1869, le maréchal français Bazaine était de passage à Stutzheim et a fait un don de 2 000 francs. Pour sa part, l’empereur Napoléon III n’a pas oublié Stutzheim et a fait cadeau, en 1870, d’une garniture d’autel (crucifix et chandeliers) en laiton doré. Enfin, après l’annexion de l’Alsace à l’Allemagne, le fils de l’empereur Guillaume Ier, également de passage à Stutzheim, a fait un don de 2 000 Mark. La consécration festive de l’église de Stutzheim a été célébrée le 2e dimanche de novembre 1868.

De l’ancienne église, on n’a conservé que quelques sculptures de valeur : une Pietà et les statues de saint Antoine et saint Wendelin.

Les principaux éléments du mobilier ont été acquis auprès d’autres paroisses qui étaient, elles aussi, en train de reconstruire une nouvelle église et qui cherchaient à se séparer de leur ancien mobilier. C’est ainsi que le maître-autel avec son tabernacle de style baroque provient de l’église de Bernardswiller près d’Obernai, village natal du curé Buntz. Sur deux panneaux, l’alpha et l’oméga font référence au texte de l’Apocalypse selon lequel le Christ est le commencement et la fin. Les anges, agenouilllés de part et d’autre du tabernacle, rappellent ceux qui entouraient l’Arche d’alliance de l’Ancien Testament. Les autels latéraux, respectivement dédiés à la Vierge et à St Joseph, viennent de l’église de Zillisheim (Haut-Rhin).

Les vitraux du chœur représentent la Visitation de la Vierge et les deux patrons de l’église, saint Pierre et saint Paul.

Les éléments nouveaux ont été acquis progressivement en fonction des disponibilités et aussi grâce à un don de l’impératrice Augusta épouse du Kaiser Guillaume II en visite à Stutzheim. Au fil des années, le conseil de fabrique a ainsi pu acquérir la chaire de prédication, les 14 tableaux du chemin de croix en 1880, deux nouvelles cloches en 1888, 28 nouveaux bancs livrés par la menuiserie Recht de Schiltigheim. En 1897, la commune a financé l’achat de l’orgue construit par le facteur d’orgue Roethinger de Schiltigheim. Le progrès technique a apporté le confort dans l’église avec l’installation d’un chauffage en 1910 et l’éclairage électrique en 1920. La famille Quirin a offert en 1901 un grand lustre de très belle facture.

Les deux tableaux qui ornent le fonds de l’église proviennent d’une ancienne chapelle de Stutzheim construite en 1699 et démolie en 1956. L’un représente saint Michel terrassant Satan, l’ange déchu. L’autre est une représentation de sainte Apolline, vierge martyre d’Alexandrie qui se serait jetée elle-même dans les flammes en l’an 249 ; en la frappant au visage, ses bourreaux lui auraient cassé les dents. En souvenir de ce supplice, sainte Apolline était invoquée pour le soulagement des maux de dents. On la représente d’ailleurs avec la palme du martyre et une pince. Elle est la patronne des dentistes.

Les fonts baptismaux méritent une attention toute particulière. Ils proviennent de l’église Saint-Pierre-le-Jeune de Strasbourg. Depuis 1685, cette église strasbourgeoise était soumise au régime du simultaneum : le chœur était réservé aux catholiques et les protestants célébraient leur culte dans la nef. Entre 1889 et 1894, la paroisse catholique a fait construire une nouvelle église près du tribunal. Le mobilier catholique de l’ancienne église a alors été vendu et le baptistère est arrivé à Stutzheim. Portés sur ces fonts baptismaux alors encore à Strasbourg, deux enfants ont connu un destin exceptionnel :

  • d’abord en 1786 :  Louis, futur roi de Bavière sous le nom de Louis Ier, fils de Maximilien Joseph, prince palatin de Deux-Ponts, colonel-propriétaire d’un régiment cantonné à Strasbourg. Le roi Louis XVI et la reine Marie-Antoinette étaient par procuration parrain et marraine du petit prince.
  • ensuite en 1858 :  Charles de Foucauld, futur officier, puis explorateur, géographe, prêtre, trappiste, enfin ermite à Tamanrasset au Maroc où il sera assassiné en 1916. Béatifié par le pape Benoît XVI en 2005.

Le village

La localité de Wiwersheim est citée pour la première fois dans un écrit de l’an 782, sous la dénomination Wiufriedeshaim, un toponyme qui contient le mot germanique Friede (la paix).

Selon les documents d’archives, plusieurs institutions religieuses possédaient des biens à Wiwersheim : en 1335 l’abbaye de Marmoutier, en 1364 le couvent St .Marc et l’œuvre Notre-Dame de Strasbourg, en1422 l’abbaye de Schwarzach en Pays de Bade qui est même propriétaire d’une ferme.

Sous l’Ancien Régime, la communauté villageoise ne faisait pas partie du bailliage du Kochersberg, mais était un fief des barons de Wangen en résidence à Saverne. Malgré les distances, le baron imposait à ses sujets une vie disciplinée. C’est ainsi qu’en 1769 il a fait publier un règlement de police qui prévoyait notamment qu’aucun habitant du village ne devait se trouver à l’auberge pendant la messe ou pendant les vêpres du dimanche et des jours de fête, sous peine d’amende. 

Tout allait changer avec la Révolution de 1789, sauf l’agriculture toujours omniprésente. L’emblème du laboureur reste toujours gravé sur le portail d’une grande ferme du XVIIIe siècle. Il s’agit du curoir ou grattoir (en alsacien Riddel), outil utilisé par le laboureur pour nettoyer le soc de sa charrue. Mais dans ce domaine, le progrès est aussi arrivé. En 1935, le Comptoir agricole de Hochfelden a fait construire l’imposant silo à grains à proximité de la station du tramway.

L’Histoire de France a touché Wiwersheim le 23 novembre 1944 quand le général Leclerc a installé son quartier général à l’école du village pour diriger les opérations de la 2ème Division blindée dans la libération de Strasbourg.

La paroisse

n état des impôts à payer à la papauté de l’an 1371 mentionne un curé résident pour Wiwersheim et Offenheim. En 1391, la paroisse filiale de Wiwersheim était desservie par le vicaire perpétuel Nicolas Wernher. Une vingtaine d’années plus tard, notamment en 1419, le service pastoral était confié au curé Adam de Truchtersheim. En 1454, l’église de Wiwersheim a été incorporée à l’abbaye bénédictine de Schwarzach dans le Pays de Bade sur la rive droite du Rhin. Par la suite, Wiwersheim est devenue une filiale de Dossenheim. En1693, Wiwersheim comptait 20 familles avec 73 personnes adultes (admis à la table de communion) et 52 enfants.

Dans le cadre du Concordat de 1802, Wiwersheim a reçu le statut de paroisse autonome. Jean Jacques Georges Amon en fut le premier curé et s’installa dans l’ancienne maison du pèlerinage, devenue presbytère ; selon l’Enquête de l’An XII, il était de constitution robuste et a fait preuve de beaucoup de zèle pastoral.

En 1819, alors que le siège épiscopal de Strasbourg était vacant depuis sept ans, l’évêché a publié un projet des paroisses qui doivent être supprimées (et transformées en filiales). Wiwersheim était dans le lot. La réaction ne s’est pas fait attendre. Sans tarder, le curé et les élus ont envoyé une lettre de protestation à l’évêché en fournissant les motifs qui s’opposaient à ce projet malheureux. Heureusement, en 1820 ; un nouvel évêque a été nommé à Strasbourg. Il a su prêter une oreille attentive aux arguments des autorités locales : Wiwersheim restera paroisse !

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Trois églises et une chapelle

L’église saint Georges

L’église primitive de Wiwersheim a été construite vers les années 1200 dans l’enceinte du cimetière. Elle était dédiée saint Georges, l’un des quatorze saints auxiliaires vénérés en Alsace.

L’ancienne église saint Cyriaque

Dans les années 1700, le seigneur de Wangen et les autorités locales ont décidé de démolir l’église romane et d’en construire une nouvelle sur le même emplacement. On a profité des travaux pour changer de saint patron. Désormais, saint Georges sera remplacé par saint Cyriaque, un martyr romain mort en l’an 309. Saint Cyriaque figure aussi dans le groupe des Quatorze Saints auxiliateurs ; il est fêté le 8 août, particulièrement à l’abbaye bénédictine d’Altorf qui possède au beau reliquaire.

Cette nouvelle église était modeste, sans flèche et sans cachet particulier. L’intérieur était orné d’un certain nombre d’œuvres d’art et d’éléments de mobilier de qualité. Dès 1843, cette église est devenue trop petite. En 1847, elle est fermée au culte et deviendra rapidement une ruine ; les autels de saint Cyriaque, de la Vierge et de saint Antoine de Padoue sont délabrés. Désaffectée pendant quarante ans, cette église du cimetière sera démolie en 1887.

En attendant, les offices sont célébrés dans la chapelle du pèlerinage. Mais bientôt cette chapelle offrira elle aussi trop peu d’espace.

La nouvelle église saint Cyriaque

En1884, le curé Daull a lancé le projet de construction d’une nouvelle église. L’Alsace était allemande depuis 1871. Ce projet n’a pas été accepté par tous les habitants, mais, par un geste de générosité, une paroissienne a promis au curé un don de 8 000 Mark, une somme importante. Pour 1886-1887, le conseil municipal a voté un budget de 7 768,29 Mark mais n’a pas pu le réaliser, faute de moyens. Finalement, il a adopté la conclusion d’un emprunt de 10 000 Mark remboursable en dix ans avec intérêt à 4,5 %. Pour sa part, le curé a entrepris des quêtes dans des paroisses proches et lointaines comme à Erstein. Il a aussi remué ciel et terre pour avoir des subventions à la préfecture (allemande), à l’évêché et personnellement chez l’évêque auxiliaire Mgr Stumpf. 

Pour construire la nouvelle église, il a fallu d’abord démolir la chapelle du pèlerinage qui méritait pourtant un certain intérêt. L’ancien chœur de style gothique (des années 1430-1450) a été réemployé dans la nouvelle construction.

Divers éléments de valeur ont également été sauvegardés :

  • la statue de Notre-Dame des douleurs, belle sculpture en bois du XVe siècle ;
  • un tronc en grès du XVe siècle ;
  • le monument funéraire d’un religieux du XVIe siècle ;
  • un vitrail comprenant cinq parties et datant de la fin du XVe siècle représentant saint Georges, une Vierge à l’enfant, deux petites figures et un blason familial.

Dans le même temps, on a aussi prévu de remettre dans le nouvel édifice deux éléments du mobilier provenant de l’ancienne église du cimetière : une table d’autel en chêne massif datant des années 1775-1789 et un monument funéraire du XVIIIe du siècle dédié à une noble dame de la famille des barons de Wangen, née Stumpf von Schwanburg.

Durant les travaux, le curé a été autorisé à mettre le tabernacle au presbytère dans une chambre bien ornée, de célébrer la messe dans la salle d’école et d’entendre à confesse dans un confessionnal mis au presbytère.

La première pierre de la nouvelle église a été posée le 13 mai 1887, jour de l’Ascension. Les travaux ont été bien menés sous la surveillance de l’architecte au point que la cérémonie officielle de la bénédiction a pu être célébrée le 26 février 1888, 2e dimanche de carême.

La chapelle du pèlerinage

L’histoire de la chapelle du pèlerinage de Wiwersheim remonte au XVe siècle.

Le 29 mai 1459, l’évêque de Strasbourg a rapporté qu’il a reçu, il y a bien des années déjà, la visite d’un Bruder (frère, religieux, ermite ?) nommé Henselin (Hans, Jean) Gungesheim qui avait acheté, sur ses propres deniers, un terrain à Wiwersheim pour y édifier une chapelle en l’honneur de Dieu et de Notre-Dame. Henselin Gungesheim priait l’évêque de le nommer économe de cette chapelle de Wiwersheim et de lui accorder sa protection. Qui était donc ce Henselin Gungesheim et d’où était-il venu ? Il n’était sans doute pas un pauvre ermite errant qui aurait posé, un jour, sa besace de mendiant à proximité du village de Wiwersheim. On sait en effet qu’il était père de famille, soucieux de ses héritiers, qu’il a été accueilli par le noble seigneur évêque en personne et qu’il disposait de moyens financiers suffisants pour acheter un terrain à Wiwersheim et y faire construire une chapelle dont il sera l’économe. L’évêque auxiliaire de Strasbourg se déplacera même pour consacrer cette nouvelle chapelle.

Par la suite, le sanctuaire était une possession des béguines, une association de vierges et de veuves qui vivaient sans vœu en de petites communautés, instruisant la jeunesse et soignant les malades. Strasbourg possédait plus de cinquante maisons de béguines placées sous la direction spirituelle des dominicains.

Plus tard, la chapelle est devenue la propriété des Chevaliers de Saint-Jean installés à Strasbourg.  En 1617, voulant redonner à la chapelle son ancienne splendeur d’avant la Réforme, l’évêque l’a incorporée au collège des jésuites de Molsheim. Pendant 139 années et avec beaucoup de zèle apostolique, les jésuites ont ainsi dirigé le pèlerinage jusqu’au jour où leur Compagnie a été bannie du Royaume de France.  Par un inventaire de 1730, on sait que l’intérieur était richement décoré. Sur le maître-autel baroque se trouvait, en bonne place, la statue de Notre-Dame des douleurs (pietà). Les autels latéraux étaient ornés de tableaux représentant saint Ignace de Loyola, saint François Xavier et le Christ devant Pilate (Ecce homo). 

Lors de la Révolution de 1789, la chapelle a été mise en vente par le gouvernement au bénéfice de la Nation. La chapelle a été achetée par la famille Klein de Wiwersheim qui la possédait encore en 1843 quand le conseil de fabrique a décidé d’aménager la chapelle en église paroissiale. Au moment de la construction de la nouvelle église paroissiale, le conseil municipal a décidé de la faire démolir, car trop petite et trop basse avec des bancs trop courts, chacun ne pouvant accueillir que cinq personnes.