Année 2021 – Une année dédiée à saint Joseph

Joseph, un père aimé

Dans sa lettre apostolique Patris corde, lettre par laquelle le pape François a décrété cette année qui commence, l’année dédiée à saint Joseph, le pape a fait remarquer que le but de cette Lettre Apostolique est de faire grandir en chaque chrétien l’amour envers ce grand saint, saint Joseph, pour être poussé à implorer son intercession et pour imiter ses vertus et son élan. Puis le Pape met l’accent sur 7 qualités de saint Joseph qu’il nous invite à imiter : Joseph, comme un père aimé, un père dans la tendresse, un père dans l’obéissance, un père dans l’accueil, un père au courage créatif, un père travailleur, un père dans l’ombre.

Aujourd’hui, nous allons parler du premier trait qui caractérise saint Joseph, cité par le pape François : Joseph, un père aimé. Comment est-il un père aimé ? Saint Joseph est un père aimé parce qu’il est l’un des saints les plus vénérés dans l’Église. Il est vrai que durant les premiers siècles, l’Église ne rendait pas de culte particulier à saint Joseph. Le culte à saint Joseph a commencé pendant la période des croisades et des pèlerinages en Terre sainte. À la suite de cette dévotion populaire débute un travail liturgique et théologique. Le père adoptif du Christ est particulièrement honoré dans le monachisme, notamment chez les franciscains et les dominicains.

La France a joué un rôle important dans le développement du culte à saint Joseph. C’est au XVe siècle, que le théologien français Jean Gerson, a commencé par œuvrer pour promouvoir le culte à saint Joseph. Il compose le premier livre écrit en l’honneur de Joseph et, lors du concile de Constance (1414-1418), il plaide en faveur d’une solennité nouvelle, pour qu’une fête propre lui soit dédiée. La fête de saint Joseph est alors inscrite au missel romain.

Si les guerres de religion freinent l’expansion de cette dévotion en France, il n’en est pas de même pour l’Espagne, où sainte Thérèse d’Avila lui donne une impulsion décisive. Particulièrement attachée à l’image toute paternelle de Joseph, elle l’invoque et le prie sans cesse ; il est son soutien dans toutes ses tribulations. Sur les dix-huit monastères qu’elle fonde, treize portent le nom de Saint-Joseph. Lors d’une de ses extases, la Sainte Vierge Marie lui révèle le plaisir qu’elle prend à l’entendre invoquer son époux Joseph.

Au début du XVIIe siècle, les papes Grégoire XV et Urbain VIII rendent la célébration de la solennité de saint Joseph obligatoire pour toute la chrétienté, la fête est alors fixée au 19 mars. Quelques années plus tard, au mois de juin 1660, saint Joseph apparaît à un jeune berger assoiffé, près du village de Cotignac, et lui indique une source miraculeuse. L’apparition est immédiatement reconnue par l’évêque du lieu, et les pèlerinages se multiplient. Progressivement, saint Joseph est devenu l’un des saints les plus aimés.

Le pape François dit qu’en raison de son rôle dans l’histoire du salut, saint Joseph est un père qui a toujours été aimé par le peuple chrétien comme le démontre le fait que, dans le monde entier, de nombreuses églises lui ont été dédiées. Plusieurs Instituts religieux, Confréries et groupes ecclésiaux sont inspirés de sa spiritualité et portent son nom, et diverses représentations sacrées se déroulent depuis des siècles en son honneur. De nombreux saints et saintes ont été ses dévots passionnés, parmi lesquels Thérèse d’Avila qui l’adopta comme avocat et intercesseur, se recommandant beaucoup à lui et recevant toutes les grâces qu’elle lui demandait ; encouragée par son expérience, la sainte persuadait les autres à lui être dévots.

Dans tout manuel de prière, on trouve des oraisons à saint Joseph. Des invocations particulières lui sont adressées tous les mercredis, et spécialement durant le mois de mars qui lui est traditionnellement dédié.

La confiance du peuple en saint Joseph est résumée dans l’expression “ite ad Joseph” qui fait référence au temps de la famine en Égypte quand les gens demandaient du pain au pharaon, et il répondait : « Allez trouver Joseph, et faites ce qu’il vous dira » (Genèse 41, 55). Il s’agit de Joseph, le fils de Jacob qui par jalousie avait été vendu par ses frères (cf. Genèse 37, 11-28) et qui – selon le récit biblique – est devenu par la suite vice-roi d’Égypte (cf. Genèse 41, 41-44).

Mais si saint Joseph est un père aimé par les chrétiens, c’est parce qu’il est d’abord un père aimé par Dieu et par Marie. Et son cœur est aussi rempli d’amour pour Dieu et pour les autres.

Par exemple, quand il a appris que Marie était enceinte et qu’il savait qu’il n’était pas l’auteur de sa grossesse, à cause de l’amour qu’il avait pour Marie sa fiancée et à cause de l’amour qu’il avait pour Dieu, il a décidé de faire autrement. Saint Matthieu nous le dit dans son écrit au chapitre 1, 18-19 : « Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret ». Cet amour pour Marie et pour l’enfant Dieu l’a poussé à travailler dur et tout faire pour s’occuper de cette famille que Dieu lui a confiée. Le Pape François disait que « la grandeur de saint Joseph consiste dans le fait qu’il a été l’époux de Marie et le père adoptif de Jésus ». Le pape François reprend d’ailleurs dans sa lettre la pensée du pape saint Paul VI qui observe que sa paternité s’est exprimée concrètement dans le fait « d’avoir fait de sa vie un service, un sacrifice au mystère de l’incarnation et à la mission rédemptrice qui y est jointe ; d’avoir usé de l’autorité légale qui lui revenait sur la sainte Famille pour lui faire un don total de soi, de sa vie, de son travail ; d’avoir converti sa vocation humaine à l’amour domestique dans la surhumaine oblation de soi, de son cœur et de toute capacité d’amour mise au service du Messie germé dans sa maison ».

Dieu l’aimait aussi d’un amour particulier. Saint Bernardin de Sienne disait que « l’Enfant-Dieu agissait sur l’âme de son père nourricier par toutes les voies extérieures, par son regard, par son filial sourire, par ses paroles, par ses caresses. »

Père Bernardin