Parole du temps de carême – 4ème dimanche

Homélie proposée par le Père Bernardin Kinnoumè pour le 4ème dimanche du temps de carême année A – dimanche 22 mars

PREMIÈRE LECTURE

1 Samuel 16,1b.6-7.10-13a

DEUXIÈME LECTURE

Lettre de saint Paul aux Éphésiens 5,8-14

ÉVANGILE

Jean 9, 1-41

Homélie

« Le Seigneur dit à Samuel : « Ne considère pas son apparence ni sa haute taille, car je l’ai écarté. Dieu ne regarde pas comme les hommes : les hommes regardent l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur. » »

Chers frères et sœurs dans le Christ, tout au long du temps de carême, nous sommes invités à changer nos cœurs et à ressembler davantage au Seigneur dans notre vie de chaque jour. C’est pour nous aider dans ce cheminement que la liturgie de ce dimanche nous propose ces textes bibliques qui nous invitent à changer notre regard sur les personnes et les événements.

Dans la première lecture, tirée du premier livre de Samuel au chapitre 16, on nous raconte l’histoire du choix et de la consécration de David comme roi du peuple d’Israël. Avant David, il y avait un autre roi qui régnait sur Israël, il s’appelait Saül. Malheureusement, il a désobéi à Dieu, et Dieu l’a rejeté. Il a décidé de se choisir un autre roi pour son peuple. Alors un jour, il invite son serviteur et prophète Samuel à se rendre chez un père de famille, Jessé pour consacrer un de ses enfants comme le nouveau roi qui remplacera le roi Saül. Le premier des fils que Samuel aperçoit est Eliab. C’est un beau et grand garçon. Samuel n’hésite pas. C’est sûrement lui qu’il faut consacrer. Ce garçon a la prestance qui convient aux rois. Mais rapidement Samuel doit déchanter. Malgré son apparence, ses qualités et sa beauté, ce n’est pas lui que le Seigneur a choisi. Car si les hommes regardent l’apparence, Dieu regarde le cœur. Ainsi Jessé a fait défiler tous les 7 premiers fils, mais aucun d’eux n’a été choisi par Dieu. En effet, Dieu ne regarde pas comme nous les hommes nous regardons. C’est le plus jeune, le huitième fils que Dieu a choisi. Car c’est celui qui a un cœur qui plaît au Seigneur.

Cela me rappelle une petite histoire. Je crois que je vous ai déjà dit que quand j’étais tout petit j’aimais beaucoup jouer au football. Je faisais partie de la petite équipe de mon école et on allait représenter notre école pour les tournois. Et comme dans toute équipe, on choisit toujours un capitaine d’équipe. Habituellement, le capitaine est choisi parmi les plus âgés de la classe de CM2 qui étaient souvent les meilleurs joueurs. Arrivés au CM2 on s’attendait à être capitaine. Mais on a été tous surpris. Cette année-là le directeur choisit un petit écolier de CE2 comme notre capitaine. Il avait sans doute ses raisons. Eh bien, c’est ce que Dieu fait souvent.

La liturgie de ce 4e dimanche de carême nous enseigne deux choses très importantes pour notre vie de chrétien et surtout pour ce temps de carême. D’abord, ce que Dieu cherche dans notre vie, ce n’est pas ce que nous sommes, ce n’est pas ce nous avons ou ce que nous savons faire, ce qu’il cherche c’est notre cœur qui doit lui être agréable ; un cœur où il peut en faire sa demeure, un cœur pur, un cœur miséricordieux, un cœur attaché à lui, un cœur disponible à le servir, à l’aimer… La deuxième chose, c’est que ce passage nous invite à être comme Dieu, à avoir un regard bienveillant sur les autres. Nous sommes appelés à toujours aller au-delà des apparences, en effet il y a l’image de Dieu en toute personne que nous rencontrons.

C’est d’ailleurs ce que nous retrouvons dans l’évangile de ce jour. En sortant du Temple, Jésus vit sur son passage un homme aveugle de naissance qui certainement mendiait. Jésus le vit et il n’a pas détourné son regard de lui. Son regard était plein de bonté et de miséricorde. Sans que l’aveugle ne lui demande quoi que ce soit, il l’approcha et le traite avec bonté : il le guérit. Mais certains pharisiens n’avaient pas ce regard de Jésus. Ils ont commencé par critiquer Jésus et maltraiter cet homme qui a retrouvé la vue. Eh oui, des fois nous portons facilement sur les autres des regards de suspicion, de jugement, de mépris… Aujourd’hui, demandons au Seigneur de nous aider à grandir dans la foi et dans notre attachement à lui afin que nous puissions être comme lui, pleins de bonté.