Concert ténor et orgue

à Mulhouse

Du baroque au romantisme russe

avec

  • Aurore BAAL, orgue
  • Mykola TETIUK, ténor

Y ALLER

Concert dimanche 20 septembre à 17 h à l’église Sainte-Marie, rue des Franciscains à Mulhouse (parking Maréchaux conseillé).

Entrée libre – plateau

CONSIGNES DE SECURITE SANITAIRE:

La reprise autorisée des concerts s’accompagne de mesures de prévention sanitaire, auxquelles nous sommes très attentifs. Nous vous demanderons :

  • de respecter les règles de distanciation physique indiquée dans l’église
  • de porter le masque
  • de vous désinfecter les mains au moyen du gel hydroalcoolique mis à votre disposition à l’entrée de l’église.

    Renseignementsste.marie.ecv@gmail.com ou 03.89.46.42.84.
     
    Ce programme alternera des pièces solo pour orgue et des pièces pour ténor et orgue. Les thèmes abordés seront l’anxiété, le vent qui murmure, les profondeurs des eaux, la lumière à travers les cieux. Est-ce une invitation à retrouver un lien spirituel avec la nature en ces temps de crise sanitaire et de préoccupations écologiques ? 
      
    L’organiste jouera en solo des oeuvres connues comme les deux œuvres de Bach, mais aussi des œuvres inédites comme la miniature pour horloge mécanique “le vol des anges” de Händel ou encore l’aria du compositeur géorgien-arménien Tariverdiev, qui était organiste mais rendu célèbre pour ses musiques de films (plus de 130 films, récompensées aux USA et par le régime soviétique). Le grand orgue Callinet,  d’esthétique début XIXe siècle, se prête aussi aux transcriptions orchestrales, telles que l’aria “Verbirgt” de la cantate BWV 104 ou encore “Tchérémoche” de Lioudkevitch. Ce compositeur ukrainien a fondé le premier orchestre symphonique de l’ouest à Lviv et a enseigné la composition au Conservatoire de musique de Lviv (début XXe siècle) . C’est dans ce conservatoire que Mykola Tetiuk, ténor, a suivi sa formation de chanteur cent ans plus tard. Il a mis en musique le “Notre père” en ukrainien, que l’on pourra entendre juste avant la pièce de Lioudkevitch. 

    Stylistiquement, le programme met en valeur l’époque baroque avec deux piliers bien connus de nos auditeurs : J.S. Bach et G. Händel en langue anglaise et allemande. Le messie de Handel fut composé en quinze jours en 1741 mais subit ultérieurement plusieurs modifications, vous entendrez un récitatif et air pour ténor issus du début. Les textes proviennent d’Isaie 40, traduction de l’époque en usage en Angleterre. “Consolez mon peuple, dit votre Dieu; réconfortez Jérusalem”. L’air de Bach lui traite de la volonté de Dieu de nous guider, tel un bon berger. “Tous les matins apparaît la bonté nouvelle du berger. Que l’on berger se cache trop longtemps et le désert me rend anxieux. J’avance d’un pas faible.”
    Ensuite, les débuts du romantisme sont abordés en langue allemande toujours avec deux représentants toujours bien connus que sont Schumann et Schubert. Les deux œuvres, “ich grolle nicht” et “le roi des aulnes” sont des oeuvres de référence encore aujourd’hui pour quiconque étudie l’harmonie, des deux côtés du Rhin. 
    Enfin, le décor se plantera à Paris, avec le musicien Belge qui dut se fait naturaliser français afin d’avoir le droit d’étudier à Paris, vous l’avez reconnu, il s’agit de César Franck. S’il est bien connu pour son Panis Angelicus, l’on oublie souvent, que cette oeuvre provient de la messe solennelle opus 12 de 1860. C’est l’époque des premières œuvres célèbres de Franck. A cette époque, il est installé dans son troisième et dernier poste d’organiste à Sainte Clotilde. Avant de mourir en 1890, il compose à côté de son testament musical (les trois chorals), une série de petits opus pour organistes liturgiques : “l’organiste”. Vous entendrez une de ses propositions pour la communion. 

    Tchérémoche” est peut-être la plus grande découverte de ce programme. Oeuvre qui vient personnifier le fleuve des Carpates, qui se jette dans le Danube. Les marchands de bois découpent dans les forêts des Carpates les troncs et les acheminent au point de vente en construisant avec des radeaux. Exactement comme auparavant entre Bâle et Amsterdam avec le Rhin. Un marchand de bois chante sur son radeau ce chant:  “Toi Tchérémoche mon frère, accélère ton cours. Sur ton dos, je pose très haut mon chargement haut comme une montagne. Je veux poser mon chargement et ma mélancolie où sont les rochers sous-marins“. 

    La pièce de Scriabine, le second prélude de l’opus 11 nous transporte en 1888. Nous avons un enregistrement de Scriabine lui-même grâce aux piano-enregistreurs sur rouleaux de Welte-mignon. On dénote une grande flexibilité dans le rubato et une grande expressivité dans le conduit des phrases. L’orgue permet aux lignes mélodiques principales d’être davantage mises en valeur par leur timbre, grâce aux choix des registres et répartition du texte musical sur plusieurs claviers.
 En sortant de cette pièce mélancolique, on arrive dans les rêves fauréens bien connus. Cette fois, on n’appelle plus les eaux des Carpates ukrainiennes mais les cieux français, qui entrouvrent leurs nues, et on aperçoit la lumière. C’est un appel déchirant à la nuit et aux songes “Reviens, radieuse, ô nuit mystérieuse”. La sérénade qui suit traite des mêmes thèmes, des rêves, du sommeil et de l’homme qui chante sous la fenêtre de son aimée: “Mon chant s’éteint en un accent suprême, ma lèvre tremble en murmurant je t’aime. Je ne peux plus chanter. Daigne apparaître !”

Si l’on connaît le compositeur et chef d’orchestre Darius Milhaud pour son lien au groupe des six, sous la houlette de Jean Cocteau, pour son ballet de 1929 “le boeuf sur le toit”, on connaît moins ses Lieder chant-piano. Les trois chansons de troubadours mélangent dans leur texte et musique, une certaine influence de modernité avec une volonté de recréer une atmosphère moyen-âgeuse,  comme on se le représentait à l’époque des années folles. Le texte soigneusement choisi, est signé de Valmy Baisse, poète (prix de la société des poètes français) et secrétaire général de la Comédie Française dès 1937. 

Par exemple, la seconde chanson évoque les chansons d’amour courtois “Belle dame de mon émoi, qui peut entendre votre voix, ou regarder vos yeux sans être, amoureux fou de tout votre être ? “. Ce jeu de regard et du choix de la Dame est un thème bien connu, cependant, l’auteur utilise un lexique tout à fait contemporain et des rimes somme toute classique (aaaaa ou encore aabbcc). 

PROGRAMME

J.S. BACH (1685-1750)              Praeludium in C-Dur 
G.F. HÄNDEL (1685-1759)         “Every valley” extrait du Messie 
                                                    Voluntary, flight of angels
 
J.S. BACH (1685-1750)              Verbirgt, BWV 104
                                                    Orgelbüchlein, ich ruf zu dir
 
R. SCHUMANN (1810-1856)       Ich grolle nicht
 
F. SCHUBERT (1797-1828)         Erlkönig
 
C. FRANCK (1822-1890)             Panis angelicus 
                                                    Communion (extrait de L’organiste)
 
J.G. RHEINBERGER (1839-1901)   4. Vater Unser (Op.157)
 
M.TARIVERDIEV (1931-1996)      2.Aria aus der concerto cassandra
 
Mykola TETIUK (1989*)                Otche Nasch
 
S.LIUDKEWYTCH (1879-1979)    Tcheremoche, brate mij
 
A.SCRIABINE (1872-1915)           Preludes 2,5,21,22 opus 11 (wählen 1)
 
G.FAURE (1845-1924)                 Après un rêve
                                                     Sérénade
 
D.MILHAUD (1892-1974)             Trois chansons de troubadours
 

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organisé avec le soutien de la Ville de Mulhouse


BIOGRAPHIES


Mykola TETIUK est un ténor lyrique de nationalité ukrainienne (et d’origine moldave), né en 1989. Il obtient un master en chant lyrique au Conservatoire National de musique de Lvov (Ukraine de l’ouest) en 2014. Il suit les masterclasses de Paul Hunka, Ursula Schönhals et Hyo Soon Lee. Depuis, il donne des concerts de lieder et enseigne le chant.  Il prépare une thèse de doctorat sur l’interprétation de la musique et du texte. Il est par ailleurs passionné par l’apprentissage des langues étrangères. Participer à la création d’oeuvres  contemporaines lui tient à coeur. Récemment, en 2019, il donna ses premiers concerts en suisse avec notemment de la musique du compositeur suisse Werner Werli et du compositeur ukrainien Myroslaw Wolynski.  Il a été premier ténor dans le choeur de l’opéra national de Lvov

Aurore BAAL, née en 1989, a découvert la musique en Normandie. Pour suivre sa passion, elle est partie à Lyon (2005-2010), où elle obtint les prix du conservatoire de Région de piano, d’orgue (Classe Louis Robilliard puis Yves Lafargue). Elle obtint à Mâcon, le prix de perfectionnement en piano chez Bruno Robilliard (2009). En 2011, elle choisit de se consacrer à l’orgue et part se perfectionner à Hambourg. Puis en 2012, elle suit Wolfgang Zerer à Bâle à la Schola Cantorum en musique ancienne (Master en 2016). Elle entame un master d’interprétation moderne dans la classe de Martin Sander à Bâle (2016-2018). Elle suivit les cours de Daniel Maurer à Strasbourg (prix de spécialisation en février 2015). Elle est aussi musicologue (Master recherche, 2011, Lyon). En septembre 2016, elle remporte le Premier Prix Paul-Hofhaimer du concours d’orgue d’Innsbruck et devient donc la 6e personne portant ce Prix. Elle a suivi de nombreuses master-classes (Boysen, Thiry, Robilliard, Radulescu, Vaudray, Van Dijk…). La musicienne multiplie la diversité de ses concerts en jouant en tant que soliste, en musique de chambre et avec de nombreux choeurs et orchestres en France, Ukraine, Suisse, Allemagne, Italie, Luxembourg, Autriche. Elle dirige plusieurs chœurs et ensembles dont le consort Maximilian, et Orchestra Neukomm.