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Homélie abbé Martz – 4ème Dimanche de Pâques

Évangile (Jn 10, 27-30)

En ce temps-là, Jésus déclara : « Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, et personne ne les arrachera de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut les arracher de la main du Père. Le Père et moi, nous sommes UN. »

Ce quatrième dimanche de Pâques est le dimanche de prière pour les vocations. La question est évidemment vitale pour la vie de nos paroisses et communautés.

Samedi et Dimanche dernier a eu lieu un colloque sur les vocations, à Paris. Des responsables de séminaires et de communautés religieuses de France se sont rencontrés.

 La journée annuelle des vocations nous rappelle que le Christ veut nous associer tous à sa mission de « Berger de toute humanité ».

Si les mots « Monseigneur » ou même « Père » agacent certains fidèles, ce n’est pas le cas du mot pasteur. La figure du Pasteur ou berger traverse toute la Tradition judéo-chrétienne. Jésus l’assume pour lui-même :« Je suis le bon berger ». L’Eglise et la tradition chrétienne aussi l’assument : non seulement les protestants qui ont des pasteurs mais aussi l’Eglise catholique. Sous le terme « pasteur » sont désignés évêques, prêtres, père-abbés, prieurs, et même catéchistes et animateurs des divers groupes.

L’évangile d’aujourd’hui, ce court passage de cette parabole du Bon Berger, insiste sur la voix du Pasteur : « Les brebis écoutent ma voix ». Alors, comment on peut entendre cette voix de Dieu ? Sinon à travers des personnes très concrètes ?

Croire en Jésus est le Bon Pasteur nous amène donc tout naturellement à nous soucier des vocations sacerdotales et consacrées,

Face au constat des chiffres en baisse dans les séminaires et les noviciats, les organisateurs du Congrès se posent de graves questions. Comment appréhender le célibat consacré ? Quels mots, pour parler plus justement des vocations – notamment religieuses et sacerdotales – dans une société sécularisée ? Et plus largement, comment favoriser un engagement pour la durée entière d’une vie, auprès d’une génération touchée par une crise de l’engagement ?

Premier constat, il y a beaucoup de possibilités pour peu de candidats. Le nombre de participants à un tel congrès illustre la diversité des charismes représentés : prêtres séculiers, religieux et religieuses apostoliques, moines et moniales et des formules originales intermédiaires. Il y a tant de propositions diverses, les unes neuves, les autres héritées du passé. C’est à tel point que l’effondrement du nombre de candidats à la vie religieuse a pu alimenter ces dernières années une certaine concurrence. Chaque institut a pu avoir la peur de perdre “ses” jeunes. Cela peut être source de tensions.

Deuxième constat : un appel de Dieu est précis. Un curé est un curé, un moine est un moine, un diacre est un diacre. On n’est pas capable de tout faire.

Les autres peuvent nous aider à voir ce qu’on est capable de faire et ce qu’on ne sait pas faire Mais chacun doit trouver ce qui le rend heureux et va lui permettre de donner le meilleur. L’appel de Dieu est un appel à se réaliser, à trouver son bonheur, son épanouissement à travers les services qu’on va rendre. Frère Adrien Candiard, un dominicain, écrit : « Il y a encore souvent cette idée qu’obéir à la volonté de Dieu – qui nous serait extérieure – revient à s’interdire de vivre, ou à aller contre son élan vital… Or ce que dit l’Ecriture est assez différent. Il faut faire entendre que la volonté de Dieu est que nous fassions la nôtre ! ». Oui, je le relis : la volonté de Dieu est que nous fassions la nôtre !

Mais deux choses me semblent s’appliquer à toutes les vocations pastorales dans leurs grandes diversités. Je relève dans l’Evangile de ce matin deux expressions.

Une formule, « Je leur donne la vie éternelle » et un mot : « connaitre ».

Je leur donne la vie éternelle : « Que le troupeau parvienne là où son Pasteur est entré victorieux » demandions-nous au début de cette eucharistie. Tout passe, la jeunesse, la santé, le prestige de nos situations sociales. Seule demeure ce bien infiniment désirable : la vie éternelle.

L’Apocalypse célèbre une foule de ceux qui ont lavé leurs robes, les ont blanchies par le sang de l’Agneau. Ces martyrs des premiers’ temps misaient toute leur vie sur l’accès à la vie éternelle. Ils l’avaient mieux compris que « l’homo consummator » actuel : tout passe, la jeunesse, la santé, le prestige de nos situations sociales. Seule demeure ce bien infiniment désirable : la vie éternelle.

Aussi un Pasteur, qu’elle que soit sa fonction, n’est pas un animateur socio-culturel. Il n’est pas là pour créer du spectacle et de la distraction. Il doit se soucier du salut éternel de ses brebis.

Pour cela, il doit les connaitre : Dans l’évangile de ce jour, Jésus se présente à nous comme le “bon berger” qui connaît parfaitement chacune de ses brebis. Cela ne signifie pas que l’on a des renseignements détaillés sur les personnes. Quand Jésus nous dit qu’il connaît ses brebis, cela signifie qu’il voit les points faibles de chacune et qu’il prend soin d’elles. Son amour est tellement immense qu’il va jusqu’à donner sa vie pour elles.

Un Pasteur ne peut pas être un employé qui fait son petit travail. Il doit pouvoir nouer des relations personnelles avec chacun.  Et c’est la grande difficulté d’aujourd’hui.D’une part à cause de la taille des communautés de paroisses, d’autre part à cause de la durée raccourcie des mandats pastoraux en France.