Homélie abbé Martz – Premier janvier 2021

Liturgiquement, nous fêtons Sainte Marie Mère de Dieu. Au plan mondial, nous célébrons la journée mondiale de la paix : qui a pour thème cette année LA CULTURE DU SOIN COMME PARCOURS DE PAIX.  Communément, c’est le premier jour de 2021 et l’on se dit Bonne Année. Un rituel que je n’aimais pas étant enfant, quand maman m’obligeait à faire le tour de toute la famille : « Tu diras Bonne Année » !

Mais avec l’âge, j’ai appris à apprécier cette coutume.  Elle permet la rencontre des générations et c’est bon un prétexte à renouer certains contacts même si, cette année, et c’est dommage, on ne se fera pas la bise. Une des rencontres intergénérationnelles qui m’a le plus marqué cette année, c’était le jour de la Ste Etienne. Lors d’une promenade en famille, nous avons croisé un vieux monsieur de presque 90 ans, toujours cycliste infatigable malgré son âge et surtout poète. Poète en langue alsacienne !  Il nous a récité par cœur deux trois poèmes versifiés de sa composition. S’y concentrait toute la saveur de cette culture alsacienne pourtant en risque d’extinction. Mes nièces qui ont une vingtaine d’années ont eu bien du mal à comprendre toute la saveur de cette poésie. Dernière génération à véhiculer cette culture. Tristesse…

Ce très vieil homme, encore jeune d’esprit, n’avais pas trouvé cela tout seul. Il l’avait lui-même reçu, étant l’héritier de longues générations. C’est ça la culture…Ce que nous lèguent les générations précédentes.

La culture, élément si important de nos vies…  Comme le souligne le pape dans son beau texte du 1er de l’an, qu’il vaut la peine de lire et, précisément intitulé, LA CULTURE DU SOIN COMME PARCOURS DE PAIX.

Les hommes de religion sont par excellence des transmetteurs de culture. Et je re-cite le pape François qui, dans ce message, cite lui-même des paroles du Pape Paul VI adressées au Parlement ougandais en 1969 : « Ne craignez pas l’Église : elle vous honore, vous éduque des citoyens honnêtes et loyaux, elle ne fomente pas de rivalités ni de divisions, elle cherche à promouvoir la saine liberté, la justice sociale, la paix. Si elle a quelque préférence, celle-ci va aux pauvres, à l’éducation des petits et du peuple, au soin de ceux qui souffrent ou sont délaissés ». C’est le côté maternel de l’Eglise. Et qui dit maternité de l’Eglise évoque immédiatement la maternité de Marie puisque nous célébrons, Marie Mère de Dieu. Elle avait reçu la charge, avec Joseph, de transmettre à l’enfant Jésus une culture : une religion, une sagesse, un savoir vivre, un langage, des proverbes anciens tiré de la longue observation des gens et de leur vie.

On l’appelle « Mère de Dieu », parce que l’Enfant Jésus, est le fruit de l’Esprit Saint. « L’Esprit la couvrit de son Ombre, la Puissance du très haut la couvrit de son ombre » dit le texte. Tout enfant baptisé est, lui aussi, marqué de l’Onction du St Esprit. Et si nous n’allons pas appeler toutes les mamans « Mères de Dieu », elles ont quand même la charge d’éveiller la vie divine, de cultiver le germe de vie divine, dans leurs enfants. D’où l’importance de transmettre dès les premiers instants, une culture chrétienne. Dans certains pays, quand les enfants naissent, on murmure déjà le Nom de Dieu à leur oreille. Et pourquoi ne chanterions pas le Nom de Jésus aux oreilles de nouveau-nés ?

L’année 2020 a été marquée par la grande crise sanitaire de la Covid-19. Je pense surtout à ceux qui ont perdu un membre de leur famille ou une personne chère, mais aussi à ceux qui ont perdu leur travail. Un souvenir spécial s’adresse aux médecins, aux infirmiers, aux pharmaciens, aux chercheurs, aux volontaires, aux aumôniers et au personnel des hôpitaux. Mais attention, à ne pas réduire la vie à la biologie et au sanitaire. Attention à ne pas faire de la procréation une technique de manipulation de gamètes. N’oublions pas qu’elle est transmission d’une vie plus haute, du souffle de Dieu qui habite en chaque personne humaine.

Et je cite encore notre cher pape dans son beau texte du nouvel an. Tout un programme qui semble écrit pour Saint Joseph : « Comme chrétiens, nous tenons le regard tourné vers la Vierge Marie, Étoile de la mer et Mère de l’espérance. Tous ensemble, collaborons pour avancer vers un nouvel horizon d’amour et de paix, de fraternité et de solidarité, de soutien mutuel et d’accueil réciproque. Ne cédons pas à la tentation de nous désintéresser des autres, spécialement des plus faibles, ne nous habituons pas à détourner le regard, mais engageons-nous chaque jour concrètement pour « former une communauté composée de frères qui s’accueillent réciproquement, en prenant soin les uns des autres ».

Amen