Homélie abbé Martz – Noël

Chers enfants, chers parents. Nous avons tous peur du méchant virus. Et, nous ne pouvons jamais demander que Dieu nous protège, si nous ne commençons à faire ce qui nous est possible… pour ne pas prendre de risque.

Aussi, on vous a demandé de rester avec papa et maman.

Alors, je vais quitter le chœur de l’église pour descendre vers vous.

Et, c’est justement ce que Dieu fait à Noël. Il a quitté son Ciel pour se laisser voir dans la réalité.

Comme vous, j’admire le petit Jésus dans la crèche. Celui de l’Eglise Saint Joseph est bien sculpté, il a à peu près 120 ans. Mais je vais vous raconter une petite histoire.

J’ai été enfant comme vous et quand, à l’âge de neuf ans, maman m’a donné un petit frère. Il m’intéressait beaucoup plus que la crèche. Je le regardais souvent longuement dans sa petite poussette. Je me laissais émerveiller par cette petite vie encore toute fragile. Dieu était davantage présent dans ce petit frère que dans les statues du petit Jésus. Si vous avez un petit frère et une petite sœur, c’est le Mystère de la vie, dans toute sa fragilité mais aussi dans toute sa beauté qui vous regarde. Dans le petit bébé, c’est Dieu qui nous regarde. Il nous invité à le chercher dans la vie. Car dans les étoiles, même avec les engins spatiaux les plus sophistiqués, on ne le verra pas.

C’est ça le Mystère de l’Incarnation. Là, j’emploie un mot très savant : Incarnation. Un mot trop savant même pour ceux qui sont déjà très grands.

Il faut être peu théologien ou au moins philosophe par le comprendre. Comme vos papas et vos mamans. Ils ont tous du faire un peu de philo pour avoir leur BAC. Les philosophes, dans leur grande majorité, ne vous disent pas : « Je suis athée » c’est-à-dire : »je crois que Dieu n’existe pas ». C’est un peu trop brutal et ça ne passe pas chez tout le monde. Alors ils sont prudents. Ils disent « je suis agnostique ». Encore un autre mot savant. Mais je sais que les déjà très grand on fait de la philo.  Au moins un peu… pour avoir leur BAC.

L’agnostique dit : « Je ne sais pas qui est Dieu. Je ne peux pas le prendre en photo pour le voir même en envoyant des sondes dans l’espace. Il ne répond jamais quand je ne lui téléphone. Il n’a même pas d’adresse email. » D’ailleurs même quand je lui demande quelque chose dans la prière ça ne m’est pas toujours donné tout de suite et comme j’aurais imaginé.

Donc oui, Dieu on ne peut pas le connaître. C’est du pur bon sens. Et on retrouve ça dans les premiers mots de l’Evangile selon saint Jean : « Dieu personne ne l’a jamais vu ».  St Jean, comme tous les vrais mystiques, était plein de bon sens.

Dieu personne ne la’ jamais vu.  Sauf si, lui, Dieu, vient nous donner un signe. Et là, je vous donne la phrase complète de St Jean : « Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître. »  Cette connaissance, le Christ l’a confié à l’Eglise. Depuis le temps des Apôtres jusqu’à aujourd’hui, elle la garde vivante. C’est le mystère de l’Incarnation. Mais cette connaissance n’est pas une définition de Dieu. Aucune n’est satisfaisante. Cette connaissance n’est pas non plus un portrait de Dieu puisque personne ne peut le voir. Le Fils Unique, Jésus, nous propose un chemin. Un chemin qui n’est pas solitaire car nous le prenons ensemble en Eglise, dans sa liturgie, dans la parole qu’elle nous transmet : Si vous suivez Jésus, au rythme de l’année liturgique de la crèche à l’ascension, en passant par la croix et la résurrection, vous connaîtrez Dieu.

Vous ne pourrez toujours pas le voir mais vous apprendrez à l’admirer dans la nature que son Verbe a créé, vous apprendrez à l’aimer dans la personne du prochain. L’amour transforme notre regard et nous voyons Dieu venir à notre rencontre dans le réel de la vie, dans le réel de ce petit frère que vous regardez sourire dans son berceau. En simplifié, c’est le Mystère de l’Incarnation. Pardonnez-moi d’utiliser encore ce mot très compliqué.

Nous pouvons lire dans le même Evangile selon saint Jean : « Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde. Il était dans le monde, et le monde était venu par lui à l’existence, mais le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu,

Au fond, la connaissance de Dieu est déjà en vous. Elle simplement voilée par ce que nous appelons le péché. Pour que nos yeux s’ouvrent, il faut le désirer, beaucoup prier et méditer.

Et alors nous recevrons le vrai cadeau de Noël : recevoir de pouvoir devenir enfant de Dieu.

L’Evangéliste écrit : « Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu ».

Dieu dépasse notre pensée. Mais si vous apprenez à l’aimer en toute vie même la plus fragile, vous goûterez la joie du Paradis dès cette terre.

Amen