Homélie abbé Martz – 28ème dimanche ordinaire

La Profession de Foi 

L’aube que vous portez fait partie du rituel. Vous pourriez porter un jean et des baskets, revêtir une minijupe. Ce ne serait pas tout à fait le même message. Cela voudrait dire : « Je suis cool, branché, encore plus que les autres qui ne font pas leur confirmation ». Mais la robe blanche renvoie directement à votre baptême. Quand vous avez été baptisés, le bébé que vous étiez, était habillé en blanc. Aujourd’hui, vous portez à nouveau ce vêtement blanc.

Car c’est là le sens de votre profession de foi : renouveler les vœux du baptême. Vos parents les ont faits pour vous. Ils ont tenu parole. La preuve en est vous êtes là pour leur dire : « Ce baptême que vous avez voulu pour moi, il y a 14/15 ans, je l’accepte et je veux en vivre. »

C’est un choix personnel. La preuve en est que d’autres de votre classe d’âge ont été baptisés petits et ne sont pas avec vous ce matin. Il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus : pas seulement pour la première année de médecine. Pour la sainteté chrétienne aussi.

Les filles, parmi vous, vous porterez ce vêtement blanc le jour de votre mariage. Et, si le jour de votre mariage quelqu’un n’était pas bien habillé, venait négligé et sale, vous verriez cela comme une insulte, une manière de vous manquer de respect. A l’époque du Christ, chaque invité à un mariage de gens de haut rang recevait un vêtement de noces.

Vous êtes les invités de Dieu. Ce vêtement symbolise que vous êtes de ceux qui ont été appelé par le Christ. Ce vêtement blanc que vous portez à un sens. Saint Paul nous le donne : « Vous tous, qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu le Christ. » Par l’image du vêtement extérieur, il désigne la parure intérieure, le cœur ouvert à la présence de Dieu.

Que signifie : « Revêtir le Christ » ?

  • Choisir de vivre en plénitude :« Je suis venu pour qu’ils aient la vie et la vie en abondance »
  • Se laisser décharger de nos péchés. Même ceux hérités de nos ancêtres. Le Christ nous décharge de nos vieilles dettes. Dans un contexte religieux asiatique, on dirait : « Il nous libère de notre karma ». Au baptême on devient une page blanche.
  • Revêtir le Christ, l’accueillir dans sa vie, nous rend donc tous égaux : homme, femme, riches ou pauvres.
  • Revêtir le Christ, l’accueillir dans sa vie, c’est ne plus fonder son assurance sur nos qualités personnelles ou le jugement d’autrui. C’est fonder son assurance sur l’amour indéfectible de Dieu. Et cela donne confiance en soi, nous permets d’oser.
  • Revêtir le Christ, l’accueillir dans sa vie, c’est voir l’avenir avec confiance puisque rien ne peut nous séparer de lui.
  • Revêtir le Christ, l’accueillir dans sa vie, c’est travailler avec lui pour répandre autour de nous l’amour reçu et bâtir le Règne de Dieu.

Ce vêtement symbolise une dignité. Vous êtes ceux qui ont été appelé par le Christ. Vous pouvez en être fiers. Une dignité nous donne une fierté mais aussi une responsabilité. Faire partie de l’Eglise : une grâce dont il s’agit de se montrer digne. Cette dignité, on peut la perdre.

Dans la parabole des invités au festin, vous êtes, comme moi, intrigués par la fin. Qui est cet homme qui n’a pas gardé le vêtement de noces et qui a été « jeté dans les ténèbres où il y a des pleurs et des grincements de dents » ? Oui : des ténèbres, des pleurs, des grincements de dents, autrement dit de l’angoisse, du regret, de la tristesse. Plus grave encore, cette expression est couramment employée par Jésus pour parler de l’enfer. Or, nous ne voulons pas que notre vie devienne un enfer. Ni dans l’au-delà, ni maintenant.

Il vous faut donc continuer de revêtir le Christ. Et non pas faire comme cet invité à la noce qui a négligé son vêtement de fête. Si, au-moins, il s’était excusé, s’il avait expliqué son souci. Mais non, il se tait. Dans les années qui viennent, vous allez peut-être céder à la tentation de l’amour facile, à la tentation d’écraser autrui. Vous allez traverser des moments difficiles, vous serez tenté de perdre la confiance en Dieu et en vous-mêmes, de désespérer du sens de la vie.  Ne faites pas comme cet homme qui se tait et retourne dans les ténèbres extérieures. Osez parler de vos doutes, de vos soucis, de vos révoltes, de vos difficultés, de ce qui vous tient prisonnier.

Pour cela où que vous soyez demain, après-demain, restez en lien avec le réseau des communautés catholiques. Je serai étonné que vous ne trouviez pas un homme ou une femme de bon conseil à qui parler, un prêtre pour le sacrement du pardon.

Vous êtes ceux qui ont été appelé par le Christ. Vous pouvez en être fiers. Ce vêtement symbolise une dignité. Il vous donne aussi un devoir : celle d’être à votre tour acteurs pour répandre autour de vous l’amour reçu et bâtir l’Eglise de demain.