GAUDETE – 3e dimanche de l’Avent

13 décembre 2020
Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 1, 6-8, 19-28)
Méditation proposée par Mme Geneviève Guissard, EAP En Pays de Brisach

GAUDETE

Durant ce temps de l’Avent, la liturgie nous donne de rencontrer Jean Baptiste à travers les quatre
évangiles, pratiquement chaque jour jusqu’à Noël. Si la présentation de ce personnage sans compromission diffère, le message reste le même : vigoureux, abrupt, intransigeant, loin de tout consensus. Les mises en garde sont sévères :

– “Bandes de serpents ! Qui vous a enseigné à vouloir échapper au jugement de Dieu, qui est proche
! Montrez par des actes que vous avez changé de mentalité” (Mt 3, 7-9) dit-il aux Pharisiens et aux
Sadducéens venus pour être baptisés par lui.

– “La hache est déjà prête à couper les arbres à la racine : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits
va être coupé et jeté au feu” (Lc 3, 9).

“Je suis la voix de celui qui crie dans le désert, redressez le chemin du Seigneur” (Jn 1, 23).

– “Changez de comportement, faites-vous baptiser et Dieu vous pardonnera vos péchés” (Mc 1,4). Le
baptême de Jean dans l’eau était un baptême de purification, le signe d’une conversion et la préparation
au pardon de Dieu.

On ne peut être plus clair ! Pourtant, malgré la radicalité de son message ou peut-être à cause d’elle,
Jean attire les foules qui viennent se faire baptiser dans le Jourdain. Pour le peuple d’Israël qui attend le
Messie, le Sauveur, les paroles de Jean sont porteuses d’une grande espérance : Dieu pardonne et il va
venir ! Comment ne pas entendre sa voix qui crie dans le désert ?

Qu’en est-il pour nous ? Ne nous arrive-t-il pas de vivre dans la même hypocrisie que ces autorités
religieuses morigénées par le Baptiste ? En ce temps de l’Avent comment répondons-nous à son appel
de conversion et de demande de pardon ?

Reconciliation Avent

Photo de Any Lane provenant de Pexels

L’évangéliste nous présente le Précurseur en quelques mots : un homme envoyé par Dieu du nom de
Jean, venu comme témoin pour rendre témoignage à la lumière. Témoigner de la lumière, voilà qui peut
paraître paradoxal. La lumière ne se suffirait pas à elle-même ? “La lumière brille dans l’obscurité, mais
l’obscurité ne l’a pas reçue” (Jn 1,5). C’est dit, nous nous enlisons dans l’obscurité ! Qu’est-ce qui nous
empêche de voir la lumière ? Des cécités de toutes sortes, l’éblouissement par les artifices, l’attention
portée ailleurs…là où nous encourons le grand risque de nous perdre. Essayons de donner un nom à
toutes nos obscurités. Recentrons-nous sur “la seule lumière véritable, celle qui vient dans le monde et
qui éclaire tous les hommes” (Jn, 1,9).

“Je suis la lumière du monde” nous dit Jésus en Jn 8,12.

Qui es-tu ? A cette question posée par des prêtres et des Lévites, Jean ne révèle rien de son identité,
sinon qui il n’est pas. Il s’efface devant le message dont il est porteur et qu’il incarne par tout son être et
sa vie, le message qu’il crie dans le désert : “Redressez le chemin du Seigneur” (Jn1, 23). Un autre
appel du Baptiste : savoir s’effacer devant le message que nous annonçons, devant la Bonne Nouvelle
de l’Amour inconditionnel de notre Dieu et dont avons à témoigner. Pas toujours facile de rester humble
et anonyme tant la reconnaissance nous fait du bien ! Faisons nôtre l’engagement de Jean Baptiste,
faisons grandir le Christ en nos cœurs en élargissant l’espace que nous lui donnons et en réduisant la
part que nous nous réservons. “Il faut que lui grandisse et que moi je diminue” (Jn 3,30).

En ce dimanche de GAUDETE, mot latin qui veut dire : réjouissez-vous intérieurement, éprouvez une
joie intime, Isaïe et Paul nous exhortent à vivre cette joie profonde de la veille active, de l’attente joyeuse
en préparant pour le Prince de la Paix (Is 9,5) qui vient, une voie royale !