Homélie du 19 novembre 2020

Jésus, pourquoi pleures-tu ? Le cœur du Christ est plein d’amour pour les âmes. Si seulement nous connaissions le don de Dieu, le don de son amour ! Ce texte d’évangile nous montre combien le Christ nous aime. Pensons également à la manifestation de l’amour du Christ, à la mort de son ami Lazare. Quand les yeux du Christ se sont ont remplis de larmes ceux qui étaient là ont dit :

Voyez comme il l’aimait. (Jn 11, 36).

Dans ce passage, nous voyons combien le Christ aime les âmes représentées par la ville entière de Jérusalem. Il pleure parce qu’ils ne l’ont pas écouté. Il pleure parce qu’ils n’ont pas voulu lui ouvrir leur cœur. Il pleure parce qu’il désire leur bonheur et leur salut et eux, ils errent loin du berger ; ce bon berger qui désire ardemment les mener aux pâturages verdoyants. Seigneur, en me voyant, pleures-tu sur moi ?

Cela est resté caché à tes yeux.

Comment faire pour nous assurer que rien ne reste caché à nos ’yeux’, c’est à dire à notre conscience ? Si nous ne voulons pas commettre d’erreur pour notre destin éternel, ni être victimes d’une conscience déformée, nous devons adopter comme guide et principe de vie de rechercher et d’accomplir toujours la volonté de Dieu. Que cela plaise ou non à nos sens, nos idées ou notre entourage ! Cela veut dire que, si nous choisissons de ne pas aligner notre conscience sur la volonté de Dieu, nous choisissions librement de subir les effets d’une conscience déformée ; comme le Christ le précise dans ce passage, ce qui peut nous donner la paix restera alors caché à nos yeux. Ce n’était pas le cas au début, mais en raison d’une déformation de la conscience, une erreur dans le jugement peut se produire, nous empêchant de reconnaître le moment où Dieu nous visite.

Le deuxième Concile de Vatican parle de la conscience de cette façon : “la conscience est le centre le plus secret de l’homme, le sanctuaire où il est seul avec Dieu et Sa voix se fait entendre. “(Gaudium et Spes, 16). Cela signifie donc que, quand nous entrons dans notre conscience spontanément, par la réflexion, ou plus formellement, par l’examen de conscience, Dieu nous rend visite. Quels moments privilégiés ! Comment ne pourrions-nous pas attendre avec impatience notre examen de conscience ?

Même la crainte de trouver quelque chose que nous devons changer en nous devrait être attendu avec impatience puisque finalement c’est l’amour de Dieu qui nous invite à nous approcher de lui. Ce serait terrible d’entendre le Christ nous dire, “ tu n’as pas reconnu le moment où Dieu te visitait. ” Adoptons une attitude nouvelle d’enthousiasme en attendant d’être seuls avec Dieu pendant nos examens de conscience.

Seigneur, mon but est de ne jamais te faire pleurer mais de te plaire en tout. Accorde-moi la grâce de t’écouter attentivement pendant ma prière et mon examen de conscience. Je ne veux pas manquer une seule grâce, un seul mot, et oui, Seigneur, particulièrement un mot de désapprobation de ta part. Enseigne-moi la docilité à ton esprit de sorte que je puisse reconnaître les moments où tu visites mon âme, pour m’aimer et pour me guider vers la vie éternelle.


Abbé Philippe Link