Homélie du 15 octobre 2020

Les prophètes sont persécutés. Et tués. Par Israël. Ainsi en a-t-il toujours été, d’Abel à Zacharie, en passant par Isaïe, Jérémie ou Amos. Jésus s’en prend à ceux qui bâtissent des grands monuments commémoratifs pour faire reposer les dépouilles de ceux que leurs ancêtres ont martyrisés.

Non pas qu’il ne faille pas respecter et honorer la mémoire des prophètes envoyés par le Seigneur. Mais, de la même manière que nous l’avons médité ces jours derniers, Jésus dénonce ceux qui privilégient les apparences plutôt que l’essentiel, ceux qui préfèrent élever des monuments qui ne les engagent pas personnellement plutôt que d’accueillir la parole des prophètes qu’ils prétendent honorer et de se convertir. Pire, en rendant ainsi hommage aux prophètes disparus, ils montrent que pour eux seuls des morts peuvent être porte-parole de Dieu. Et que les seuls reproches qui soient vrais, sont ceux qui visent les ancêtres.

Il ne s’agit pas pour Jésus de montrer à ses interlocuteurs qu’ils percent les secrets de leurs cœurs, mais de leur révéler à eux-mêmes la décision qu’ils ont déjà prise. Dans un tel état d’esprit, un prophète surviendrait, il serait mis à mort. Il n’est pas question pour ces gens d’entendre les reproches que le Seigneur pourrait avoir à leur faire par la bouche de ses envoyés. C’est pourquoi Jésus leur oppose vivement le projet de la Sagesse. Les prophètes auront beau être tués, ce sont eux qui auront le dernier mot. La Sagesse elle aussi a déjà pris sa décision : la Bonne Nouvelle sera proclamée et entendue de tous. Et de surcroît, justice sera faite, il faudra répondre du sang innocent versé.

Cette fermeté et cette radicalité vient de l’urgence de la situation : Dieu a laissé aux hommes les moyens de le connaître afin qu’ils puissent le chercher et le trouver. Or ceux qui devaient introduire leurs frères ont refusé d’entreprendre ce chemin pour eux-mêmes et ont décidé de le cacher aux autres.

Ce jour-là, s’endurcissant dans leurs projets, confirmant la parole de Jésus et sa mission de prophète, ils n’acceptèrent pas ses reproches.

Que l’Esprit de sagesse et de sainteté ouvre nos cœurs à la Parole du Seigneur. Quand vient pour nous l’heure d’être corrigés ou mis en défaut par la Parole, que nous restions toujours humblement convaincus que notre Dieu est un père qui éduque ses enfants à la liberté et non un puissant qui châtie pour prouver son pouvoir. Quand vient pour nous l’heure de porter la Bonne Nouvelle à nos frères, par nos choix, par notre témoignage de vie ou par notre parole, que nous ne craignions pas pour le sort réservé aux prophètes mais que nous suivions Jésus qui choisit de parler en vérité pour jusqu’au bout tendre la main et inviter à la conversion. Montrant ainsi aux hommes que nous sommes tous frères nous dirons au monde que notre Dieu est Père.

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