Homélie du 14 octobre 2020

Les invectives que nous venons d’entendre contre les pharisiens se situent dans le prolongement de l’accusation d’hypocrisie que Jésus leur avait adressée à l’occasion des ablutions rituelles. L’obligation de la dîme est scripturaire (Gn 28, 22 ; Am 4, 4) : le fidèle participe ainsi à l’entretien du Temple et pourvoit aux besoins des prêtres qui y officient. Tout comme les autres peuples, Israël offre à Dieu les prémices de sa récolte, c’est-à-dire le meilleur grain (Lv 23,17) ou la meilleure huile (Lv 23, 10ss). Plus tard s’est ajoutée la dîme sur les plantes potagères et même sur le salaire.

Mais la valeur de ces présents est à la mesure de l’intention qui sous-tend la démarche. Qu’ils sont loin d’être heureux ceux qui portent le souci d’une apparence irréprochable, mais « oublient » que l’offrande signifie le don (du meilleur) de soi : ils croient être justes en s’acquittant scrupuleusement de la dîme de minuscules plantes potagères, et négligent d’offrir à Dieu et à leur prochain l’amour qui leur est dû en stricte justice ! Aveuglés par la vaine gloire, ces malheureux s’exhibent aux premiers rangs et prétendent conduire les autres, sans se rendre compte qu’ils sont spirituellement morts.

On pressent le réalisme de la mise en garde que Jésus adresse à ses disciples :

Si vous voulez vivre comme des justes, évitez d’agir devant les hommes pour vous faire remarquer. Autrement il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux (Mt 6, 1).

Car ceux qui « reçoivent leur gloire les uns des autres, ne cherchent pas la gloire qui vient du Dieu unique » (Jn 5, 44). Prisonniers du tombeau scellé de leur suffisance, ils ont réduit le culte du Très Haut, à un moyen au service de l’idolâtrie de soi.

Les pharisiens sont formés à l’école des docteurs de la Loi ; on comprend dès lors que ceux-ci prennent ombrage des invectives prononcées par Jésus. Leur mission consistait à interpréter les Ecritures afin qu’elles soient lumière sur le chemin vers Dieu. Mais eux aussi se sont égarés loin du bonheur ! Car loin d’aider les croyants à progresser, ces pseudo guides les chargent de « fardeaux impossible à porter », qu’ils « ne touchent même pas d’un seul doigt ». C’est pourquoi le Seigneur les rejette et vient lui-même paître son troupeau.

C’est à leurs victimes que Jésus adresse cette invitation :

Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai. Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes (Mt 11, 28-29) .

Nous ne sommes pas des Docteurs de la Loi, mais cela ne nous empêche pas pour autant de nous comporter comme eux ! N’avons-nous pas nous aussi pour notre entourage, des exigences qui ne procèdent pas de la charité mais plutôt de notre cœur endurci, qui ne veut pas se convertir ?

Ne méprisons pas les trésors de patience et de générosité du Seigneur envers nous, en refusant de reconnaître que cette bonté de Dieu nous pousse à la conversion. Demandons au Seigneur de nous ouvrir les yeux sur notre hypocrisie, et de nous donner la force de nous détourner de nous-mêmes pour ne chercher qu’en lui seul notre salut et notre gloire.

Seigneur ne permet pas que la vaine gloire m’aveugle au point de prendre ta place dans ma vie comme dans celle des autres ; ne permet pas que la dureté de mon cœur ou la peur de l’engagement m’empêchent d’accéder à l’intelligence spirituelle de ta Parole. Garde-moi de me refuser à ta vérité pour me donner à l’injustice, et conduis-moi sur le chemin des Béatitudes.

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