Je donne à l'église
nos paroisses
Horaires de messes
GoMesse

Homélie du 12 septembre 2021

La véritable identité de Jésus ne se révèle pas
dans ses miracles ou ses paroles, mais dans sa croix, c’est-à-dire dans sa vie offerte par pur amour.
Il est bien ce serviteur souffrant dont parle Isaïe, où il s’est en quelque sorte regardé, ou plutôt révélé, comme en un miroir (Is 50,5-9).
Et il a tellement mis sa foi en l’homme son frère
qu’il a subi, pour le faire revivre, sa propre mort !
Il l’a vaincue pour nous en la vivant tout comme nous.
Insondable mystère. Mais quelle grâce pour notre vie
le jour où nous adhérons à cette lumière !

La foi chrétienne est donc essentiellement et pour tout dire
une foi au crucifié du Golgotha, mort pour notre salut et ressuscité pour notre gloire.
Ce qui avait révolté Simon-Pierre (Mc 8,32)
et devait passer pour scandale aux yeux des juifs et folie aux yeux des grecs
reste bien en fait sagesse de Dieu (1 Co 1,21-25).
Écarter en effet la perspective de la croix eût été faire le jeu de Satan !
Car l’amour seul est digne de foi ! Surtout lorsqu’il se prouve par le don de sa vie pour ceux que l’on aime (Jn 15,13; Rm 5,8).
On peut donc croire en un Dieu qui a voulu mourir pour nous
afin de nous faire revivre en lui !

On commence alors à comprendre la parole de Jésus :
Si quelqu’un veut marcher derrière moi,
qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.
Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi et pour l’Évangile la sauvera (Mc 8,34-35). Quel renversement de perspective ! La fin de cette existence mortelle est le commencement de la Vie éternelle.

Ces paroles, bien sûr, pour aucun d’entre nous
ne sont faciles ni à entendre ni à traduire en acte.
Mais elles sont d’une logique dont la lumière finit un jour par nous éblouir.
On peut redire alors avec saint Paul : Oui, j’en ai l’assurance,
ni la mort ni la vie, ni le présent ni l’avenir…
rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu
manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur (Rm 8,38-39).
Ainsi la foi véritable engage-t-elle jusqu’à la mort
parce qu’elle croit que le Christ en est vainqueur
et qu’il reste à jamais la vivante promesse de notre bonheur éternel.

« Jésus est mort à notre monde
dans notre propre corps mortel, écrit saint Ephrem,
pour que nous vivions à son monde dans son propre corps immorte »».
N’est-ce pas là ce que les mystiques appellent « l’admirable échange » ?


Abbé Philippe Link