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Homélie du 24 juin 2022

Notre-Seigneur propose une parabole qui s’inscrit dans le quotidien de ses auditeurs. La Galilée est un pays d’élevage ; le berger et son troupeau de brebis et de chèvres font partie de la vie de tous les jours. Dans la droite ligne de la tradition prophétique, Jésus souligne le souci de cet homme pour les animaux qui sont confiés à sa garde. La joie débordante dont il fait preuve lorsqu’il retrouve la brebis égarée, prouve que ce n’est pas l’appât du gain qui le motive, ni un souci scrupuleux de l’intégrité de son troupeau, mais l’attachement affectif à cet animal faible et sans défense, qui se trouve exposé, seul, aux dangers de la montagne. Quand enfin, et au prix de quels efforts, il a retrouvé sa brebis, qui gît au bord du chemin, épuisée à force de courir en tous sens, il lui parle doucement pour ne pas l’effrayer, la prend avec tendresse dans ses bras, et la hisse, triomphant, sur ses épaules.

 

La joie du berger est telle qu’il ne peut la contenir : fille de l’amour, la vraie joie tend elle aussi à se répandre, à se communiquer, à se partager : « Réjouissez-vous avec moi ! » Le berger a-t-il pour autant oublié les quatre-vingt dix neuf brebis qu’il avait laissées derrière lui pour partir à la recherche de l’égarée ? Non bien sûr, puisque c’est pour qu’elle puisse reprendre sa place au milieu de ses sœurs qu’il s’est donné tant de mal. Aussi est-ce autour du troupeau reconstitué que les autres bergers viennent se réjouir avec leur confrère.

 

Un esprit chagrin pourrait objecter que cette joie n’est nullement justifiée, puisqu’au terme de l’histoire aucun gain n’a été réalisé ; tout au plus le berger est-il rentré dans son bien. Certes, mais la joie du berger ne porte pas sur son capital reconstitué, mais sur la vie de sa brebis, qui était perdue et qui est sauvée. Ce froid calcul intellectuel ne correspond pas à l’attitude d’un cœur affectueux : c’est parce que l’amour tend à la communion, que la joie éclate à la mesure même de la menace enfin écartée, qui pesait sur l’être aimé.

 

Or si nous, mauvais comme nous le sommes, nous nous réjouissons légitimement pour un pauvre quadrupède voué à l’abattoir, comment Dieu n’éprouverait-il pas une joie bien plus débordante encore lorsqu’il peut ramener sur ses épaules de miséricorde, le pécheur qui s’est laissé retrouver après s’être égaré loin de lui ? Certes chacune des quatre-vingt dix neuf brebis fait la joie du berger, et pour chacune d’elles il se donnerait tout autant de mal, si par malheur elle venait à s’égarer. Le « davantage » de la joie n’est pas dû à une préférence qui pourrait être traduite par les autres comme une injustice et susciter la jalousie. C’est tout simplement le langage de l’amour qui aime chacune des brebis d’un amour unique et donc préférentiel, sans qu’aucune de ses compagnes ne soit lésée. D’ailleurs, si les brebis appartiennent vraiment au troupeau, non seulement elles se réjouiront de la joie de leur berger, mais elles se réjouiront tout autant du retour parmi elles de leur sœur, dont la disparition les avait angoissées.

 

A vrai dire la parabole proposée par Jésus ne recouvre qu’en partie la situation qu’elle veut éclairer. Car ce n’est pas une brebis égarée que Notre-Seigneur ramène au bercail, mais une multitude de publicains et pécheurs, le vaste troupeau de tous les « païens », qui tout au long de l’histoire se convertissent à sa Parole et se mettent à sa suite : « J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix ; il y aura un seul troupeau et un seul pasteur » (Jn 10, 16). C’est bien ce qu’annonçait Dieu par la voix de son prophète : « Je veillerai sur mes brebis, et j’irai les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées un jour de brouillard et d’obscurité. Je les ferai sortir des pays étrangers, je les rassemblerai, et je les mènerai sur les hauteurs. Là elles reposeront » (1ère lect.).

Cette prophétie s’est réalisée pour nous lorsque Jésus est venu « rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés » (Jn 11, 52) ; lui le Juste, « est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs. A plus forte raison, maintenant que le sang du Christ nous a fait devenir des justes, serons-nous sauvés par la vie de Jésus ressuscité » (2nd lect.). Telle est « la preuve irréfutable que Dieu nous aime » : alors que « nous étions encore ses ennemis », le Christ nous a manifesté le plus grand amour en mourant pour nous sur la Croix, afin de nous réconcilier avec son Père (cf. 2ème lect.) et faire de nous des fils adoptifs.

 

Le Pape Benoît XVI soulignait que « Ce mystère de l’amour de Dieu pour nous ne constitue pas seulement le contenu du culte et de la dévotion au Cœur de Jésus : il est, de la même manière, le contenu de toute vraie spiritualité et dévotion chrétiennes. Il est donc important de souligner que le fondement de cette dévotion est aussi ancien que le christianisme lui-même. En effet, être chrétien n’est possible qu’avec le regard tourné vers la Croix de notre Rédempteur, “vers celui qu’ils ont transpercé” (Jn 19, 37 ; cf. Za 12, 10). Le regard fixé sur “le côté transpercé par la lance”, dans lequel resplendit la volonté de salut sans limites de la part de Dieu, ne peut donc être considéré comme une forme passagère de culte et de dévotion : l’adoration de l’amour de Dieu, qui a trouvé dans le symbole du “cœur transpercé” son expression historique et dévotionnelle, demeure essentielle pour un rapport vivant avec Dieu. »

 

Seigneur, tu brûles du désir d’être aimé, et celui qui se met en harmonie avec les sentiments de ton cœur apprend à être le constructeur de la nouvelle civilisation de l’amour. Un simple acte de confiance suffit à briser la barrière de l’obscurité et de la tristesse, du doute et du désespoir. Les rayons de ta miséricorde divine redonnent l’espérance de façon particulière à celui qui se sent écrasé par le poids du péché. Aussi voulons-nous répéter, en fixant notre humble regard sur ton divin visage : “Jésus, j’ai confiance en Toi”. Aujourd’hui et à jamais. Amen (Jean-Paul II).

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