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Homélie du 23 octobre 2021

Jésus s’entretient avec ses disciples. Son enseignement porte sur la nécessité d’interpréter les signes qui révèlent l’irruption du Royaume et la nécessité de la conversion qui en découle. La foule l’interrompt brusquement pour lui rapporter un événement qui a bouleversé tout Jérusalem : des Galiléens ont été massacrés par les soldats romains dans la cour même du temple, alors qu’ils offraient un sacrifice. Vu les circonstances, ce ne pouvait être qu’à l’occasion de la Pâque, le seul jour où en raison de l’affluence, les hommes étaient autorisés à immoler eux-mêmes les agneaux offerts en sacrifice, les prêtres se contentant de verser le sang sur l’autel. Pourquoi le Seigneur permettait-il que des fidèles soient tués par les mains des impies, et que leur sang soit mêlé à celui des animaux immolés sur son autel ? Puisque Dieu est juste, la seule explication « valable » était que ces Galiléens méritaient une telle punition pour leurs fautes ; et celles-ci devaient être particulièrement graves pour attirer sur leurs auteurs une telle sanction !

Jésus écarte résolument cette lecture en termes de justice immanente. Il renchérit même en citant un autre événement, purement accidentel cette fois, qui était également interprété par ses contemporains comme une punition divine, sanctionnant durement les péchés des victimes.

Notre-Seigneur ne nie pas qu’il y ait un rapport entre ces morts violentes et le péché, mais il dénonce l’échappatoire qui consiste à dire que ces malheureux « étaient de plus grands pécheurs » que les autres Galiléens, ou qu’ils aient été « plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ». Leur triste destin devrait plutôt réveiller les consciences et conduire à une conversion salutaire, car un même sort attend tous les hommes : tous en effet sont pécheurs, et tombent dès lors sous le coup du jugement et sous la menace de la condamnation.

Ce réalisme spirituel est aujourd’hui comme hier la condition même de l’interprétation juste de l’avènement du Christ. Comment pourrions-nous reconnaître dans la venue du Fils de l’Homme, l’ultime grâce de salut, si nous n’avons pas la claire conscience d’être pécheurs et d’avoir besoin d’un Sauveur ? « L’année de bienfaits » (Lc 4, 19) est commencée : Jésus-Christ est la miséricorde du Père offerte à tous les hommes pour qu’ils puissent échapper au jugement ; encore faut-il qu’ils discernent le temps de sa visite. La brève parabole du vigneron intercédant en faveur du figuier stérile confirme cette lecture : Jésus lui-même intercède pour nous auprès de son Père et nous obtient un ultime délai pour que nous puissions accueillir la grâce du salut dans un cœur repentant. Il ne s’agit pas de remettre à demain la conversion à laquelle le Seigneur nous invite aujourd’hui, car la mort nous surprendra tous comme un voleur (cf. Lc 12, 39-40). Au temps de la miséricorde succédera alors le temps du jugement pour ceux qui auront refusé d’interpréter la venue de Jésus comme l’ultime parole de réconciliation du Père adressée à tous ses enfants.

Aussi anachronique que cette affirmation puisse paraître pour nos contemporains, depuis l’avènement du Seigneur, nous sommes bel et bien entrés dans la fin des temps. Telle est notre foi ; mais vivons-nous notre pèlerinage sur terre comme un temps de décision en faveur du Christ et de conversion à l’évangile ? Où sommes-nous à ce point « happés » par le monde que nous n’avons plus conscience de l’urgence de ce discernement ?

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