Une matinée de zone pour lutter contre les abus

Les acteurs pastoraux ont signé une lettre d’engagement

Mardi 25 mai dernier, au foyer Saint Joseph de Marienthal, prêtres, diacres et coopérateurs de la pastorale des zones pastorales de Haguenau et Wissembourg étaient réunis suite à l’invitation de Karin Flick et Jean Thomas, animateurs des deux zones pastorales.

Le père Marc Kalinowski, doyen de la zone pastorale de Haguenau a accueilli tous ces collègues, en exprimant une certaine joie des retrouvailles, même si le sujet est difficile.

Depuis 2018, Mgr Luc Ravel a mis en chantier un travail pour lutter contre les abus dans l’Église. En novembre dernier, le « Code des Relations Pastorales » est publié dans le diocèse. Ce livret distribué à tous les agents pastoraux de l’Église Catholique d’Alsace est suivi de temps de formation dans toutes les zones pastorales.

A Marienthal, Sœur Susannah, déléguée épiscopale, Claire Knittel, personne référente du diocèse  et Nicole Andrieu, sage-femme et sexologue, ont assuré cette formation.

Sœur Susannah, avec son bel accent américain, présente

la démarche du diocèse qui comporte deux axes : l’accueil et l’accompagnement des victimes, et la protection des mineurs. « Les deux visent une ‘shift'(réinitialisation) culturelle dans l’Eglise, une vraie attention aux victimes et la prévention de ces abus dans l’avenir.

Le soin des victimes est le premier devoir de l’église, comme le précise le code pastoral. Le Cardinal Mark Coleridge l’a appelé “une révolution copernicienne !” » C’est toute la société française qui est prise dans cette transition, en partie parce qu’il y a une prise de conscience plus globale sur l’impact des abus sexuels et leur fréquence. « La seule manière de combattre et de vaincre ce fléau c’est de s’y mettre tous ensemble. Cette volonté de protéger les victimes passe aussi par l’engagement des institutions. »

Cet engagement collectif se manifeste par une lettre d’engagement signée par chaque acteur de la pastorale et par la formation permettant de détecter les signaux d’alerte.
« L’initiative prise par le diocèse de l’accueil des victimes et du signalement est inédit en France, même si elle est bien obligatoire en plusieurs d’autres pays depuis longtemps. » précise-t-elle en ouvrant la formation.

Nicole Andrieu, rappelle qu’un enfant sur cinq est concerné par les abus sexuels :

“La levée des consciences autour des conséquences sur les victimes des atteintes sexuelles, notamment dans l’enfance et la libération de la parole de ces victimes a permis enfin de lever l’énorme tabou autour de ce sujet, au sein de l’Église comme dans d’autres institutions.

Formatrice pour les professionnels et accompagnant des victimes au sein de ma pratique professionnelle depuis près de 8 ans, je soutiens le projet du diocèse alsacien dans sa lutte contre les Abus au sein de l’Église. Il est en effet vraiment remarquable que l’archevêché d’Alsace prenne la mesure de l’importance de ce sujet et mette en place une vraie sensibilisation aux acteurs de la pastorale en donnant des clefs de dépistage, d’écoute et surtout d’accompagnement des victimes en fonction de leurs besoins.”

« Le temps de travail autour du Code des Relations Pastorales était très bien préparé par l’équipe diocésaine. Il est éclairant pour chacun de nous. » disait un des prêtres à la fin de la matinée. Concrètement, ce code invite chaque communauté de paroisse à revoir une partie de son accueil et de son accompagnement des différentes personnes. Ce chantier ouvrira régulièrement à la réflexion et la remise en cause.

65 personnes, prêtres, diacres et coopérateurs de la pastorale ont participé à cette matinée de formation

Lutter contre les abus - Haguenau