Je donne à l'église
nos paroisses
Horaires de messes
GoMesse

Homélie abbé Martz – 26ème Semaine du Temps Ordinaire

Pour une messe de rentrée, l’évangile a des paroles un peu dures : « Si ton pied est pour toi une occasion de chuter, coupe-le. Mieux vaut pour toi entrer estropier dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux pieds. »

Par de telles paroles, nous sommes invités à prendre au sérieux le don de la vie que Dieu nous a fait. Nous sommes nés sur terre pour nous ouvrir à une vie plus grande, la vie éternelle. Et cela est prioritaire sur tout le reste. Il s’agit donc de rompre sans hésiter avec tout ce qui nous détourne de suivre le Christ sur le chemin de la Vie éternelle.

Le péché est ce qui nous détourne de notre but éternel. En hébreux, péché est synonyme de rater sa cible. Parmi ce qui nous fait rater notre cible, il y a le péché de jalousie. Il en est question dans les textes de ce dimanche. La jalousie, on la trouve partout, même chez les hommes très religieux. A l’époque de Moïse, il y a très longtemps, Dieu donne son Esprit Saint à 70 anciens. Grâce à l’Esprit, ils peuvent connaître des choses que les autres ne voient pas. Et voilà qu’à un moment l’Esprit de prophétie se déplace. Il était sur les 70 anciens choisis par Moïse, il repose maintenant sur 2 hommes, hors du camp, Eldad et Medad…Et cela, les Anciens ne le supportent pas. Mais personne, ni hier, ni aujourd’hui, ne peut s’approprier les dons de l’Esprit Saint.

La jalousie, c’est encore ce que ressent Jean, un des douze apôtres. Jean est le plus proche de Jésus et pourtant il est jaloux lorsque quelqu’un chasse des démons au nom de Jésus.

Même vous les enfants, vous pouvez être jaloux. De qui ? De votre frère ou de votre sœur. Parce que vous croyez que papa et maman l’aime plus que vous. Vous pouvez être jaloux de votre copain de classe. Parce qu’il a posé au pied de l’autel un cartable plus neuf et plus beau !

Vous avez un copain ou une copine qui a de très bonnes notes à l’école et tous les autres élèves se mettent à le persécuter

La jalousie n’est pas seulement un péché des enfants.

Le problème de la jalousie est qu’elle se manifeste non envers nos ennemis mais envers nos amis, nos proches.

Des frères et sœurs peuvent être jaloux : l’un se sent moins aimé, ou moins gâté.

Des prêtres peuvent être jaloux quand l’un d’eux a plus de succès auprès des jeunes.

Des paroisses peuvent être jalouses l’une de l’autre et se détester : on appelle ça « l’esprit de clocher ». Mais l’esprit de clocher et l’esprit de jalousie n’est pas l’Esprit saint, il est diabolos : un mot grec. Traduisez « esprit de division ».

La jalousie est une pensée. Les pensées commencent toutes petites. Au fur et à mesure qu’on les nourrit, elles grossissent de plus en plus. C’est pourquoi, Jésus a une réaction qui nous semble dure, très dure : « Et si ta main est pour toi une occasion de chuter ; coupe-la. Mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux mains, là où le feu ne s’éteint pas. Si ton pied est pour toi une occasion de chuter, coupe-le. Mieux vaut pour toi entrer estropier dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux pieds. Si ton œil est pour toi une occasion de chuter, arrache-le. Mieux vaut pour toi entrer borgne dans le royaume de Dieu que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux yeux, là où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas. »

C’est un langage très dur. Pensons aux talibans qui coupent la main des voleurs. C’est une punition très cruelle. Jésus ne nous invite pas à être cruel envers les autres et même pas envers nous-mêmes.

Le langage des orientaux est parfois excessif, et Jésus est avant tout un oriental, pas un occidental moderne. Ce langage oriental aime choquer pour bien se faire comprendre. Comprendre quoi ? la jalousie est une pensée. Les pensées commencent toutes petites. Au fur et à mesure qu’on les nourrit, elles grossissent de plus en plus. Orgueil, colère, jalousie, vice : au départ une petite envie, une petite contrariété, bref une pensée anodine. Mais si on est trop complaisant envers soi-même, on laisse la pensée grandir, on la nourrit même. Et elle grandit de plus en plus. Elle nous envahit et une petite pensée devient un gros conflit mortel.

C’est pourquoi, il faut couper la pensée mauvaise dès le début. Si l’on s’y complait, elle grossit de plus en plus. Elle devient un monstre qu’on ne peut plus maîtriser.

Chers enfants, voyez les monstres dans les dessins animés ! Ils représentent nos péchés et nos mauvaises pensées. Il faut tuer les monstres avant qu’ils ne nous tuent. C’est difficile. Les monstres sont trop puissants et trop malins. Il faut un super-héros pour les vaincre.

Nous avons un super héros ! Notre superman, c’est Jésus. Avec lui, nous serons plus forts que les monstres.