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Homélie abbé Martz – 16ème dimanche ordinaire

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
après leur première mission, les Apôtres se réunirent auprès de Jésus,
et lui annoncèrent tout ce qu’ils avaient fait et enseigné.
Il leur dit :
« Venez à l’écart dans un endroit désert,
et reposez-vous un peu. »
De fait, ceux qui arrivaient et ceux qui partaient étaient nombreux,
et l’on n’avait même pas le temps de manger.
Alors, ils partirent en barque
pour un endroit désert, à l’écart.
Les gens les virent s’éloigner,
et beaucoup comprirent leur intention.
Alors, à pied, de toutes les villes,
ils coururent là-bas
et arrivèrent avant eux.
En débarquant, Jésus vit une grande foule.
Il fut saisi de compassion envers eux,
parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger.
Alors, il se mit à les enseigner longuement. 

D’abord une information encourageante ! Il y a des jeunes qui ne veulent pas être discrets et qui veulent évangéliser. Du 29 juillet au 8 août aura lieu à Colmar le festival « Anuncio ». Des jeunes donnent 10 jours de leurs vacances d’été pour évangéliser dans la rue, sur les places. Ils se préparent spirituellement à la mission par la prière, la louange, et les sacrements, puis ils sont envoyés 5 jours dans une ville, en l’occurrence Colmar, deux par deux, comme dans l’Evangile. Vous pouvez trouver étrange ou inconvenante cette manière d’Evangélisation en direct. Sachez qu’elle ne s’adresse pas à vous qui êtes à la messe tous les dimanches. Elle s’adresse à ceux qui sont vraiment en dehors du coup. Et ils sont de plus en plus nombreux. C’est pourquoi, les jeunes d’Anuncio se tiendront disponibles et visibles sur les places de marchés ou même les parkings de grands magasins.

Peut-être pensez-vous que le témoignage discret et silencieux de celle ou celui qui fait son devoir avec compétence et amour du prochain est plus porteur. Sans rien dire de sa foi chrétienne. Ce qui allait de soi dans une société encore imprégnée de christianisme ne va plus de soi en 2021. Ce qui était familier aux générations précédentes (histoire sainte, sens des fêtes chrétiennes, des sacrements) ne l’est plus guère des plus jeunes. Alors peut-être faut-il être un peu « marketing » ? La communication, la « com », est la clé de la réussite : pour toute entreprise mais aussi pour toute pastorale.

Être pasteur, on nomme ça : « la pastorale ». Qu’on soit prêtre, diacre, coopérateur de la pastorale ou tout simplement membre d’un Conseil Pastoral, on sait trop combien la transmission de la foi et des valeurs chrétiennes est compliquée. Aujourd’hui, nous nous adressons aux enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants de chrétiens, autrefois pratiquants. Et, quand, ceux-ci, après avoir préparé longuement leurs sacrements, ne reviennent plus, on voit, chez les pasteurs mais aussi chez les catéchistes, un syndrome d’épuisement. En langage moderne, on dira burn out. Un sentiment de culpabilité aussi : qu’est-ce qu’on n’a pas bien fait ? A-t-on été trop large ou trop sévère ? Ou peut-être trop discrets ?

Et, si nous les apôtres, sentons parfois ce « burn out », voyons comme Jésus est plein de compassion pour les 12 apôtres. Ils sont de retour de leur mission.  Ils les invite d’abord à faire le bilan : « Les Apôtres se réunirent auprès de Jésus, et lui annoncèrent tout ce qu’ils avaient fait et enseigné ». Ils font le bilan et c’est seulement après que Jésus leur dit. « Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu.»  Tout apostolat se nourrit de prière et de méditation. Mais il commence par une relecture, un bilan, une analyse.

Bonne nouvelle pour notre diocèse : dès la rentrée chaque prêtre en mission pastorale sera invité 1 x l’an à un entretien annuel autour de quelques questions sur la manière dont il vit sa mission : sur ce qu’il a pu construire, sur les difficultés qu’il rencontre, sur la fatigue qu’il ressent, sur ses doutes et ses questions. Cette démarche déjà demandée à tous les coopérateurs et coopératrices laïques et enfin étendue aux prêtres quelle que soit leur mission : quoi de plus normal ! On ne copie pas les méthodes des entreprises, on refait ce qui est dans l’Evangile : Jésus a envoyé ses apôtres en mission d’évangélisation.  Et ils viennent vers lui faire leur compte rendu.

Quel Evangile a été proclamé ?

Evangile fondamentaliste ou actualisé ? Répondons-nous aux questions des gens du XXIème siècle ou à celles des gens du 1er siècle après JC ?

Evangile infantilisant ou intelligent ? Pensons-nous que nos auditeurs sont plus cultivés que nous ?

Evangile culpabilisant ou bienfaisant ? L’Evangile doit sortir les gens de leurs problèmes et non pas les compliquer.

Evangile mondain ou orienté vers l’Eternel ? Parlons au cœur de ceux qui ont soif du divin, annonçons-leur que leur Royaume de Dieu est en eux ?

Une fois qu’on s’est posé ces questions, on se nourrit à la source. « Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. », aujourd’hui le Christ dirait « Faites une bonne retraite. » Tant qu’on n’est pas reposé, tant qu’on n’a pas retrouvé l’enthousiasme, tant qu’on n’a pas Dieu en soi, il vaut mieux se taire encore un peu.

Et puis, n’oubliez pas que Jésus envoie des apôtres en mission deux par deux. Des évêques envisagent de nommer toujours deux prêtres dans une communauté de paroisses plutôt qu’un seul. Mais ne sommes-nous pas déjà en EAP ? Nous ne le sommes pas pour faire plus mais pour faire mieux. Pour faire mieux des choses qui ont du sens. Nous le sommes pour écouter ensemble les appels de l’Esprit Saint. Alors, nous pourrons retrouver le goût de ce que nous faisons et être rafraichi par ce que nous annonçons aux autres.