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Homélie abbé Martz – 13ème dimanche ordinaire

Aujourd’hui, On nous présente deux désespérés qui s’approchent de Jésus. Une femme, qui a consulté sans succès toutes sortes de médecin, un chef de synagogue qui voit mourir sa fille. C’est la seule fois, dans les Evangiles où un chef religieux juif demande un miracle : « Ma petite fille est à toute extrémité. Viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive. » (Mc 5,23).

Pour Dieu, il n’y a pas de situations désespérées. A la femme qui le touche et dont l’hémorragie cesses aussitôt, Jésus dit :« Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. » Au père désespéré de voir sa fille mourir : il dit « Ne crains pas, crois seulement.»

« Ta foi t’a sauvée. Va en paix » ;« Ne crains pas, crois seulement ». Pour celui qui a foi en Dieu, il n’y a pas de situations sans espoirs Ces paroles de Jésus sont extraordinairement puissantes. Elles sont adressées à nous qui nous battons contre la maladie, la peur de la mort.

Elles nous concernent tous à certains moments de notre vie. Dans les moments de deuil, de souffrance, d’échec., surtout ! La tentation de perdre la foi est grande dans ces moments. J’ai connu un grand nombre de malades qui ont perdu la foi. Au début, ils négociaient avec le Ciel : « Si je guéris, je ferais du bénévolat auprès des autres, j’irais à l’église tous les dimanches. » Et comme la guérison n’est pas venue, ils ont perdu la foi.

La foi, en hébreux biblique, c’est emuna et c’est la racine du mot AMEN. Ce mot qui peut être traduit par foi renvoie à la confiance ou encore à la fidélité. AMEN, la plus courte et la plus puissante des prières. Il convient de la dire souvent et avec conviction.

Le Christ nous invite à marcher le chemin de la foi confiante. Si Jésus au moment de sa passion, avait quitté le chemin de la confiance pour entrer dans celui de la défiance, il ne nous sauverait pas. Mais, en donnant toute sa foi au Père, s’abandonnant entre ses mains, il nous fait entrer dans la foi en “Dieu qui sauve”.

Ce qui nous sauve, c’est bien d’entrer dans ce chemin de confiance que ça aille bien ou mal. La foi qui sauve est, une foi qui ne doute pas face aux difficultés et aux épreuves de la vie. Comme nous le suggère Benoît XVI dans son encyclique Spe Salvi – (Sauvés par l’espérance): «Ce qui guérit l’homme ne consiste pas à éviter la souffrance et à fuir la douleur, mais dans la capacité d’accepter les tribulations, d’y puiser notre maturité et d’y trouver un sens par l’union au Christ, qui souffrit avec un amour infini».

Je pense souvent à ce jeune homme, qui à l’Hôpital, me dit avec une sincérité déconcertante : « J’ai perdu la foi au moment du décès de mon arrière-grand-père. Il était très croyant et Dieu ne l’a pas empêché de mourir ! » La foi ne nous empêchera pas de mourir mais elle transformera notre mort en acte de foi ultime en Dieu qui donne la vie.  N’oublions pas la distinction entre la vie biologique et ce que le nouveau testament appelle la Vie Eternelle. Biologiquement, nous mourrons forcément puisque notre corps matériel est lié aux lois de la matière. Il y a dans l’homme quelque chose qui est n’est pas soumis aux lois de la matière. L’Esprit Saint est Vie éternelle. Notre âme est morte si elle n’est pas reliée à l’Esprit. Ouvrons-nous à l’Esprit de Jésus si nous voulons être pleinement vivants pour toujours.