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Découvrez le 23ème chemin d’art sacré cet été

Toutes les expositions du 23ème Chemin d’art sacré sont installées et presque toutes vernies. 

C’est le moment d’aller découvrir les 14 étapes de ce parcours au cours de vos pérégrinations en Alsace, cet été, de Feldbach à Wissembourg.


L’artiste c’est d’abord celui qui libère la vie. Le philosophe Gilles Deleuze l’explique ainsi : « à la base de l’art, il y a cette idée, ou ce sentiment très vif, une certaine honte d’être un homme qui fait que l’art consiste à libérer la vie que l’homme a emprisonnée. »

Être libre, c’est aussi s’inscrire dans quelque chose de plus grand que soi. Mircea Eliade, indique que « l’expérience du sacré (plus large que les religions) est indissolublement liée à l’effort fait par l’homme pour  construire un monde qui ait du sens1 ».

Pour l’artiste Christian Boltanski, l’activité artistique est forcément liée au sacré. Et il ajoute : « J’ai envie d’exposer dans des églises, parce que ce sont des lieux qui sont à la fois ouverts à tous, et en même temps des lieux de réflexion, de silence et l’on y trouve des œuvres d’art que l’on peut regarder ou ignorer. Actuellement, ce genre d’expériences m’intéresse beaucoup plus que d’exposer dans un musée2.» L’expérience des Chemins d’art sacré en Alsace s’ancre dans cette même vision depuis déjà plus de 22 ans. Le sacré sépare mais relie en même temps.

L’artiste a besoin de liberté, de transcendance mais aussi de beauté. Cette quête de la Beauté que prônait Socrate, permet d’accéder à une seconde beauté, métaphysique et éthique, où le beau est identifié au vrai et au bien. La Beauté est l’un des attributs de Dieu. « Tard, je vous ai aimé Beauté si ancienne et si nouvelle ; tard, je vous ai aimée. C’est que vous étiez au-dedans de moi et, moi j’étais en dehors de moi, » écrivait St Augustin dans ses Confessions.

Enfin l’artiste par ses dons, son travail et sa sensibilité permet à l’art non pas de reproduire le visible mais de le rendre visible selon la fameuse expression de Paul Klee. En changeant quelque fois tout simplement d’angles, de points de vue, de techniques… l’art met en évidence quelque chose de caché jusque-là. Et il nous rejoint dans notre humanité et notre quête.

Jérôme Alexandre va encore plus loin dans son affirmation : « L’art interroge en profondeur la réalité et l’exprime sur un mode sensible. La Foi chrétienne, quant à elle, croit que Dieu s’est donné à l’homme dans le sensible. Elle croit que Dieu aime et sauve ce qu’il a créé : la chair, les choses visibles autant que les invisibles, le monde.3 »

Etre artiste c’est aussi contribuer à réenchanter le monde. Zarina Khan est philosophe, actrice et réalisatrice russe, tunisienne, pakistanaise et française. Elle a découvert en elle-même « un pays sans frontières  aucune, animé par la liberté de l’être, un pays où la transversalité des cultures se vit, où religions et politiques se côtoient dans le partage d’émotions universelles. Et où le sacré s’élève au-dessus des contextes temporels : le pays de l’Art, le pays de la création, où se dessine, renouvelé à travers les siècles, l’enchantement du monde. » L’art permet de maintenir cette petite flamme d’Espérance qui manque cruellement à notre monde. Il participe d’un acte de résistance essentiel à notre société et à notre humanité.

Laurence Levard, Responsable du Chemin d’art sacré


1 Journal du 24 juin 1968
2 Revue des deux mondes, novembre 1992
3 Cf L’art contemporain, un vis à vis essentiel pour la Foi.