Pour dire bonjour, ayez le réflexe « bénitier »

Venez, entrez, le Seigneur vous accueille !

Le bâtiment a l’air pour le moins sympathique, et l’on y entre d’un pas alerte. Mais une fois la porte franchie, c’est un autre monde qui s’ouvre à nous, sans rapport évident avec les lieux que nous fréquentons habituellement, que ce soit par le style, l’architecture, l’ameublement, les couleurs ou les odeurs. Se pourrait-il que règnent là d’autres us et coutumes, des règles spécifiques ou des traditions inconnues du non-initié ?

En effet, la première particularité est la façon de saluer le maître des lieux, notre Seigneur ! En entrant dans l’église, on rencontre d’emblée une curieuse vasque contenant de l’eau : petite ou grande, discrète ou monumentale, servirait-elle à se laver les mains ? Bien sûr que non : c’est le bénitier qui nous propose de l’eau bénite, rappel de l’eau du baptême. Du bout des doigts, le chrétien prend cette eau et se signe, c’est-à-dire trace sur lui le signe de la croix, entrant ainsi en relation avec le maître des lieux.

Hélas souvent esquissé à la va-vite voire oublié, le signe de croix n’est pas moins un geste fondateur de la prière et de l’attitude chrétienne : dès le IIe siècle, l’écrivain Tertullien recommandait de se signer le front d’une croix avant chaque activité quotidienne. C’est non seulement un signe de protection et d’appartenance à la communauté, mais aussi la reconnaissance de la dimension trinitaire de notre Dieu, ainsi que de sa force agissante sur nous. À partir du IVe siècle et de la conversion de l’empereur Constantin au christianisme, la croix est devenue l’emblème et le symbole de la chrétienté.

Chez nos grands-parents, il était de coutume d’avoir un petit bénitier dans l’entrée de la maison ! Dommage que ce geste de prière ait disparu de notre pratique religieuse domestique…

Dans nos églises, quand le visiteur oublie le signe de croix, le bénitier devient comme invisible, malgré ses qualités artistiques.

 

À l’église Saint-Florent (Cronenbourg), les vasques sont en cuivre, tandis qu’à Saint-Ignace (Neuhof), les bénitiers de grès sont scellés dans une petite alcôve du mur aux portes latérales, tandis qu’aux grandes portes du fond, ils sont encastrés sur un pilier dans le mur.

 

 

À la cathédrale, c’est un ange aux fortes ailes qui supporte la large vasque des bénitiers : le style baroque confirme qu’ils ont été  installés lors du retour de la cathédrale au culte catholique en 1681. Sans doute ces bénitiers n’étaient-ils pas suffisants pour accueillir le flot des fidèles d’alors, car quelques pas plus loin, on peut en trouver d’autres, dans le style néo-gothique caractéristique du XIXe siècle.

Quelle est l’histoire et le style des bénitiers de votre église ? Dites-nous avec quelques photos prises par téléphone si vous utilisez d’anciens fonts baptismaux pour bénitiers (si, si, cela existe), si on y trouve des poissons dans le bénitier (si, si, cela existe aussi), ou si vos bénitiers sont décorés d’anges ou de coquillages ? Nous partagerons les photos et les informations sur le site internet du diocèse présentant les églises d’Alsace.

François Muller *06 17 500 512* francois.muller11@free.fr