Un chemin de croix

« Venez, entrez, … »

Venez, entrez ! Notre église vous propose de belles œuvres qui vous racontent les faits et paroles de notre Seigneur, et notamment la tragique histoire de sa mise à mort par un « Chemin de croix ».

« L’invention » du chemin de croix remonte aux premiers temps de la chrétienté, lorsque le pèlerinage à Jérusalem, animé par les franciscains, prit de l’essor grâce à l’autorisation de l’empereur de célébrer le culte chrétien (cf. l’Edit de Milan promulgué  par l’empereur Constantin en 313). En effet, les pèlerins refaisaient alors le chemin pris par le Christ montant au Golgotha.

Considérant la force de cette dévotion, les frères franciscains exportèrent cette prière et créèrent des chemins de croix dans les églises sous forme de stations illustrées des scènes marquantes de la Passion du Christ. Habituellement, ce sont quatorze images qui nous mènent jusqu’au tombeau. Mais attention, la liste des épisodes a varié au fil des siècles, et y incluant parfois des traditions locales. En 1991, le saint pape Jean Paul II a redéfini ce chemin : par souci de vérité évangélique, il a supprimé les stations sans référence biblique (les trois chutes et les rencontres avec Marie puis avec Véronique) et le chemin débute maintenant au Jardin des Oliviers. Parfois, il se termine par une quinzième station, le tombeau vide, préfiguration de la résurrection.

 

Quasiment toutes les églises ont un chemin de croix. Celui-ci peut être minimaliste, sous forme d’une réglette alignant quatorze lumignons devant de petits pictogrammes symboliques (église Saint-Urbain).

Il peut être discret, avec de petites images insérées dans les vitraux des bas côtés (église Saint-Louis Robertsau, frères Ott 1930).

 

 

 

Il peut enfin être monumental et artistique, décorant les murs de la nef avec de grands tableaux disposés deux par deux (église Saint-Ignace Neuhof, œuvre d’Antoine Heitzmann, 1946).

 

 

A la cathédrale, le chemin de croix installé en 1881, bien que de grande taille, s’insère totalement dans l’édifice, au point d’en devenir … invisible ! De grandes croix de bois chêne garnies de rosaces et filets de cuivre portent en leur centre un médaillon formé de quatre lobes illustrant la scène de la Passion. Le dessin au trait est gravé en émail noir sur un fond d’émail rouge. Les stations se marient si bien avec les couleurs du grès rose qu’on ne les remarque plus. L’œuvre est signée de Jean-Alexandre Chertier (1825-1890).

Il est à parier que dans votre église aussi, le chemin de croix est une oeuvre artistique d’un ébéniste local, d’un sculpteur de renom, d’un orfèvre des métaux ou d’un peintre talentueux. Racontez-nous son histoire et, avec votre téléphone, faites-nous de belles photos des quatorze stations. Nous les partagerons sur le site internet du diocèse présentant les églises d’Alsace.

François Muller * 06 17 500 512 * francois.muller11@free.fr