La présence de l’Église catholique au temps du Covid 19

l’aumônier catholique du NHC, Jean Paul Malod-Dufour accompagne le grand rabbin Harold WEILL vers les réanimations.

Au cœur de la crise du coronavirus, les membres de la pastorale de la santé du diocèse de Strasbourg ont été extrêmement sollicités, surtout pour apporter un réconfort spirituel à tous ceux qui étaient touchés, de près ou de loin par cette épidémie.

Masques, gel, respirateurs, recherche de vaccins, confinement : alors que la gestion de la pandémie met l’accent sur des moyens bien concrets et matériels, la maladie reste aussi une épreuve spirituelle. Hippocrate, réputé l’inventeur de la médecine rationnelle, était lui-même prêtre d’Esculape, le Dieu grec de la médecine.

Tant par le soutien spirituel que par des actions plus concrètes auprès des personnes les plus fragiles et de leurs proches, les communautés croyantes sont bien présentes sur le front de la pandémie. Une réelle volonté de communion fraternelle…

Pour les aumôniers (laïcs ou prêtres) dans les établissements de santé, médico-sociaux, pour les visiteurs de personnes âgées, malades, handicapées, l’engagement est plus que jamais important. Ils essaient d’être présents en inventant des formes nouvelles d’accompagnement en humanité, d’écoute, de partage de la foi.

Présence quotidienne

Ainsi… on a parlé des brèves cérémonies autorisées lors d’inhumations, mais même auprès des malades, des rituels brefs et signifiants ont été célébrés. Des aumôniers des hôpitaux de Mulhouse, Colmar et Strasbourg sont restés sur place, se relayant aux côtés des soignants et des malades qui les sollicitaient.

« Au Moenchberg, les aumôniers ne sont pas vraiment dans la slow attitude ! Nous continuons à assurer une garde 24/24. Nous répondons aux appels. Nous sommes amenés à nous rendre auprès de personnes atteintes du COVID.

Les situations sont dramatiques car le plus souvent nous sommes la dernière personne qu’elles voient en dehors des soignants, les familles ne pouvant être à leur côté », témoigne Isabelle Bruère, aumônier catholique.

Dans certains EHPAD aussi, des aumôniers viennent tous les jours : « J’ai l’appel de familles qui sont dans la détresse à la suite du deuil d’un parent. J’ai donc envoyé des courriers de condoléances en leur proposant de m’appeler pour un temps d’écoute, si besoin. » nous écrit Astrid Scheidweiler du CDRS de Colmar.

Dans d’autres Ehpad, la visite des aumôniers n’est pas autorisée. Il s’agit toujours de respecter les directives des établissements.

Souffrances

Reste la souffrance des parents, des familles d’enfants, d’adultes atteints de handicaps lourds : le déchirement de l’éloignement et la difficulté de communiquer avec eux sont vécus douloureusement.

Une maman, Isabelle, témoigne : « Pour notre fils polyhandicapé, avec un handicap mental lourd, le téléphone n’a pas de sens et au contraire, si moi, sa maman, je l’appelais, cela rajouterait à son angoisse de ne pas pouvoir venir vers moi, m’enlacer et venir au domicile familial. On ne parle que très peu de ces souffrances ».

Là aussi, les professionnels dans le médico-social, mettent souvent tout en œuvre pour alléger l’isolement de ces personnes.

Quand cela est possible, des visiteurs peuvent avoir des rendez-vous en vidéo avec les résidents, comme dans ces M.A.S. (Maisons d’Accueil Spécialisé), à Oberhausbergen, où une bénévole de l’aumônerie, grâce à l’intervention des animateurs Éric et Baptiste, bénéficie d’environ 30mn par résident et par semaine, pour soit prier, chanter, soit juste papoter. Des rendez-vous très appréciés…

Enfin, pour nos patients et aînés, confinés à domicile, les bénévoles de nos communautés paroissiales gardent un précieux lien téléphonique hebdomadaire, voire quotidien.

 

Handicap

Une réalité est souvent oubliée : la lecture labiale (ou lecture sur les lèvres) qui nécessite une bonne articulation et visibilité de celui qui parle devant une personne sourde ou malentendante.

Le port d’un masque pour se protéger du Coronavirus est un réel problème et source d’anxiété pour les personnes sourdes et malentendantes. Si des efforts sont faits pour que les discours officiels soient interprétés en langue des signes, les sous-titrages ne sont pas encore systématiques.

Régine Torres, aumônier auprès de ces personnes, leur envoie régulièrement les lectures des messes du dimanche en français courant, depuis le début du confinement.

Marie-Christine Mey, chargée des aveugles et malvoyants veille à ce qu’ils ne subissent pas une « double peine de confinement », comme le dit Philippe, aveugle, dans la cécité et l’obligation de rester dans son appartement.

Elle lui a envoyé par la poste,  des masques confectionnés par elle-même, avec des broderies en relief, afin que Philippe sache les différencier.

Contact : Pastorale de la Santé du Diocèse de Strasbourg – 27 rue des Juifs – Strasbourg – 03 88 21 29 94