Le Voyage Diocésain de l’Espérance à Lourdes

« La fraternité est un trésor »

C’est pour découvrir ce trésor que 220 pèlerins du diocèse de Strasbourg (personnes en précarité, prêtres, bénévoles, tout venant…) se sont retrouvés à Lourdes en pèlerinage du 3 au 10 juillet dernier.

Une semaine rythmée par des multiples activités :

  • piscines,
  • parcours sur les pas de Bernadette,
  • prière avec l’Evangile pas à pas,
  • célébrations…

Chaque jour de petites fraternités d’une dizaine de personnes se sont réunies pour échanger, apprendre à se connaître, à dépasser les peurs que peut susciter la différence, les a priori… et bâtir des relations de fraternité.

La veillée des talents, le dernier soir, nous a donné dans une incroyable diversité un savoureux aperçu de ce vivre ensemble.

Mgr Ravel nous a fait la joie de partager deux jours avec nous. Il a pris le temps de rencontrer et d’écouter chacun.

La table ronde, qui laissait la parole à des bénévoles et à des personnes en précarité, a été un des temps fort de cette semaine.

Rosine a ainsi témoigné de sa joie d’avoir pu se remettre debout grâce à Caritas (voir ci-dessous), et surtout, aujourd’hui, de pouvoir elle-même aujourd’hui aider d’autres personnes à reprendre confiance.

Nous étions là au cœur de l’Évangile…

« Le métier de la diaconie, c’est rendre l’Église et l’Évangile aux pauvres ; rendre les pauvres et l’Évangile à l’Église. »

Puisse toute notre Église se laisser conduire à l’essentiel par ceux qui sont « nos maîtres » ! (saint Vincent de Paul).

Témoignage de Rosine

Depuis toute petite, j’avais bien été battue et secouée par la vie. Après des années en manque total de confiance en moi et dans les autres, j’ai eu la chance de faire la connaissance de Caritas- Alsace, réseau Secours catholique où plusieurs bénévoles de Caritas m’ont proposé de participer au premier voyage de l’espérance à Lourdes.

Ça a été une expérience magnifique.

Dès notre arrivée devant la cité St-Pierre, j’ai ressenti un énorme soulagement. Ça a été comme une grosse pierre qui tombait de mon cœur.

Tous ces sourires, tous ces bras grands ouverts… je me suis dit : « ICI il ne peut plus rien t’arriver de négatif ».

Dans tous les coins et recoins, j’ai ressenti cet Amour, cette Fraternité.

La cité St Pierre est un monde à part. Jamais dans ma vie, je n’avais connu ça.

Pendant ce séjour, je ne pouvais pas rester indifférente aux souffrances des autres personnes, impossible de passer à côté sans réagir.

Tous ces signe d’Amour pour les autres, toutes ces mains tendues ; tous ces bras grands ouverts. C’est difficile pour moi de vous décrire tous mes sentiments, ce serait beaucoup trop long.

Je crains que mes mots ne soient trop faibles pour vous faire part de ce que j’ai vécu à Lourdes en 2016. J’ai trouvé ici une très grande famille, unie tout simplement par cet Amour et une Fraternité incroyable (ce qui paraît incroyable si on ne l’a pas vécu).

Je n’ai même plus voulu repartir, mais je savais bien que je reverrai quelques pèlerins après ce voyage.

Une fois rentrée chez moi, je me suis sentie comme sur un énorme nuage, au point qu’après avoir témoigné plusieurs fois autour de moi, des amies m’ont conseillé de revenir sur terre ;).

Ma réponse était « je me sens pour la première fois dans ma vie si bien, si entourée d’Amour, d’amitié et de Fraternité, que j’ai envie de le partager avec vous et tous les autres que je pourrai croiser ».

Et oui ! La petite souris est sortie de son trou ! Elle est aujourd’hui là, devant vous pour témoigner et raconter à quel point sa vie a changé.

J’ajouterai que bien que j’ai été élevée et éduquée comme catholique, je ne me suis convertie qu’à l’âge de 24 ans. A ce moment-là, il était tout à fait normal de vivre la vie spirituelle dans le sens de mon éducation et de mes convictions.

Après ce premier voyage à Lourdes, j’ai vraiment eu envie de nourrir et d’approfondir mes croyances. Donc j’ai participé aux réunions de Carême et au pas à pas vers l’Évangile.

Toujours friande de connaissance du nouveau Testament, je cherche encore à en savoir plus !

Pour terminer, la suite logique après ce premier voyage, aura été de m’engager à mon tour à Caritas-Alsace comme actrice ; D’ouvrir grands mes bras à ceux qui sont dans le même cas que moi, il y a deux ans de ça.

Deux années ont passées, à vivre dans mon entourage habituel. Et puis je suis repartie à Lourdes.

Le deuxième voyage fortifie quelque part en moi ce sentiment de fraternité et de solidarité qui me soutiendra pendant tout ce séjour.

Par exemple, j’ai pu voir une très belle chapelle à Gavarnie grâce aux personnes qui étaient là.

Stéphanie m’a dit « il faut que tu vois cette chapelle » et donc ils m’ont tiré, poussé à quatre, malgré le mauvais chemin et la montée ; pour que je puisse aller voir la chapelle.

J’étais impressionnée de voir une telle beauté dans un petit coin perdu.  Cette petite chapelle m’a émerveillée de par sa simplicité.

Quelque chose en moi m’a poussé à dire tout bas que je crois.

Ce fut un moment fort tout comme la procession mariale (que j’appelle la procession des lumières), la piscine et les pas de Bernadette.

Suite à ces deux voyages, je voudrai vous dire qu’à tout moment, on peut garder l’espérance en soi et les autres.

Avant triste et pas confiante du tout, je me suis découvert une joie de vivre que je n’avais jamais soupçonnée en moi auparavant.

Cette joie me permet dorénavant de transmettre mon sourire et ma bonne humeur à des personnes en difficulté et en souffrance.

Ce qui pourrait leur permettre de rebondir et à leur tour de trouver la paix intérieure ; paix restant malgré toutes les épreuves qu’on puisse rencontrer.

Je dirai pour finir sur l’espérance que je sais que je ne serais jamais vraiment et durablement satisfaite si je ne continuais pas à nourrir mon âme.

Il y a une voix qui chante dans mon cœur.

Un énorme merci à tous les salariés, tous les bénévoles et acteurs qui m’entourent chaque jour.

Merci de me donner l’occasion de m’épanouir et d’être heureuse.

Je vous dis du fond du cœur merci beaucoup.

Merci, merci Caritas. Je suis Rosine et je vous aime.

Diaconie vivante dans notre diocèse (texte tiré de la revue des diacres)

L’Église d’Alsace vient de vivre un moment fort, intense: en effet, 220 personnes de toutes origines, vivant dans notre diocèse, en situation de précarité, ou peut-être non, ont préparé et vécu ensemble ce nouveau voyage diocésain de l’Espérance du 3 au 10 juillet 2018.

Ce voyage se situait dans la suite de la démarche Diaconia 2013, à laquelle notre diocèse a activement participé.

Le thème en était « la fraternité est un trésor », cette démarche faisant suite à l’encyclique Deus Caritas Est.

Ceci s’inscrit également dans la suite de ce que certains d’entre nous ont vécu lors du rassemblement international des diacres à Lourdes en septembre dernier 2017: Salut et Guérison dans une Église Diaconale.

Le Christ est venu nous rejoindre dans notre humanité, dans nos joies et nos peines, dans notre fragilité.

L’idée était de cheminer ensemble, personnes en situation difficile, de précarité, et tous ceux qui s’associent aux plus pauvres, tout au long de l’année, dans les paroisses, les mouvements et services. Nous avons vécu ainsi ensemble un pèlerinage fraternel et un temps spirituel à Lourdes.

Ce voyage s’est déroulé dans le cadre du diocèse, à l’initiative du Conseil Diocésain de Solidarité, autour de notre Archevêque.

Les diacres ont pu être particulièrement intéressés par cette démarche, par leur ordination et leurs missions reçues, qui les envoient aux périphéries, à la rencontre des personnes se trouvant dans des formes diverses de pauvreté, de fragilité, de précarité et de souffrance.

Des diacres ont accompagné indirectement cette démarche toutefois sans participer personnellement au pèlerinage (sauf un couple) en faisant le lien avec les divers lieux où ils sont envoyés en mission.

Nous, diacres permanents, en participant à ce voyage, nous aurions pu nous rendre compte de nombreuses et diverses fragilités apparentes ou mal visibles à nos yeux: maladies, handicap, précarité et vulnérabilités sociales, physiques, psychiques, sensorielles, émotionnelles, pouvant être à l’origine de comportements qui nous paraissent mal adaptés, qui nous insécurisent ou parfois même nous irritent.

Mais ces comportements ne doivent pas empêcher ces personnes de partir en voyage, en pèlerinage, de prier, de chanter, d’exprimer leurs talents.

Nous, diacres permanents, pouvons accompagner les membres des services et mouvements, les communautés paroissiales, en les éclairant, par notre expérience, notre compétence, en les sécurisant, les dynamisant, en étant signes du Christ-Serviteur, qui ose et s’expose.

Comme nous l’a rappelé Monseigneur Luc Ravel, dans l’une de ses homélies: ces personnes sont «cassées ».

Mais cela ne doit pas les empêcher de vivre, prier, célébrer. Nous en avons eu des exemples: telles personnes ont accepté d’apporter leur témoignage de vie devant l’assemblée, en présence de l’Archevêque, avec l’aide de leurs accompagnateurs, d’autres ont réussi à vaincre leur angoisse, leur vécu d’exclusion, en participant à l’excursion au cirque de Gavarnie, d’autres encore, avec leurs enfants, migrants, ont participé de façon magnifique à la soirée des talents, d’autres enfin ont, avec humour, reconnu leurs accès de colère, se sont réconciliés avec eux-mêmes et l’ensemble du groupe…..

Il n’est pas possible de détailler encore toutes les activités auxquelles vous auriez pu participer…piscines, procession mariale, chemin de croix, chemin de paix et chemin sur les pas de Bernadette, Évangile pas-à-pas, célébration de réconciliation….

En tant que membre du Conseil Diocésain de Solidarité et du fait de mon expérience professionnelle (médecin neurologue, impliqué dans l’accompagnement direct de personnes en situation de handicap et l’organisation de cet accompagnement) et de mes missions, j’ai participé en compagnie de Monique au groupe de pilotage et ai dirigé une équipe dénommée Groupe Santé Service, émanation de l’équipe Caritas Urgences.

Sa mission était de veiller à la sécurisation de l’ensemble du groupe, sur le plan de la santé et de l’accompagnement. Cette tâche a été remplie. Cette présence m’a permis de me rendre compte de l’implication souvent méconnue des nombreux bénévoles actifs dans les services caritatifs, en particulier Caritas et Saint Vincent de Paul, encadrés par d’enthousiastes salariés en ce qui concerne Caritas.

Je ne puis qu’encourager tous les confrères diacres permanents et leurs épouses à vivre de telles rencontres, expériences humaines et spirituelles particulièrement vivifiantes.

Partons à la découverte des « périphéries » si proches de nous, dont nous pouvons nous enrichir.

Sachons nous mettre, en humilité, avec toutes ces personnes rencontrées, dans les pas de Bernadette, sous le regard de Marie.

Prière de la Diaconie

Accueille, Seigneur, en ce jour, mon désir de Te servir: je t’offre ce que je suis. Ta grâce me suffit. Je ne demande rien d’autre afin de vivre selon Ton Évangile, uni à toutes celles et ceux qui, dans la Diaconie de Ton Église, cherchent à faire Ta volonté.

Philippe  Wasser, Diacre permanent.

Pèlerinage diocésain 2018 à Lourdes