DNA du vendredi 31 mai 2019

Chemins d’art sacré

Du 4 juin au 1er octobre 2019

 

Du 4 juin au 1er octobre, de Wissembourg à Ottmarsheim, treize paroisses accueillent des artistes.

 

L’idée originale des Chemins d’art sacré est née il y a 22 ans, dans l’esprit de Mgr Doré, rappellent Jean-Luc Lienard, vicaire général et Laurence Levard, responsable du projet. Cette année encore, du 4 juin au 1er octobre, douze églises du nord au sud de l’Alsace, de Wissembourg à Ottmarsheim, accueilleront des œuvres, de quatorze artistes, inspirées par la vie spirituelle. Il s’agit de «  dire quelque chose de l’être humain et de Dieu », déclare Jean-Luc Lienard. «  Les églises ne sont certes pas que des lieux d’exposition ou de concert, mais nous aimons travailler avec des artistes ; l’on a quelque chose à se dire ». « L’art, explique-t-il encore, pointe vers l’invisible et le spirituel. »

À chaque édition, « des artistes créent spécifiquement pour un lieu ». Il faut deux ans, précise Mme Levard, pour préparer une exposition. Le point de départ de chaque œuvre est une citation biblique. Cheminement spirituel et cheminement artistique vont là de pair. Sculpture, peinture, photographies, dessin à la plume, fusain, collage seront à découvrir.

« Quand on rencontre les artistes, on les envoie voir deux églises pour ressentir le lieu ; parfois ils disent “Non, là cela ne m’inspire pas“. Nous prenons l’artiste là où il en est ; on voir les thèmes autour desquels il a envie de créer. » Les points de départs peuvent ainsi être la terre, le fleuve, la lumière ou la quête, l’altérité, la table rase, la beauté ou la bonté…

Cette année à Sigolsheim, à l’église romane Sts-Pierre-et-Paul, Benoît Decque, peintre, présente une vingtaine d’huiles sur toile : il y tente de faire apparaître une lumière à partir d’une pénombre colorée. À Niederhaslach, à l’église St-Jean-Baptiste, Jr Di Casa, peintre, installé dans la région de Reims, inspiré par Turner, Zao Wou-Ki et Olivier Debré, prend appui sur les déchaînements des éléments comme le feu, la tempête, l’orage. À l’église St-Georges à Haguenau, Marie Kathrin Reiter-Daspet explore la beauté de la nature à travers la photographie, le dessin et le haiku. «  Par la contemplation, un regard patient, méditatif  et ouvert laisse émerger un monde invisible », explique l’artiste.

À Rosheim, à l’église Sts-Pierre-et-Paul, Christian Fuchs, sculpteur sur pierre indépendant, originaire de Turckheim, pose à travers son œuvre, la question de la vie et de la mort.

À l’église St-Georges de Molsheim, Nourit Masson-Sékiné, artiste transdisciplinaire, installée à Strasbourg, chargée à Strasbourg, chargé de cours à l’université, au département des Arts, propose une série de photographies de la cathédrale de Gaudi La Sagrada Familia. La chartreuse de Molsheim accueille Takao Miyakaku : il présente une série photographique dédiée aux survivants de Hiroshima et Nagasaki. Depuis 25 ans, il retourne tous les ans, dans ces deux villes, aux dates des commémorations du 6 et du 9 août, pour y photographier les passants. Une résistance contre l’oubli.

CZ

 

 

 

Chemins d’art sacré : trois sites à découvrir dans le Florival

La 22ème édition des Chemins d’art sacré en Alsace a été inaugurée en présence de Mgr Luc Ravel. Trois sites y participent dans le Florival, l’abbaye de Murbach, la collégiale de Lautenbach, et l’église Saint –léger de Guebwiller. A visiter jusqu’au 1er octobre ; Monseigneur Ravel ; archevêque du diocèse de Strasbourg, a béni mardi la 22ème édition des Chemins d’art sacré en Alsace, et tout particulièrement dans le Florival, successivement à l’abbatiale de Murbach, à la Collégiale de Lautenbach et en l’église St Léger à Guebwiller.

« J’inaugure cette édition en trois étapes de l’art sacré. Un chemin d ‘étapes de beautés successives afin de pouvoir mûrir sur le chemin d’un déploiement intérieur pour la croissance et la maturation », a commenté Monseigneur Ravel après avoir remercié l’assistance en l’abbatiale de Murbach, considérée comme l’un des grands chefs-d ’œuvres de l’art roman rhénan. Et de poursuivre : « Le beau, c’est ce que l’on peut contempler pendant des heures. Aussi que ma bénédiction permette une relation privilégiée entre chacun de nous. »

Cette 22ème édition a été ouverte par Philippe Legin, adjoint au maire et président du Conseil de fabrique. Il a accueilli les personnalités, commentant : « Le Florival est favorisé avec ses trois églises romanes qui accueillent trois artistes contemporains. Le thème de la bénédiction proposé par Martha sied bien à Murbach, où durant un millénaire des moines bénédictins ont chanté l’antienne des vêpres. « Sit nomen Domini benedictum in saecula » (Que le nom du Seigneur soit béni à jamais). Et rappelons que l’ancienne abbaye de Murbach a été autrefois un foyer de créations artistiques dont seuls quelques vestiges ont survécu. Aujourd’hui, notre sanctuaire présente un ensemble de peintures qui parleront à chacun ».

Les interventions des personnalités ont été ponctuées par des improvisations de la harpiste Catherine Keller, musicothérapeute.

Laurence levard, la responsable du Chemin d’art sacré du diocèse, a rappelé au public que cette 222ème édition innove (trois lieux de plus) et propose des artistes chevronnés et des thèmes fondateurs.

Les exposants dans le Florival

Abbatiale de Murbach : Martha Lichtin, peinture » la bénédiction »

Collégiale de Lautenbach : Lucie Larrive, dessins au fusain et Philippe Bourdon, textes poétiques « Pèlerins de lumière »

Saint Léger Guebwiller : Laurence Torno, mosaïques « les femmes de la Bible »

Y aller Chemin d’art sacré en Alsace, du 4 juin au 1er Octobre. De Wissembourg à Ottmarsheim ; 12 paroisses. Entrée tous les jours de 9h à 18h (sauf Molsheim)

Article de Bernard Erhard paru dans l’Alsace, juin 2019