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Portraits : découvrez Matthieu, François et Valentin, nos 3 futurs prêtres !

Publié le 19 juin 2026

François Foucret

Donner ma vie dans le sacerdoce, c’est ma manière de rendre grâce à Jésus pour le don de ma vie.

Un jongleur de rue s’interrompt et se signe en le voyant passer. Un peu plus loin, un garagiste lui parle spontanément de Dieu entre deux réparations. Depuis qu’il porte le col romain, François Foucret découvre un regard nouveau des autres sur lui. À quelques jours de son ordination sacerdotale, le jeune diacre mesure avec émotion le chemin parcouru. « C’est passé si vite, le diaconat est déjà presque fini ! Enfin non, reprend-il en souriant, il est infini. »

Avant d’entrer au séminaire, François a travaillé pendant dix ans comme électricien. Un métier qu’il appréciait profondément.
« C’est durant cette période que je me suis lié à la figure de saint Joseph artisan. C’est lui qui m’a appris à travailler avec soin et amour », explique-t-il simplement.
Sur les chantiers, il découvre l’importance de la précision, du service et du travail accompli avec patience. Cette expérience professionnelle reste aujourd’hui encore une source d’équilibre dans sa vie.

Une vocation patiemment discernée
La foi de François s’enracine très tôt dans sa vie familiale. « Je priais le chapelet avec mes parents tous les soirs. J’ai grandi avec la Famille missionnaire de Notre-Dame à Sélestat », raconte-t-il. Cette enfance marquée par la prière nourrit peu à peu une relation profonde avec Dieu. Pourtant, l’idée de devenir prêtre ne s’impose pas immédiatement. Au fil des années de travail, un appel intérieur grandit discrètement. « Dans ces moments, c’est difficile d’aligner son désir sur celui de Dieu. C’est un combat », confie-t-il avec sincérité. Afin d’avancer dans son discernement, François s’appuie sur une prière régulière.
« J’ai pris l’habitude de prier la séquence de Pentecôte, le matin, le soir, parfois même le midi. » À 29 ans, il décide finalement d’entrer au séminaire.
Un changement de vie important après dix années dans le monde professionnel. « Revenir à des horaires fixes de prière et de repas, retourner en cours… cela n’a pas été facile », reconnaît-il.  Mais cette nouvelle étape lui permet de confirmer progressivement son appel.

Une joie tournée vers les autres
Aujourd’hui en paroisse pour son année diaconale, François découvre concrètement la mission pastorale.
« Le diaconat me rend joyeux. On est touché par l’amour que les gens portent à Jésus », explique-t-il. Parmi les moments qui l’ont marqué, il évoque avec émotion le baptême d’une petite Alice : « C’est une grande joie de faire entrer un enfant de Dieu dans sa famille. » Le 28 juin approche désormais avec sérénité. « J’attends dans le calme la litanie des saints, ce moment où l’on est prosterné devant Dieu… puis la messe. Donner ma vie dans le sacerdoce, c’est ma manière de rendre grâce à Jésus pour le don de ma vie. »

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Valentin Waldheim

Je souhaite simplement être un prêtre selon le cœur de Dieu.

Lorsque Valentin accompagne son grand-père Paul faire quelques courses, il surprend un jour une conversation amusée entre des employés du magasin :
« Imagine si tu es prêtre, comment t’appellent tes parents ? Est-ce qu’ils disent “mon père” ? » Une remarque légère qui le fait sourire.
Car à 27 ans, même s’il porte déjà l’habit ecclésiastique, Valentin n’est pas encore prêtre. Le plus jeune diacre du diocèse de Strasbourg se prépare pourtant à cette étape décisive de sa vie.

Une vocation née dans l’épreuve

Valentin Waldheim grandit à Eckbolsheim, dans une famille peu pratiquante. Tout bascule lorsqu’il a 12 ans. Sa mère tombe gravement malade avant de décéder quelques mois plus tard. « C’est mon grand-père qui m’a emmené à la messe pour prier pour sa guérison. Peu à peu, une véritable familiarité s’est installée avec l’Église », raconte-t-il.
Dans cette période douloureuse, la foi devient un appui essentiel. Le jeune garçon est également marqué par le curé polonais de sa paroisse. « C’était une figure de prêtre heureuse et profondément humaine », se souvient-il. À plusieurs reprises, le prêtre l’interroge: « Valentin, ne voudrais- tu pas devenir prêtre ? » Puis, un Jeudi Saint, lors du lavement des pieds, il lui glisse avec son accent prononcé : « J’espère qu’un jour ce sera toi qui laveras les pieds des fidèles. » Ces paroles restent longtemps gravées dans sa mémoire.

Le véritable déclic survient quelques années plus tard, alors qu’il est lycéen. « Un soir, en rentrant des cours, j’ai ressenti un appel intérieur très fort. C’était une paix profonde, comme si le temps s’était arrêté. »

Prendre le temps de mûrir

Malgré cette certitude intérieure, Valentin choisit d’avancer avec prudence. Après le baccalauréat, il poursuit un BTS afin de conserver une certaine liberté et gagner en maturité. Puis, à 21 ans, il entre en propédeutique avant de poursuivre sa formation au séminaire. « J’y ai découvert la fraternité chrétienne. Nous venons d’horizons différents mais nous avançons vers le même objectif : servir Dieu et l’Église. »

Aujourd’hui en stage à la paroisse Saint-Maurice et Saint-Bernard de Strasbourg, il partage son temps entre catéchisme, accompagnement des jeunes, visites aux personnes âgées et célébrations liturgiques. Le 28 juin prochain, il sera ordonné prêtre. Un moment qu’il attend avec joie et sérénité. « Je souhaite simplement être un prêtre selon le coeur de Dieu », confie-t-il. Puis, il conclut avec une phrase de saint Carlo Acutis qu’il affectionne particulièrement : « Nous sommes nés comme des originaux, pas pour devenir des photocopies. »

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Matthieu Dominguez

Mon cheminement jusqu’au sacerdoce n’a pas été évident, il n’y a pas eu de déclic à un moment précis

Grandir dans une famille non pratiquante, envisager plusieurs métiers très différents, puis discerner un appel au sacerdoce à 27 ans : le parcours de Matthieu Dominguez est tout sauf linéaire.

Avant d’entrer au séminaire, il explore plusieurs voies professionnelles. « J’ai fait un DUT en hygiène et sécurité car je voulais devenir pompier de Paris. J’ai réussi le concours mais je n’y suis pas allé », raconte-t-il. Passionné de sport, il poursuit également un master en STAPS avec l’objectif de devenir préparateur physique. Il devient aussi pompier volontaire et aide-soignant, multipliant les expériences de terrain et de service. Pourtant, au milieu de ces chemins variés, une question intérieure demeure. « Mon cheminement jusqu’au sacerdoce n’a pas été évident, il n’y a pas eu de déclic à un moment précis », explique-t-il.
Le discernement s’installe progressivement, sans rupture brutale ni évidence immédiate. Même au moment de l’ordination diaconale, Matthieu reconnaît avoir traversé une période d’incertitude : « J’étais jusqu’au bout hésitant, je n’étais pas très confiant. » Il souligne cependant combien l’accompagnement reçu au séminaire a été décisif. « Ils m’ont beaucoup aidé à grandir et ils m’ont laissé libre. »

Une joie au cœur du service

Ordonné diacre à l’église Saint-Ignace du Neudorf en décembre dernier, Matthieu découvre une vie de service à la fois exigeante et profondément joyeuse.
« C’est une grande joie, mais ce n’est pas évident », confie t-il. Il insiste sur la nécessité d’une vie spirituelle solide : « Le diacre, et encore plus le prêtre, doit être très attaché au Christ par la prière. On ne peut pas tenir autrement. »

Parmi ses missions, son apostolat auprès des détenus de la maison d’arrêt de l’Elsau marque profondément son regard sur l’humanité. « On se fait beaucoup de films sur les prisonniers, et puis quand on les rencontre, on réalise qu’on aurait pu être à leur place », explique-t-il avec lucidité. Cette expérience lui apporte une grande humilité. Il constate aussi la dureté du regard porté par la société : « Ils ont souvent l’impression de ne plus exister. Heureusement, l’Église rappelle que Dieu condamne le péché mais pas le pécheur. »

Une présence au cœur du monde

En dehors de ses missions pastorales, Matthieu vit aussi pleinement sa vie ordinaire. Il joue au badminton en club à Strasbourg, un lieu où sa vocation surprend et interroge. « Les gens ont souvent une vision du prêtre comme quelqu’un d’âgé », remarque-t-il. Une phrase d’un jeune coéquipier l’a particulièrement marqué : « Je suis content de t’avoir connu, je n’aurais jamais pensé qu’un mec pouvait être comme toi. » Pour lui, ces rencontres sont essentielles. Elles incarnent une Église proche du monde. Il se reconnaît dans l’appel du pape Léon XIV à aller vers les autres : « Le prêtre est l’homme de tout le monde. » Une conviction qui nourrit désormais son chemin vers le sacerdoce.

Découvrir son témoignage en vidéo

Valérie Bouquet
D’après les propos recueillis par Louis Guchez

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