Trésors spirituels des chrétiens d’Orient et d’Occident

Pour prier chaque jour de l'année

Couverture d’ouvrage : Trésors spirituels des chrétiens d'Orient et d'Occident

Fidèle au souhait exprimé par saint Jean-Paul II d'un « échange des dons » entre les différentes confessions chrétiennes, et confiant en la fécondité de cet échange pour le dialogue oecuménique, ce livre propose un parcours à travers les richesses des auteurs chrétiens, telle une grande mosaïque de la littérature spirituelle chrétienne de tous les temps et de toutes les latitudes.

Au fil de l'année liturgique, le lecteur découvrira avec émerveillement, outre de très beaux passages des Pères de l'Église et des grands saints de l'Église catholique romaine, des textes d'une haute valeur spirituelle issus des traditions syriaque, maronite, arménienne, copte, éthiopienne, orthodoxe, luthérienne, anglicane et réformée.

Par-delà les clivages théologiques, ce florilège rassemble de manière inédite les auteurs spirituels les plus divers : de Séraphim de Sarov à Paul VI, de Grégoire de Narek à John Henry Newman, de Jacques de Saroug à Dietrich Bonhoeffer, et l'on se plaît en la compagnie de tant d'amoureux de la Vérité.

Unir en soi la pensée des chrétiens d'Orient et d'Occident, c'est, selon l'expression de Thomas Merton, « préparer en son âme la réunion des chrétiens séparés ».

Pour chaque jour de l'année est proposé à la méditation du lecteur un texte suivi d'une prière conclusive lui faisant écho. Un index thématique ainsi qu'un lexique des noms d'auteurs permettent une lecture transversale approfondie.

Parution :
Maison d’édition : Artege Presse
Éditeurs :
Genres :
Étiquettes :
Extrait :

Veiller dans l’attente du Christ

DU BIENHEUREUX JOHN HENRY NEWMAN (1801-1890)

Sermon pour le premier dimanche de l’Avent

LIRE LA SUITE

Considérons cette très grave question qui concerne si intimement chacun de nous : qu’est-ce que veiller dans l’attente du Christ ? Il nous dit : « Veillez, car vous ne savez pas quand le maître de la maison va venir, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin, de peur qu’il n’arrive à l’improviste et ne vous trouve endormis1. » Un avertissement semblable est donné ailleurs à la fois par notre Seigneur et par ses Apôtres. Par exemple, nous avons la parabole des dix vierges, dont cinq étaient sages et cinq insensées ; l’époux, après avoir tardé, arriva soudainement et cinq furent trouvées sans leur provision d’huile. Sur quoi notre Seigneur déclare : « Veillez donc, car vous ne savez pas le jour ni l’heure où le Fils de l’homme viendra2. »

Pareillement, saint Paul écrit : « Veillez, demeurez fermes dans la foi, faites preuve de courage, soyez forts3. » De la même manière, on trouve chez saint Pierre : « La fin de toutes choses est proche. Soyez donc sobres et vigilants en vue de la prière4. » Et chez saint Jean : « Voici que je viens comme un voleur : heureux celui qui veille et garde ses vêtements5. »

Or, je considère que ce terme veiller, employé d’abord par notre Seigneur, ensuite par son disciple bien-aimé, puis par les deux grands apôtres Pierre et Paul, est un terme remarquable : remarquable parce que l’idée n’est pas aussi évidente qu’il pourrait sembler à première vue, et parce que tous y insistent. Nous ne devons pas seulement croire, mais veiller ; pas seulement aimer, mais veiller ; pas seulement obéir, mais veiller. Veiller en vue de quoi ? De ce grand événement que sera la venue du Christ.

Qu’est-ce que veiller ? Il me semble qu’on peut le comprendre à partir de ce qui suit. Savez-vous ce que l’on ressent dans la vie courante lorsqu’on attend un ami, que l’on guette sa venue et qu’il tarde ? Savez-vous ce que c’est que d’être angoissé à propos de quelque chose qui peut ou non arriver, ou d’être dans l’expectative d’un événement important, au point que votre cœur bat quand on vous le rappelle et que c’est la première chose à laquelle vous pensez le matin ?

Savez-vous ce que c’est que d’avoir un ami dans un pays éloigné, d’attendre de ses nouvelles et de se demander chaque jour ce qu’il est en train de faire et s’il va bien ? Savez-vous ce que c’est que de vivre attaché à quelqu’un, de le suivre du regard, de lire dans son âme, d’observer tous les changements d’expression de son visage, de prévenir ses désirs, d’échanger des sourires avec lui, d’être peiné quand il est contrarié et de se réjouir de ses succès ?

Veiller dans l’attente du Christ est un sentiment analogue à ceux-ci, pour autant que les sentiments de ce monde puissent nous offrir une image de ceux de l’autre.

Il veille dans l’attente du Christ, celui qui a un cœur sensible, ouvert et accueillant, qui est éveillé, vif, attentif et prompt à comprendre, qui se tient aux aguets, ardent à chercher le Christ et à l’honorer, qui l’attend dans tout ce qui arrive et qui ne serait ni surpris, ni décontenancé, ni bouleversé s’il apprenait qu’il va venir à l’instant.

Veiller, c’est donc être détaché du présent et vivre dans l’invisible ; vivre dans la pensée du Christ tel qu’il est venu une fois et tel qu’il viendra de nouveau ;

REGROUPER
Chanoine régulier de Saint-Victor, le père Martin de La Roncière a oeuvré pour l'unité des chrétiens en Roumanie et en France. Ce livre fait suite à sa première publication, Trésors de la prière des chrétiens d'Orient et d'Occident, parue en 2010 aux Éditions du Jubilé.
Nb. de pages : 688
EAN : 9791033605812
Prix : 22,90 €