Ils ont choisi le Christ

Ces convertis de l'Islam dont on ne parle pas

Couverture d’ouvrage : Ils ont choisi le Christ
L'évangélisation des musulmans, est-ce du prosélytisme, un tabou ou un commandement évangélique ? Les témoignages réunis dans ce livre ouvrent les yeux.
Un livre-choc, fondé sur des témoignages de première main, sur l'expérience à la fois exaltante et douloureuse des convertis de l'islam à la foi catholique.
Exaltante car chacun a suivi un chemin ponctué de rencontres improbables et de signes merveilleux. Douloureuse car ils sont rejetés, parfois jusqu'à en mourir, par leur communauté d'origine, leur famille même, et hélas souvent mal accueillis par l'Église.
Ce livre surprend également en montrant qu'in fine ces convertis à la foi catholique se convertissent toujours du même mouvement à la France, s'assimilant à une culture et une terre.
Parution :
Maison d’édition : Artege Presse
Éditeurs :
Genres :
Étiquettes :
Extrait :

En juillet 2012, les médias se sont discrètement fait écho d’un drame survenu à Mantes-la-Jolie : le viol sauvage, suivi du massacre d’une jeune femme par son mari, sous les yeux de leurs quatre enfants. L’assassin a raconté à la police que la victime aurait fait « quelque chose de très grave ». Rubrique « drame conjugal », et l’on n’en sait officiellement pas plus. Ceux qui connaissent la famille de la victime savent que son mari l’a tuée parce qu’elle était devenue chrétienne, à la suite de ses parents et de plusieurs de ses sœurs. Ceci s’est passé en France, un pays qui clame haut et fort être le pionnier des droits de l’Homme et de la liberté religieuse.

LIRE LA SUITE

Voici une autre histoire, celle de Fatima, une mère de sept enfants, elle aussi convertie au christianisme. Des voisins l’ayant agressée au supermarché, puis tenté ensuite de mettre le feu à son appartement, l’association qui lui venait en aide n’est pas parvenue à convaincre les élus locaux de faire quelque chose pour elle. Il fallut par ses propres moyens exfiltrer Fatima, et ses enfants, de toute urgence, à l’autre extrémité de l’agglomération.

Le hasard, s’il existe, a régulièrement mis sur ma route des musulmans devenus catholiques. Rencontres fortuites de personnes en apparence anodines que rien ne distingue, aucun signe particulier, ni tenue, ni attitude, ni propos. On ne parle jamais d’elles. Ceux dont je vais parler sont, la plupart du temps, seuls et discrets. Invisibles et silencieux. Quelques livres de témoignages – Joseph Fadelle, Nahed Mahmoud, Metwally – viennent parfois mobiliser l’attention d’un large public, accentuant l’impression qu’il s’agit d’un événement exceptionnel. Ils attirent l’attention de ceux qui les lisent sur les persécutions dont sont souvent victimes les convertis, dans l’indifférence des chrétiens et le déni des bourreaux.

Ces convertis, on les ignore d’abord parce qu’ils ne font pas parler d’eux, mais aussi parce qu’ils dérangent. « Cachez ce saint que je ne saurais voir ! » Alors que certains de leurs anciens coreligionnaires les menacent de mort, ils embarrassent la nouvelle religion qu’ils ont choisie, dont ils semblent contester le relativisme et la volonté de dialogue.

Mais de quoi sont-ils coupables ? Ont-ils fait un choix délibéré ? La conversion au christianisme est un fait mystérieux dont les nombreux témoignages montrent qu’il n’a le plus souvent rien de volontariste. On ne décide pas de croire, on croit, ou on commence à croire, c’est tout. Au péril de sa vie.

On doit se rendre à l’évidence : le sort des convertis de l’islam n’intéresse pas ceux qui nous gouvernent, et ceux qui nous informent. Ignorance ? Peur ? Impuissance ? Faible poids électoral du groupe concerné ? Sans doute tout cela à la fois.

Et l’Église ? Un prêtre m’a un jour lancé, les yeux dans les yeux : « Ceux qui évangélisent les musulmans sont des assassins, ils les mettent en danger de mort. » Pas un mot de compassion pour le cas que je lui exposais, celui d’une convertie menacée de mort par son propre père. Pas un mot de condamnation pour les auteurs de cette persécution. Et une totale ignorance que « le sang des martyrs est semence de chrétiens » (Tertullien).

Très récemment, un diocèse a publié un communiqué qualifiant la tenue d’un forum Jésus le Messie1, réunissant des convertis, de « rassemblement de personnes organisées en lobby islamophobe ». « Alors que, depuis Vatican II, l’Église nous invite à la rencontre et au dialogue avec les musulmans, en témoignant de notre foi et dans le respect du chemin religieux de chacun, ce groupe prêche le rejet de l’autre. » Se réunir pour expliquer pourquoi on a quitté une religion pour embrasser le christianisme, et ce qu’on a vécu ensuite serait-il contraire l’esprit de Nostra Aetate ?

Voire ! Que dit vraiment ce texte? Il reconnaît bien que « l’Église catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans les religions [juive et musulmane]. Elle considère avec un respect sincère ces manières d’agir et de vivre, ces règles et ces doctrines qui, quoiqu’elles diffèrent sous bien des rapports de ce qu’elle-même tient et propose, cependant reflètent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes2. » Respect, donc, pour les autres religions, et particulièrement pour l’islam ou plutôt, si on veut être précis, pour les musulmans :

« L’Église regarde aussi avec estime les musulmans, qui adorent le Dieu unique, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, qui a parlé aux hommes. Ils cherchent à se soumettre de toute leur âme aux décrets de Dieu, même s’ils sont cachés, comme s’est soumis à Dieu Abraham, auquel la foi islamique se réfère volontiers. Bien qu’ils ne reconnaissent pas Jésus comme Dieu, ils le vénèrent comme prophète ; ils honorent sa Mère virginale, Marie, et parfois même l’invoquent avec piété. De plus, ils attendent le jour du jugement, où Dieu rétribuera tous les hommes après les avoir ressuscités. Aussi ont-ils en estime la vie morale et rendent-ils un culte à Dieu, surtout par la prière, l’aumône et le jeûne3. »

On peut sans doute se demander pourquoi le texte mentionne « les musulmans », donc les personnes, et non « l’islam », la religion. Ce n’est en effet pas tout à fait la même chose.

REGROUPER
Jean-François Chemain, docteur en histoire, enseignant en ZEP durant dix ans, oeuvre au sein d'une association de soutien des convertis persécutés pour leur foi.
Nb. de pages : 168
EAN : 9791033608264
Prix : 14,90€