Vous ne serez plus jamais seuls

Trouver la joie où était l'angoisse

Couverture d’ouvrage : Vous ne serez plus jamais seuls

Un trajet en car à regarder les gouttes perler sur la vitre… L'impression de ne pas avoir de vrais amis… Une soirée entre copains qui laisse pourtant un goût d'inachevé… Qui n'a pas déjà expérimenté ce vide existentiel, ce profond sentiment de solitude, que notre agenda reste vide ou qu'il soit surchargé ?

Cette expérience universelle, ce livre nous propose de l'affronter : apprivoiser la solitude intérieure, sans peur ni fuite, dépasser les mirages qui nous retiennent loin de ces profondeurs, et partir à la découverte des merveilles que nous portons. Surtout, rencontrer au fond de nous le Christ, qui nous connaît mieux que nous-même et nous aime à la folie.

Parution :
Maison d’édition : Artege Presse
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Extrait :

La malédiction de la solitude

NOUS SOMMES TOUS FACE À NOUS-MÊMES

UNE EXPÉRIENCE UNIVERSELLE

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Certaines circonstances de notre vie nous font éprouver cette solitude avec une force particulière. Si à neuf ans nous avons peut-être pleuré de ne pas avoir été invités à l’anniversaire d’un ami de la classe, ou d’avoir été rejetés par un groupe de copains, nous avons sans doute rencontré cette épreuve pour la première fois en devenant adolescents. Lorsque nous réalisons que nous sommes différents, avec notre personnalité propre que nous cherchons tout en l’affirmant, lorsque nous devenons conscients du regard que les autres portent sur nous, lorsque nous voulons être uniques tout en nous réfugiant dans une bande d’amis tous semblables, nous réalisons pour la première fois qu’être unique veut aussi dire être seul. Que pouvoir choisir ceux avec qui l’on traîne, c’est aussi risquer d’être exclu par ceux qui ne nous choisissent pas. Être unique nous attire, mais la solitude qui accompagne l’unicité nous effraie, nous terrorise parfois. C’est l’époque délicate où l’on veut s’affirmer sans trop se risquer et où l’on cherche sa place. À cet âge, l’amitié nous rassure, et trahir la confiance d’un ami est le crime le plus grave. Nous gardons peut-être en mémoire de ce temps le rejet d’une bande d’amis, un premier chagrin d’amour, une dispute violente avec nos parents, quelques soirées passées seul dans notre chambre à gamberger en se demandant ce que nos amis pensent de nous ou en attendant désespérément de recevoir un SMS. Ce sont de premières expériences de solitude.

Il y a en a bien d’autres, qui font toutes partie de la vie humaine ordinaire. Lorsque nous avons eu la chance d’avoir des parents aimants, leur mort est un choc pour nous. Celle de nos grands-parents, d’un oncle ou d’un ami nous affecte et nous remet violemment face à nous-mêmes et nos questions existentielles, mais celle de nos parents nous laisse comme abandonnés. Même s’ils étaient gravement défaillants ou absents, l’autorité et l’affection qui nous surplombaient disparaissent alors. Le décès d’un conjoint nous laisse encore plus démunis. Avant cela, l’entrée dans la vie adulte, la découverte de cette réalité simple que la vie n’est pas facile, l’apprentissage de la gestion d’un (petit) budget, d’un appartement, la confrontation aux premières difficultés du monde professionnel nous ont sans doute fait réaliser que nous étions finalement seuls à mener la barque de notre vie. Le struggle for life se vit seul, dans le secret de notre intériorité, de même que la confrontation avec toutes nos émotions, passions, sentiments, peurs et désirs. Les grandes décisions que nous avons alors à prendre, qu’il s’agisse de choisir un lieu de vie, une orientation professionnelle, de discerner sa vocation, ou encore de s’engager dans une relation amoureuse, ont probablement insisté avec force sur ce point.

Tous ces événements sont somme toute relativement communs. D’une façon ou d’une autre, ils font banalement partie de toute vie humaine. Cette simplicité doit déjà nous décomplexer : éprouver une certaine solitude est une expérience que nous faisons tous d’une façon ou d’une autre, tout comme celle de la joie, de la peur ou de l’amour. Elle fait tout simplement partie du paysage humain.

ALONE ET LONELY

Dans ces situations, nous sommes pourtant souvent soutenus par nos amis et notre famille. Ici la langue anglaise nous aide en utilisant deux mots différents pour ce que le français traduit par « seul » : alone, qui décrit une réalité physique, l’isolement, et lonely, qui décrit le sentiment de solitude1.

Nous savons que même accompagnés de nombreux amis, nous pouvons nous sentir très seuls : incompris, pas suffisamment écoutés, pas complètement aimés. L’oreille la plus attentive du monde, l’ami le plus sincère ne peuvent éprouver ce qui se noue au fond de notre cœur. Ils ne peuvent pas vraiment savoir ce que nous vivons, nos émotions et sentiments.

Même l’amour-amoureux ne vainc pas complètement cela. Je me souviens d’une discussion avec une amie fiancée réalisant que même son futur mari ne pourrait pas partager tout ce qu’elle vivait, surtout intérieurement. Portée par lui, elle devrait pourtant affronter cela elle-même. Après vingt-cinq ans de mariage, une autre amie me disait : « Plus l’amour grandit, et plus on se rend compte que l’autre est un mystère ! »

Il y a en nous quelque chose d’indépassable, qui fait que quelles que soient les circonstances de notre vie, nous sommes inévitablement confrontés à cette solitude intérieure. Si la solitude physique ou les événements nous la font ressentir avec encore plus de force, elle fait toujours plus ou moins discrètement partie de notre vie quotidienne.

REGROUPER
Pierre Mellot, né en 1994, est engagé dans la communauté de l'Emmanuel. Il signe ici son deuxième livre, après Vivre d'amour. Petit guide de l'amitié… et plus, paru en 2018.
 
Préface du père Daniel-Ange
Nb. de pages : 216
EAN : 9791033609018
Prix : 14 €