Lourdes, Terre de guérisons

Couverture d’ouvrage : Lourdes, Terre de guérisons
Éditions :Broché (Français): 9,50 €
ISBN : 9791033608639
Pages : 429

Responsable du Bureau des Constatations Médicales du Sanctuaire durant 12 ans, le Dr Patrick Theillier a pu constater l'incroyable : des malades guérissent régulièrement de maladies physiques, psychiques ou spirituelles.

Certes, toutes les guérisons ne sont pas reconnues comme des miracles, l'Église étant extrêmement prudente pour les admettre après une étude médicale implacable. Mais beaucoup parmi elles peuvent être qualifiées « de nature miraculeuse » à travers le changement de vie qui transforme ceux qui en bénéficient parce qu'ils ont été touchés au coeur.

À partir des nombreux témoignages reçus et d'une recherche patiente, le Dr Theillier livre un magnifique récit des plus belles guérisons en lien avec Notre-Dame de Lourdes depuis 160 ans.

Parution :
Maison d’édition : Artege Presse
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Extrait :

Un événement unique

« Bernadette, tu fais courir le monde ! »

Le commissaire de police JACOMET, lors du premier interrogatoire de BERNADETTE.

Quel évènement, survenu en France sous le règne de Napoléon III, a-t-il déplacé des millions de personnes du monde entier ?

Cet événement, c’est Lourdes ! Lourdes, en 1858, petite bourgade perdue au pied des Pyrénées françaises, chef-lieu de canton de moins de 3 000 habitants. C’est là qu’une fille sans instruction, aînée d’une famille pauvre, Bernadette Soubirous, 14 ans à peine, soutint avoir eu dix-huit fois des apparitions dans une grotte plutôt mal famée du coin, y mettant à jour une source à l’origine d’un grand nombre de guérisons que les foules eurent tôt fait d’appeler « miracles ».

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En très peu de temps, cette histoire, a priori rocambolesque, était connue du monde entier ! Plus étonnant encore, cent soixante ans après, on pourrait dire à des années-lumière de là, tellement le monde s’est complè- tement transformé, – l’histoire accélérée, les distances effacées, les espaces comblés, les éléments forcés – le Sanctuaire de Lourdes continue à attirer des milliers de pèlerins et à captiver les médias.Comment un évènement passé apparemment aussi mineur, si local, si limité, si isolé, si lointain, peut-il encore déplacer tant de monde au xxie siècle ?

Ce n’est certainement pas pour rien si cette histoire s’est déroulée à l’orée de ce qui sera l’époque moderne. Ce milieu du xixe siècle a véritablement été la porte d’entrée dans l’ère contemporaine que nous vivons aujourd’hui. La Renaissance avait préparé les esprits, la Révolution française avait changé le cours de l’histoire, mais les soubresauts politiques et sociaux, souvent violents, allaient se poursuivant, avec deux empereurs, trois rois, deux républiques, cinq révolutions, coups d’État et insurrections parfois écrasées dans le sang, avant la « Belle Époque » qui précédait la Première Guerre mondiale et le siècle certainement le plus inhumain de l’histoire. Cette instabilité déchaînait les passions de toutes sortes. Entre les épidémies, les soulè- vements populaires et les régimes politiques contraires, des découvertes et inventions multiples, ainsi que des progrès scientifiques et techniques inimaginables – électricité, téléphone, train à vapeur, aviation, automobile, photographie… – allaient complètement transformer l’existence quotidienne. Mais au prix de grandes souffrances pour beaucoup : si l’industrialisation accélérée édifie de grosses fortunes, elle entraîne un accroissement du prolétariat, augmente l’acuité des questions sociales et permet la montée des idéologies qui se développeront durant tout le vingtième siècle.

En 1862, Victor Hugo publie Les Misérables, bientôt suivi par Émile Zola qui renchérit encore sur le réalisme et crée le naturalisme, avec, en particulier, son roman Lourdes, publié en 1892. La France d’alors est encore majoritairement agricole et l’Église se repose surtout sur le monde rural et féminin. En 1859 le tableau de Millet, L’Angélus, représente bien la France paysanne attachée à ses racines chrétiennes et aura une popularité immense. Jean-Marie Vianney, curé du petit village d’Ars pendant quarante et un ans, jusqu’en 1859, est vite connu pour sa sainteté. Un élan missionnaire sans précédent part de l’Hexagone vers tous les continents1 alors qu’en 1905, l’État se coupe de l’Église et chasse les religieux hors de France. La religion chrétienne qui avait imprégné la société jusque-là est attaquée de tous côtés, raillée. Le positivisme accorde une confiance absolue à la science que l’on croit appelée à élucider entièrement les mystères du monde et capable d’asservir totalement la nature, imposant une conception de l’univers où tout surnaturel est exclu. De grandes hypothèses comme l’évolutionnisme2 et le transformisme bouleversent les idées traditionnelles sur les espèces animales et sur l’homme lui-même. En 1856, le philosophe Vacherot fait de la science « la religion du xixe siècle ». Littré et Larousse vulgarisent le scientisme, Jules Ferry déclare : « Les illusions théologiques […] ne tiennent plus debout. »

Dans le même temps, la médecine manque toujours de moyens diagnostiques et thérapeutiques efficaces : la peste, la diphtérie, la variole ou le choléra sévissent encore dans toute l’Europe, la tuberculose fait rage, un enfant sur deux meurt nouveau-né3. On se nourrit des récoltes de son jardin ou de ses terres et la malnutrition est la règle avec des périodes de disette et même de famine. L’espérance moyenne de vie à la naissance ne dépasse guère 30 ans ! Cependant des progrès commencent à poindre grâce à la méthode expérimentale. L’aspirine est découverte en 1883, les rayons X en 1895. C’est surtout l’époque des débuts de la neurologie et de la psychiatrie qui va déboucher sur la psychanalyse et la psychosomatique. Les grands noms de ces disciplines comme Charcot ou Freud dénient toute existence au surnaturel, identifiant les phénomènes mystiques à l’hystérie et donnant une importance primordiale au pouvoir de la suggestion qu’on utilisait dans l’hypnose comme thérapeutique. En même temps, le magnétisme et le spiritisme très à la mode font désormais fureur : les « tables tournantes » envahissent la France durant l’hiver 1853-1854 et apparaît toute une série d’œuvres médiumniques, œuvres qui seraient dictées par « les esprits ».

REGROUPER

Actuellement membre du Comité Médical de Lourdes (CMIL), le Docteur Patrick Theillier a été directeur du Bureau des Constatations Médicales du Sanctuaire de Lourdes de 1998 à 2009 jusqu'à sa retraite.