Louis et Zélie Martin

Une sainteté pour tous les temps

Couverture d’ouvrage : Louis et Zélie Martin
Éditions :Broché (Français): 9,20 €
ISBN : 9791033608585
Pages : 486

Louis (1823-1894) et Zélie (1831-1877) Martin sont avant tout connus comme les parents de la « plus grande sainte des temps modernes », Thérèse de Lisieux. Ce constat ne doit pas occulter la singularité de leur parcours, ni l'originalité de leur message de laïcs chrétiens. Leur vie est le témoignage d'une sainteté au quotidien, réalisée au gré des joies et des peines, des réussites et des épreuves qui sont le lot de toute existence humaine.

Le lecteur reconnaîtra l'étonnante actualité de leur itinéraire : tâtonnements et recherche du sens de leur vocation, mariage tardif, tourments pour l'avenir de leurs enfants, soucis financiers, inquiétudes sur les aléas politiques du pays, cancer du sein pour Zélie, maladie occasionnant de graves troubles mentaux pour Louis en sa vieillesse, qui le contraint à l'internement…

Plus encore, le lecteur décèlera les traits d'un parcours où le dynamisme de la foi et de l'amour a peu à peu attiré et uni deux êtres dans le mystère de l'unique essentiel : être à Dieu au jour le jour.

Parution :
Maison d’édition : Artege Presse
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Extrait :

À TOUS CEUX QUI AIMENT, CROIENT ET ESPÈRENT

LORSQU’À l’automne 2007, Christophe Rémond me proposa de rédiger une biographie sur Louis et Zélie Martin, je fus pour le moins perplexe. Ma première réaction m’inclinait à répondre par la négative. Mes recherches sur Thérèse de Lisieux, menées depuis 1994, m’avaient permis de connaître quelque peu ses parents. Mais écrire une biographie supposait un investissement de fond qui me semblait hors de portée. Par la suite, certaines circonstances personnelles, elles-mêmes conjuguées à des encouragements et de réels soutiens, me décidèrent à reconsidérer ce projet et finalement à l’accepter.

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Je me mis à l’ouvrage, rassemblant les sources pour explorer de près la vie de Louis et Zélie, connaître leurs personnalités, leur expérience humaine et spirituelle. Je renvoie le lecteur à la bibliographie réunie à la fin du présent ouvrage. Parmi les documents que nous avons étudiés, mentionnons la première et incontournable biographie de Louis et Zélie, écrite par le père Stéphane-Joseph Piat, Histoire d’une famille1. Éditée en 1946 et traduite en plusieurs langues, elle rencontra un immense succès et contribua à faire connaître les parents de Thérèse à un large public. En dépit de son style suranné, elle demeure une mine inestimable de renseignements qu’il est toujours profitable de consulter. Les deux livres de sœur Geneviève (Céline Martin) sur ses parents2, publiés en 1953 et 1954, demeurent aussi une source précieuse, puisque rédigés par un témoin direct. En 1958, les lettres de Zélie Martin furent enfin publiées3. Cette correspondance a été fort heureusement rééditée, revue et augmentée en 2004, par les soins de Mgr Guy Gaucher et du Carmel de Lisieux4. Les lettres de Louis Martin y furent ajoutées. En 1985 et 1990, le docteur Robert Cadéot propose deux études à caractère biographique sur Louis et Zélie5. Parmi les derniers livres sur le couple Martin, citons celui d’Alice et Henri Quantin6, qui ne manque ni d’humour ni de profondeur. Et celui d’Hélène Mongin7 qui présente en « un langage direct les grandes lignes du parcours [de Louis et Zélie8] ».

Outre ces publications et autres revues, nous avons surtout bénéficié de la synthèse de la Positio (ou Summarium documentorum) réalisée en vue de la béatification de Louis et Zélie Martin9. C’est à ce volume de plus de douze cents pages que nous devons notre principale source de renseignements sur l’ascendance, le contexte et les détails de leur vie. Précisons cependant que cette somme n’apporte pas tout l’éclairage souhaité sur certaines périodes de la vie de Louis et Zélie, notamment celle précédant leur mariage, en raison de l’absence de documents disponibles ou de témoignages. Excepté ces limites indépendantes de la volonté de ceux qui ont travaillé à la Positio, sa lecture nous a permis d’entrer dans la réalité de leur itinéraire : leur quête de Dieu, leurs échecs, les influences reçues, leur vie familiale, leurs engagements, leur vie profession-nelle, leurs épreuves et leurs joies… Elle nous a surtout éclairé sur la manière dont Louis et Zélie ont aimé, cru et espéré tout au long d’un parcours marqué du sceau de la simplicité et de l’ordinaire d’une vie humaine.

Leur béatification (le 19 octobre 2008) et leur canonisation (le 18 octobre 2015) sont récentes. L’histoire de la reconnaissance officielle de leur sainteté10 s’inscrit, nul ne s’en étonnera, dans le sillage de celle de leur illustre fille, sainte Thérèse de Lisieux. Essayons d’en résumer les principales étapes.

À l’occasion de la canonisation de Thérèse en 1925, le cardinal Vico11 avait fait cette remarque : « Eh bien, maintenant on demande à Rome qu’on s’occupe du Papa ! » Les choses en restèrent là jusqu’aux années 1940. Une partie de la correspondance de Zélie fut d’abord publiée en 1941 dans les Annales de sainte Thérèse de Lisieux. En 1946, le père Piat rédigea la biographie que nous avons déjà mentionnée et qui, sans aucun doute, constitue une étape importante dans la notoriété grandissante des parents de Thérèse. Lors du jubilé d’or de sœur Geneviève (Céline Martin), le 24 février 1946, « Mgr Picaud, évêque de Bayeux-Lisieux, portant un toast, formula un souhait devant le nonce apostolique de France, Mgr Roncalli (futur Jean XXIII) : que la cause des parents Martin soit ouverte12 ».

Si l’aura de Thérèse polarisait l’attention des fidèles, la renommée de ses parents ne cessait de s’amplifier. Louis et Zélie étaient de plus en plus invoqués pour eux-mêmes. Les demandes se multi-pliaient en faveur de leur béatification, notamment en Amérique du Nord. Mgr Jacquemin, alors évêque de Bayeux-Lisieux, prit en 1956 la décision d’ouvrir le Procès informatif diocésain, d’abord pour Louis Martin, qui commença à être instruit le 22 mars 1957. La même année débute celui de Zélie Martin par décision de Mgr Pasquet, évêque de Séez. En 1959 et en 1960, les travaux furent envoyés à Rome, peu après l’exhumation, en octobre 1958, des restes de Louis et Zélie et de leur transfert du cimetière de Lisieux à la basilique. Après les contributions du père François de Sainte-Marie pour Louis et du chanoine Terrillon pour Zélie, puis celle de l’abbé Deroo, à qui furent confiées finalement les deux causes en 1966, il fut décidé, en 1971, de traiter la procédure de la béatification de Louis et de Zélie en une seule cause, celle du couple qu’il formait.

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William Jean Clapier, docteur en théologie, est l'auteur de nombreux articles et publications sur Thérèse de Lisieux.

William Jean Clapier

Pierre Descouvemont (Préface)