J’étais incapable d’aimer

Le Christ m'a libérée

Couverture d’ouvrage : J'étais incapable d'aimer

Je cherchais l'amour partout, mais pas à la bonne place. Comme beaucoup de jeunes, j'ai voulu tout essayer : drogues, sexe, alcool… Et j'ai vraiment tout essayé !

À 23 ans, j'atterris chez les Cocaïnomanes Anonymes, pour en ressortir dix ans plus tard, abstinente de toutes drogues, mais encore plus désespérée.

Dieu ? Ses prêtres ? Il ne fallait surtout pas m'en parler ! Jusqu'à ce qu'un dialogue de trois jours avec un moine – ou plutôt ses silences – vienne bouleverser ma vie. »

Avec beaucoup d'humour et de vérité, Brigitte Bédard nous entraîne sur la route qui l'a conduite des bas-fonds de l'existence à une vie libre de femme, d'épouse et de mère comblée.

Un ouvrage à mettre entre toutes les mains de ceux qui veulent voir que rien n'est impossible à Dieu !

Parution :
Maison d’édition : Artege Presse
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Extrait :

Si je voulais résumer ma vie avant mon entrée chez les Cocaïnomanes Anonymes, je dirais qu’à onze ans je fumais déjà la cigarette régulièrement et que je venais de toucher le cannabis et le haschich pour la première fois un après-midi d’été, cachée dans une cour d’école, en compagnie d’une amie de fortune.

À 15 ans, je trompais mon grand amour avec un coach de hockey de dix ans mon aîné. Quelques années plus tard, je fus sidérée de le voir aux nouvelles du soir, menottes aux poignets, accusé d’agressions sexuelles sur quelques-uns de ses jeunes joueurs.

À 16 ans, il y eut un gars de 28 ans que je laissai pour un « vieux » de 35, membre des AA qui fumait son joint chaque matin.

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Après quatre ou cinq aventures, il y eut Clinton et notre voyage dans le Sud où il nous est venu l’idée de nous marier après avoir passé la nuit chez des Caraquenos, à consommer la montagne de cocaïne qu'on avait déversée sur la table de la cuisine. Six mois plus tard, c’était fait – devant Dieu et 300 personnes, même si mes parents avaient tenté de me dissuader. Ils souhaitaient que nous réfléchissions, que nous vivions ensemble, car, comme ils disaient, nous n’avions que 20 ans !

Rien à faire. Je voulais tant me « caser » et vivre une vie « normale » que j’étais prête à tout, même si c’était du toc.

Deux mois après ce « mariage » – dont il ne me reste que très peu de souvenirs, car j’étais sous l’effet de l’alcool et de certaines drogues –, à la rentrée universitaire, je fis la connaissance d’un poète. On se donnait rendez-vous tous les jours dans une chambrette de la rue Saint-Denis à Montréal, pour « faire l’amour », boire et consommer de la cocaïne tout en récitant des vers et en lisant, lui, les existentialistes, moi, les romantiques.

Au bout de quelques mois, je le quittai pour un autre, un militant-étudiant-en-sciences-po-chanteur-marxisteléniniste, que j’avais rencontré lors d’une manifestation contre le dégel des frais de scolarité à un « sit-in » sur le pont Jacques-Cartier. Il m’avait montré un chemin pour ne pas se faire prendre par les « casques noirs », mais on s’était tout de même fait embarquer pour le poste 221, juste à côté du Cégep2 du Vieux-Montréal.

À la fin de l’été, j’avais dû le quitter lui aussi, prise de remords, au lendemain d’une nuit passée sous LSD, incapable de comprendre de quelle manière ce gars que je voyais là à mes côtés avait pu se retrouver dans mon lit… Qu’avais-je fait ? Qu’avions-nous fait ? Je ne me souvenais de rien, mais je n’avais pas le temps de trouver des réponses. Une douche s’imposait. J’y restai une heure. En pleurant.

Cette fois-là, pour la première fois, ma conscience cogna à la porte de mon âme – ou peut-être était-ce l’inverse.

Un an plus tard, ayant perdu ma maison, mon « mari » et mon dernier chum3, la veille du jour de l’an de grâce 1991 – jour de mon vingt-troisième anniversaire – j’arpentais les rues de ma petite bourgade de banlieue pour me trouver quelque chose ou quelqu’un à consommer. Vers 4 heures, je rentrai avec l’envie de me noyer dans mon bain, mais je fumai cigarette sur cigarette en vidant un litre de vin. Je n’étais pas encore assez désespérée pour me donner la mort.

Ma passion pour la littérature me permettait de survivre, en fuyant ce vide existentiel que toutes les drogues, tous les alcools et tous les amants ne réussissaient pas à combler. Je trouvais chez Baudelaire, Flaubert ou Zola des consolations, un vague espoir, comme lorsque j’avais 11 ans et que je voulus mourir, cherchant une manière de mettre fin à mes jours et n’en trouvant pas.

C’était si loin déjà mes 11 ans, et je me sentais si vieille ! Je me souviens d’être sortie par la fenêtre de ma chambre et d’avoir traversé l’immense potager du voisin en rampant sur le sol. Je voulais fuguer. Tout en rampant, je songeais au train de marchandises qui passait à moins d’un kilomètre. Je me disais que de me jeter sous le train serait douloureux sur le coup, mais que la mort serait certaine.

Puis, une mélodie, si douce et si puissante à la fois, m’enveloppa. C’était un air si beau et si tendre que je ne pensais plus à mourir. Je restai dans le potager, étendue de tout mon long, à me laisser bercer, tout en fumant.

J’ai cru que cette musique était là pour me sauver la vie. Rien, dans ma si courte vie, n’avait su me rejoindre si intimement ! Je me souviens d’avoir pensé que ce devait être ça, que cela devait ressembler à ça, l’Amour…

Quelques années plus tard, je sus que c’était Jésus, que ma joie demeure de Bach. Bach m’avait sauvé la vie ? Mon voisin ? Ou peut-être Jésus…

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Brigitte Bédard est journaliste et chroniqueuse de télévision à Montréal (Québec) et témoigne, depuis 2010 et en de multiples lieux, de sa résurrection.
Nb. de pages : 208
EAN : 9791033608332
Prix : 15,90 €