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Message oecuménique de Noël

Le silence et la musique de Noël

L’un des souvenirs marquants qui nous restera certainement des périodes de confinement de cette interminable crise sanitaire, c’est le silence qui régnait dans les rues : silence total du premier confinement « intégral », silence relatif du second confinement dans nos villes privées l’an dernier de marchés de Noël. Le silence a des vertus, lorsqu’il nous apprend à réécouter, lorsqu’il est à l’oreille et à l’âme ce que le jeûne peut être au corps : une salutaire prise de recul par rapport au vacarme et aux excès de notre monde d’hyper consommation.

Après ces privations subies, nous apprécions d’autant plus le retour de la musique sur nos marchés de Noël, et la reprise des chants participatifs et des concerts spirituels de l’Avent. Ils font écho aux flûtes des bergers veillant sur les collines de Bethlehem et au chœur des anges chantant la gloire de Dieu révélée aux humbles. Alors que les cadeaux des mages, or, encens et myrrhe, sollicitent la vue, c’est l’ouïe qui est convoquée chez les bergers : pour entendre les chants célestes, il faut tendre l’oreille, faire silence et être disponible intérieurement

A y bien réfléchir, le chant et la musique sont en eux-mêmes comme des paraboles de Noël : quoi de plus fragile en effet que le son d’une voix qui se risque à chanter, en chœur ou en solo ? Quoi de plus ténu que le son d’une flûte ou d’un violon dont les notes s’élèvent dans les airs ? Image de la fragilité et de la naissance risquée de l’enfant Jésus dans l’humilité d’une étable. La musique est humble, mais elle possède une extraordinaire puissance de conviction et de transformation pour qui prête son oreille et surtout son cœur. La musique de l’Evangile de Noël, ces notes égrenées dans la nuit profonde du monde, sont ainsi le rappel d’un défi, d’un pari fou : celui de Dieu qui, prenant visage humain, parie sur la fragilité d’un nouveau-né pour faire reculer le malheur, la haine, l’injustice et la nuit.

A Theresienstadt, durant la deuxième guerre mondiale, des déportés ont survécu, au cœur de l’horreur concentrationnaire, parce qu’ils ont chanté et fait de la musique. Puisse la petite musique de l’enfant de la crèche nous donner force et courage pour relever les défis du quotidien de notre monde ! Puissent nos chants se joindre à tous ceux qui s’élèvent dans le monde entier, chants d’espérance pour un monde nouveau, un monde de paix, de liberté et de solidarité inauguré par Jésus le Christ, dans l’humble mangeoire d’une étable de Bethlehem !

Joyeux Noël à toutes et à tous !

  • Christian ALBECKER, Président de l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine
  • Mgr Luc RAVEL, Archevêque de Strasbourg