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Laissons-nous attirer par l’espérance !

Publié le 31 décembre 2024

Une famille se rend en pèlerinage à Jérusalem ! Dans cette famille nous reconnaissons Marie, Joseph et Jésus. Chaque année, au moment de la Pâques, ils se rendent à Jérusalem pour y adorer celui qui est présent au milieu de son peuple, le Dieu d’Israël, celui que, bientôt, Jésus appellera son Père.

En ce dimanche de la Sainte Famille je suis heureux de saluer les familles présentes dans notre cathédrale et, plus largement, ceux et celles qui sont présents en dehors de ces murs et avec lesquels nous constituons cette grande famille que nous appelons l’Église. Que notre Église, dans la diversité des charismes, des ministères, des états de vie soit toujours une Sainte Famille, une Famille ouverte à tous les hommes !

Tout pèlerinage est un acte de foi mais la disparition de Jésus vient nous rappeler qu’en tout pèlerinage peut également surgir l’inattendu de Dieu. Le pèlerinage devient alors, dans un même mouvement, chemin de conversion au projet de Dieu pour soi et pour l’humanité. Dans la bulle d’indiction pour l’année jubilaire le pape François écrit : « Ce n’est pas un hasard si le pèlerinage est un élément fondamental de tout événement jubilaire. Se mettre en marche est caractéristique de celui qui va à la recherche du sens de la vie. Le pèlerinage à pied est très propice à la redécouverte de la valeur du silence, de l’effort, de l’essentiel » (§5).

La brièveté du pèlerinage que nous venons de vivre entre l’église St Pierre le Jeune et notre cathédrale nous a peut-être déjà permis d’entendre un appel à la conversion ou à l’action de grâce. Quoiqu’il en soit tout au long de cette année jubilaire nous serons invités, seul ou en groupe, à péleriner vers les sanctuaires de notre diocèse. Plusieurs d’entre nous auront également la joie de se rendre à Rome. Ce sera notamment le pèlerinage des chorales, des jeunes, des servants d’autel, des familles. Porteurs de toutes nos intentions de prière ils franchiront la Porte sainte qui nous rappelle que Jésus lui-même est la Porte qui conduit à la vie éternelle.

Tout pèlerinage prépare nos cœurs à la réconciliation avec Dieu ainsi qu’avec nos frères et sœurs. Tout pèlerinage ouvre nos cœurs à l’espérance afin qu’en chaque instant de nos vies nous soyons des pèlerins d’espérance ! Les sanctuaires alsaciens qui, tout au long de cette année jubilaire, vous accueilleront seront des lieux où chacun pourra se laisser renouveler par la grâce de la réconciliation et de l’espérance !

L’espérance ! le pape François a voulu qu’elle soit au cœur de cette année jubilaire. « Tout le monde espère, écrit le pape. L’espérance est contenue dans le cœur de chaque personne comme un désir et une attente du bien, bien qu’en ne sachant pas de quoi demain sera fait » (§ 1). Nous ne savons pas de quoi demain sera fait, nous ne maîtrisons pas les formes que le bien pourra revêtir, mais nous croyons qu’il surgit et surgira au cœur de nos vies et de la vie du monde aussi sûrement que la vie, au matin de Pâques, a jaillie du tombeau. L’Espérance est don de Dieu. Dès à présent elle nous donne la grâce de vivre autrement, de renoncer aux logiques mortifères de notre monde pour manifester par nos actes, nos paroles, nos initiatives le dynamisme de la vie éternelle que propose l’Évangile.

L’espérance nous dit que les chemins de la fraternité, de la miséricorde, du pardon, de la vérité, de la justice, de la bienveillance demeurent possibles même là où les événements douloureux et tragiques de nos vies ou de la vie du monde semblent affirmer le contraire. Comme l’écrit le pape « il faut donc prêter attention à tout le bien qui est présent dans le monde pour ne pas tomber dans la tentation de se considérer dépassé par le mal et par la violence » (§7).

L’Espérance, loin d’être naïveté, est une invitation pressante à inscrire au cœur de nos vies cet amour dont nous parle St Jean dans la deuxième lecture de jour. Non pas un amour qui soit de l’ordre du sentimentalisme ou de l’émotionnel, mais un amour qui nous transforme et transforme le monde. « Cet amour, écrit le pape François, jaillit du Cœur de Jésus transpercé sur la croix » (§3). Avec l’aide de l’Esprit Saint reçu au jour du baptême et de la confirmation nous pouvons alors accueillir le commandement de Dieu que nous rappelait l’apôtre Jean : « Mettre notre foi dans le nom de son Fils Jésus Christ, et nous aimer les uns les autres comme il nous l’a commandé ». N’oublions jamais, frères et sœurs que depuis notre baptême nous sommes sel de la terre. Le sel et non pas le sucre, le bon sel de l’Évangile qui donne de la saveur à nos vies et à la vie du monde.

Rien d’étonnant alors à ce que le pape nous demande d’offrir des signes d’espérance aux peuples plongés dans la tragédie de la guerre et à ceux et celles qui ceux qui ne voient plus la vie avec enthousiasme mais aussi aux détenus, aux malades, aux jeunes, aux migrants, aux personnes âgées, aux pauvres dont le nombre ne cesse malheureusement d’augmenter, y compris dans notre région. Tout au long de cette année jubilaire que nos paroisses et mouvements soient toujours davantage créatifs afin d’offrir des signes d’espérance à ceux qui les attendent !

Avec le pape François confions également cette année jubilaire à l’intercession de la Vierge Marie. « En elle, dans la Mère de Dieu, écrit le pape, l’espérance trouve son plus grand témoin. En elle, nous voyons que l’espérance n’est pas un optimisme vain, mais un don de la grâce dans le réalisme de la vie » (§ 24).

Frères et sœurs, selon les mots du pape François, « Laissons-nous dès aujourd’hui attirer par l’espérance et faisons en sorte qu’elle devienne contagieuse à travers nous pour ceux qui la désirent. Puisse notre vie leur dire : « Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ; espère le Seigneur » (Ps 27, 14) (§ 25).

+ Pascal Delannoy

Archevêque de Strasbourg

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