Vœux de l’archevêque

Ce jeudi 7 janvier 2021 à 11h00 ont eu lieu les voeux à/de l’archevêque dans la résidence épiscopale en présence du conseil de l’évêque, de la Maitrise de la Cathédrale, de RCF et du service de communication.

Après un chant de la Maîtrise, Jean-Luc Liénard prend la parole et explique la situation particulière des vœux. Puis est venu :

suivi des vœux de Monseigneur Ravel

1. Au cœur de la tempête :

Comment faire de ce fléau, la pandémie, une occasion de« crise», un discernement ?

Quelques extraits du discours du pape François à la curie romaine (21 décembre 2020) peuvent nous y aider:

3. Ce Noël est le Noël de la pandémie, de la crise sanitaire, de la crise économique, sociale et même ecclésiale qui a frappé aveuglément le monde entier. ( … ) Ce fléau est une mise à l’épreuve qui n’est pas indifférente et, en même temps, une grande occasion de nous convertir et de retrouver une authenticité.

5. La crise de la pandémie est l’occasion propice d’une brève réflexion sur la signification de la crise, qui peut aider chacun. ( … ) Comme le rappelle la racine étymologique du verbe krino : la crise est ce tamis qui nettoie le grain de blé après la moisson.

6. Cette réflexion sur la crise met en garde de juger hâtivement l’Église sur la base des crises causées par les scandales d’hier et d’aujourd’hui. ( .. .) Celui qui ne regarde pas la crise à la lumière de l’Évangile se contente de faire l’autopsie d’un cadavre: il regarde la crise, mais sans l’espérance de l’Évangile, sans la lumière de l’Évangile.

7. Tout le mal, le contradictoire, le faible et le fragile qui se manifestent ouvertement nous rappellent avec encore plus de force la nécessité de mourir à une manière d’être, de réfléchir et d’agir qui ne reflète pas l’Évangile. C’est seulement en mourant à une certaine mentalité que nous réussirons à faire place à la nouveauté que /’Esprit suscite constamment dans le cœur de l’Église.

8. Derrière toute crise se trouve toujours une juste exigence de mise à jour: un pas en avant. Mais si nous voulons vraiment une mise à jour, nous devons avoir le courage d’une disponibilité tous azimuts.

9. Que faire pendant la crise ? Avant tout, l’accepter comme un temps de grâce qui nous est donné pour comprendre la volonté de Dieu sur chacun de nous et pour toute l’Église. Il faut entrer dans la logique apparemment contradictoire du « lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort» (2 Co 12, 10).

Les secousses feront-elles tomber la poussière de nos pieds et de nos tapis ? Davantage encore: feront-elles tomber les masques de nos habitudes pastorales et les béquilles de nos assurances humaines ? Seront-elles l’occasion de relire notre espérance dans le Seigneur ? Cela ne dépend que de nous.

2. Le grand Jubilé de sainte Odile :

Ce grand Jubilé a commencé le 13 décembre dernier, date anniversaire de la mort d’Odile, il y a 1300 ans. Il s’achèvera le 13 décembre 2021.

Les contraintes sanitaires ne sont pas des obstacles à qui veut  annoncer l’Évangile. Faire autrement les choses suppose de ne pas les abandonner ou de ne pas les repousser sans cesse. Rien ne nous assure que dans quelques mois tout sera possible comme avant. Je nous souhaite donc à tous de vivre ce grand jubilé de notre sainte patronne comme un temps de grâce à vivre ces prochains mois de trois façons.

En montant au Mont sainte Odile dans la mesure de nos moyens et des règles sanitaires. Une démarche personnelle ou familiale, une journée de grâce sur ce promontoire où nous prendrons le temps. Ayant moins de possibilité de voyages, nous avons donc plus de temps à dégager pour cette démarche. Prenons ce temps de marcher, de prier, de se confesser, de relire toute sa vie, là-haut dans la basilique ou au milieu des bois, entre ciel et terre.

En accueillant la visite de sainte Odile, dans son village, dans son église, dans son quartier. Sainte Odile viendra à nous dès qu’elle aura trouvé une camionnette pour pérégriner ! Invitez-là ! Répondez à son appel avec vos voisins, eux-mêmes empruntés pour aller prier avec vous car ils se sentent loin de l’Église. Peu importe chacun a sa place.

En l’invitant dans son foyer grâce à une statue, une image, un temps de prière en famille chaque soir. L’année de la famille se vivra avant tout en famille dans la volonté renouvelée de faire de sa famille une mini-église, une communauté de vie dans !’Esprit.

3. Des réformes en chemin :

La refonte de la curie diocésaine va commencer ces prochaines semaines. IL ne s’agit pas d’un réajustement mais de repenser à neuf, avec notre diocèse, ce que sont nos services diocésains et comment ils peuvent aujourd’hui servir la mission et la mission du terrain. Ces grands services sont comme le prolongement de la mission de l’évêque grâce à leur expertise dans leur domaine, à leur écoute des réalités du terrain et à l’ampleur de leur regard, ils aident l’archevêque à voir et à sentir l’ensemble du diocèse. Mais ils sont aussi le bras armé pour mettre en œuvre les directions désignées par l’archevêque afin que l’évangélisation soit cohérente dans tout le diocèse, vivante de partout, à même de répondre à l’envoi du Christ et aux besoins du monde. Le but est clair: toujours mieux servir la mission d’unité et de bienveillance qui est celle que le Seigneur m’a confié.

Il y aura aussi la poursuite de la mise en œuvre des instruments de notre lutte contre les abus sexuels dans l’Église. Énormément a déjà été fait mais il reste encore cette tâche de prévention auprès des enfants qui nous sont confiés; cette libération de la parole encore contrainte socialement; l’accompagnement des personnes victimes etc.

D’autres sujets majeurs commencent à se dessiner après des esquisses tracées ces dernières années: pensons à notre implication dans l’écologie à la suite de Laudato’si et du travail commencé avec l’Église qui est en France à travers nos assemblées plénières des évêques.

N’oublions pas la dernière encyclique du pape François sur la fraternité universelle qui nous conduit à poursuivre nos actions de solidarité, bien entendu. J’en profite pour saluer le travail extraordinaire accompli ces derniers mois par beaucoup de nos associations, Caritas notamment, pour continuer à aider les plus démunis de nos frères. Mais cet appel du pape peut nous inviter aussi à nous impliquer directement et personnellement dans une action d’unité et de fraternité. Ouvrons nos portes à tous ceux qui croisent notre route. Parce que ce sont nos frères.

Enfin nous pourrons presque conclure notre année avec un congrès mission à Strasbourg du 1 au 3 octobre 2021. Déjà des dizaines de personnes travaillent dans le diocèse pour préparer cet événement qui devrait donner une énergie nouvelle à l’évangélisation du diocèse. D’ici quelques semaines, vous serez tenus informés de ce temps fort sur lequel je compte beaucoup.

4. Le devoir de reconnaissance :

Je ne voudrais pas terminer ces vœux sans accomplir un devoir qui m’est très cher, celui de la reconnaissance.

Reconnaître pour remercier en vérité et en charité, c’est là une noble tâche qui me revient mais que nous devons tous porter ensemble. Reconnaître l’immense travail de ceux qui ont été en première ligne sur le front d’une crise sanitaire mondiale et inédite. Le personnel soignant, hospitalier ou non, les services sociaux, les commerces ouverts, les services de voirie; mais aussi les forces de sécurité mobilisées aussi sur  le front sécuritaire; les autorités politiques, pensons à tant de maires qui se sont impliqués personnellement dans le gestion de la crise; le personnel enseignant et j’en oublie …

Parmi eux, avec eux, pour eux, il y a nos aumôniers de la pastorale de la santé; en hôpital, en clinique, en Ehpad, dans notre SEM. Je voulais les saluer et les remercier du fond du cœur: nous savons leur  implication fidèle malgré leur frustration initiale de ne pouvoir faire tout ce qu’ils savent et peuvent faire. Leur présence évangélique auprès des mourants, des familles des morts mais aussi du personnel soignant est encore une grâce pour tous.

Que Dieu nous garde dans l’espérance dont nous sommes chacun de nous un signe pour le monde.

+ Luc Ravel
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